Tunisie-Cameroun: Paul Biya convainc Samuel Eto’o - Dans les coulisses de la nouvelle affaire Eto’o Fils

Un mois après l’annonce de son retrait international, le capitaine de la sélection nationale a accepté de rejoindre la tanière, dans le cadre du dernier tour qualificatif pour la coupe du monde 2014, suscitant la polémique

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Tunisie-Cameroun: La nouvelle affaire Samuel Eto’o

Pour ma patrie, je reviens ! Reçu hier en audience par le secrétaire général de la présidence de la République au nom du chef de l’Etat, le capitaine des Lions indomptables a (finalement) décidé de rejoindre ses coéquipiers à Lisses, en vue de préparer le match de dimanche prochain contre les Aigles de Carthage.

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Ferdinand Ngoh Ngoh et Samuel Eto'o - Yaounde - 08/10/2013 Photo: © C. T.

Samuel Eto’o is back ! C’est confirmé. Tunisie-Cameroun, ce sera avec le goléador des Lions indomptables.

Fini les inquiétudes, les supputations, et les interminables débats autour de sa présence ou non au regroupement de la sélection nationale à Lisses. Sa vraie fausse retraite annoncée à grand renfort de publicité, n’est pas pour aujourd’hui. Le quadruple ballon d’or estime qu’il a encore sa place au sein du Onze national et se dit prêt à défendre bec et ongles, les couleurs nationales dimanche prochain au stade olympique de Radès. C’est du moins ce que l’on retient de son propos hier mardi 8 octobre 2013 à l’issue du tête à tête qu’il a eu avec Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence de la République au palais de l’Unité sur « hautes instructions du Chef de l’Etat Paul Biya », a-t-on appris de sources autorisées. Samuel Eto’o s’est visiblement laissé convaincre par les hautes instances du pays qui lui ont demandé de retarder sa retraite internationale pour conduire ses coéquipiers vers la victoire le 13 octobre prochain, seule garantie d’une possible participation des Lions indomptables au Mondial brésilien en 2014.

Extrait JT - 20h30 - 08/10/2013 VIDEO: © CRTV

Et en bon patriote, le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe nationale s’est plié, jurant de privilégier l’honneur de la nation plutôt que les querelles intestines qui minent la tanière depuis belle lurette. « Dès ce soir (hier), je vais rejoindre mes coéquipiers actuellement en stage à Lisses. J’ai toujours été avec mes coéquipiers. (…) Il y a des moments dans la vie où on peut ne pas se comprendre mais on doit se comporter comme une vraie famille. Comme un bon soldat, j’ai reçu une mission et je dois l’accomplir car nous avons tous un devoir vis-à-vis de notre pays », a confié la nouvelle recrue de Chelsea au sortir de l’audience. Non sans confesser à son hôte qu’il est « heureux » de savoir l’intérêt que les hautes autorités camerounaises portent aux Lions Indomptables du Cameroun.

Pour le match contre les Aigles de Carthage, Eto’o s’est donné pour mission « d’aller en Tunisie obtenir un bon résultat synonyme de qualification pour les Lions indomptables ». Lui qui avait annoncé à ses coéquipiers à la mi-temps du match Cameroun-Libye du 08 septembre dernier, qu’il ne jouerait plus en équipe nationale. D’une confidence de vestiaire, la nouvelle s’était aussitôt retrouvée dans l’opinion au grand bonheur des pro et des anti Eto’o qui s’en sont donnés à cœur joie.

Overdose d’Eto’o dépendance ?

Certains avaient même voulu prêter au capitaine des Lions une overdose d’Eto’o dépendance avec incidence sur le staff technique qui, cette fois, a refusé de se plier aux désidérata du l’ancien interiste. Or Volker Finke qui s’était refusé tout commentaire sur le sujet, a convoqué le goléador pour le match contre la Tunisie. La presse et les réseaux sociaux ont fait le reste. Eto’o parti, le syndicat professionnel des footballeurs du Cameroun (Synafoc) est monté au créneau pour implorer le retour en sélection du meilleur footballeur de Russie. Sous la plume de son président David Mayebi, l’association presque à genoux, rappelait au concerné qu’ « un capitaine n’abandonne pas son navire avant ses passagers », prenant pour exemple Roger Milla qui avait su apporter son soutien à ses coéquipiers en 1990.

