Vente d'objets d'arts: Polémique sur la fortune des antiquaires du Noun

Une fois débarqué à l'entrée de Foumban, on est marqué par la poussée de duplexes. Au lieu-dit Foumban II villas, duplexes, complexes rivalisent d'originalité. La plupart de ces édifices sont attribués aux antiquaires. Ces vendeurs d'objets; d'arts disent exporter ces produits et reviennent toujours la bourse pleine. «Il faut être ici à Foumban certains week-ends pour vivre l'insolence de ces gars qui viennent toujours avec de grosses voitures de toutes les marques luxueuses.

Ils se font distinguer par le bruit assourdissant de la musique à l'intérieur de la voiture, pour attirer l'attention de tout le monde au passage», témoigne un habitant. En faisant un tour au village artisanal au quartier Njiyom, véritable lieu où sont façonnés ces œuvres qui donnent autant d'argent, on est surpris de la modestie de ceux qui y travaillent. Dès l'entrée du centre artisanal, sous le pied du grand Baobab, on observe de petits ateliers et des galeries qui longent les deux cotés de la rue. Dans ces galeries, les prix va-ont selon les bourses. Avec 1000 F CFA, on peut s’offrir un masque, tout comme avec 500F, le client peut avoir un porte clé en bronze. Mais il faut aussi retenir qu'ici, l'art n'a pas de prix fixe.

Et que Selon Aboubacar Mbombo, vendre les objets d'art nécessite un véritable concours de patience. «Nous avons d'énormes difficultés. La concurrence fait que le kilo de bronze coûte cher, l'absence du bois de qualité, les agents des Eaux et forêts à nos trousses lorsqu'ils nous trouvent avec un morceau de bois, les taxes. L'Etat doit voir comment nous aider avec des subventions», note Aboubacar Nsangou. Un schéma aux antipodes de la vie princière que mène un antiquaire de Foumban II.

Or, plusieurs ouvriers du centre artisanal de Foumban, où des vendeurs d'objets le long du mur du Palais royal nient tout lien entre les objets d'arts et le luxe que les nouveaux riches brandissent. «Je suis dans l'artisanat depuis ma tendre jeunesse, patron de galerie d'art. Je vous jure que ces jeunes gars qui s'exhibent dehors n'ont rien à voir avec les objets d'art, ils savent comment ils font pour avoir tant d'argent.

Ils sont tout sauf des antiquaires. D'ailleurs, c'est un sujet qu'il faut mettre au grand jour car, ces personnes ont détourné nos enfants qui ne veulent plus se frotter au métier, mais plutôt devenir soit disant antiquaire. C'est du trompe œil», s'insurge Adamou Nsangou. Et de poursuivre: «regardez dans quelle misère mes collègues et moi croupissons, et on nous parle de la vente des objets d'arts qui donne des millions de francs. Gros mensonge!», conclut-il

© Jérôme Serge Todjom | L'Actu

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau