UNESCO

 

Contre vents et marées, le prix scientifique «Unesco-Guinée Equatoriale» a finalement été décerné le 17 juillet dernier à Paris. La dénonciation de l'Ong Sherpa n'a pas pu faire renoncer les puissances de la disgrâce à leur forfaiture. Elles sont nombreuses, celles des personnes qui pensent que promouvoir la culture avec les fonds de Teodoro Obiang Nguema, accusé de détournement des deniers publics depuis cinq ans, constitue une véritable offense à l'échelle mondiale. La preuve, un mandat d'arrêt contre Teodorin Nguema Obiang Mangué, le fils du président Obiang et 2e vice-président de la République est lancé depuis le 13 juillet dernier. En effet, l'actuel ministre de l'Agriculture et des Forêts de Guinée équatoriale est impliqué dans "l'affaire des biens mal acquis", déclenchée par Sherpa et Transparence International France (Tif) en 2007.

Cette mirobolante somme de 1,95 milliards de francs Cfa qui défraie la chronique a été remise à trois scientifiques: un Égyptien, un Sud-Africain et une Mexicaine. Le prix «Obiang» contesté par les Ong a été créé en 2008 par le président équato-guinéen. Pour faire passer son mensonge, le président Equato-guinéen prétexte que ces fonds proviennent de sa fondation éponyme.

Toute justification que Sherpa balaie d'un revers de la main: D'après l'organisation, cet argent est le fruit du contribuable équato-guinéen. «Le président de la Guinée-équatoriale ne fait pas vraiment de distinction claire entre fonds privés et fonds publics», soutient l'organisation. Un véritable paradoxe, quand on sait que la Guinée Equatoriale, en dépit de ses richesses naturelles, figure parmi les pays les plus pauvres de la planète: avec environ 12% d'enfants qui meurent avant l'âge de 5 ans et une espérance de vie en deçà de 60 ans, selon les données de l'Organisation des Nations unies pour l'enfance (Unicef). D'après l'Ong internationale, qui milite pour «les populations victimes de crimes économiques», l'acceptation de ce prix est une "véritable honte".

«Comment l'Unesco peut en toute conscience s'associer à un prix financé par un président corrompu dont le seul but est d'améliorer son image à l'étranger?», s'est exclamée Rachel Leenhardt, la chargée de communication de l'organisme en furie. «Cette alliance entre l'Onu et Obiang est définitivement contre-nature, contraire à la mission première de l'Unesco qui est de lutter contre la corruption et contre la violation des droits de l'Homme», renchérit la responsable de l'Ong.

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