« Le pays a encore besoin de vous, ce n’est pas le moment de vous mettre en réserve de la République. Vous êtes l’homme de la situation en votre qualité de leader du groupe. Votre présence à elle seule suffit pour galvaniser le public, faire frémir l’adversaire et rassurer vos partenaires. Vous êtes la mascotte, le fromager à l’ombre duquel vos coéquipiers viennent se reposer », suppliait l’auteur de la lettre. Les chefs traditionnels, les patriarches et dignitaires du village de la star ont pris le relais. Dans une lettre adressée à ce dernier, les parents et grands-parents du peuple Bassa-Mpo’o-Bati priaient leur « fils » de renouer avec l’équipe nationale pour conduire les Lions au moins au Mondial 2014.

Puis, les anciennes gloires ont suivi pour réactiver la flamme et l’amour de l’équipe nationale en Samuel Eto’o pour son retour. Le Comité de normalisation de la Fécafoot à travers le Pr Joseph Owona, le ministère des sports et de l’éducation physique (Minsep) et enfin, le « premier sportif camerounais » se sont tous prêtés au jeu. La question aujourd’hui n’est pas d’épiloguer sur les mobiles du « retour » d’Eto’o ou encore le mode opératoire qui a été expérimenté ; mais de savoir si du point de vue sportif le « 9 » peut encore apporter à ce groupe qui semble le mettre à l’écart. Balle au centre, réponse le 13 octobre à Radès.

Christian TCHAPMI

Ce qu’ils pensent du retour de Samuel Eto’o

Roger Milla, ancien Lion indomptable: «Samuel Eto’o n’est jamais parti»

Ne parlez pas de retour parce que pour moi Samuel n’est jamais parti. C’est certains de vos confrères qui avaient ébruité l’histoire au point d’en faire une affaire d’Etat. Hier ils ont annoncé que Eto’o est parti et c’est encore eux qui annoncent aujourd’hui son retour. Soyons parfois sérieux. Je vous avais dit il y a une semaine que je n’étais pas dans les vestiaires des Lions lorsque Samuel prenait cette soi disant décision. Donc pour moi, il restait le capitaine des Lions indomptables tant qu’une annonce officielle de sa part n’avait été faite. Il a été convoqué et on attendait qu’il réponde favorablement à la convocation : ce qui a été fait. Et puis cette polémique qu’on dit née entre lui et le coach me surprend un peu.

A notre époque, l’entraîneur nous consultait toujours avant chaque match. Ce n’est pas aujourd’hui que ces choses ont commencé. Et quand c’était fort, le coach lui-même jetait les maillots à terre pour que, qui se sent capable le prenne et défende valablement les couleurs du pays. Si les coéquipiers de Samuel sont honnêtes, ils devraient prendre son « retour » avec beaucoup de maturité. Ils sont tous professionnels et savent qu’une équipe a un leader qui œuvre à atteindre un objectif final. Qu’on taise une bonne fois pour toutes les polémiques et regarde vers l’avant. Si Samuel dit qu’il va rejoindre ses coéquipiers en stage en France pour bien préparer le match contre la Tunisie, je pense que c’est une bonne chose pour l’équipe nationale, pour le Cameroun tout entier et même pour vous journalistes. Car une participation du Cameroun au Mondial au Brésil qui reste pour ma part, un grand pays de football, est une chose fantastique.

Jean Paul Akono, ancien entraîneur des Lions indomptables: «On doit se débarrasser des oiseaux de mauvais augure»

Je crois sincèrement que c’est une vérité de la palisse que de dire que Samuel Eto’o est un joueur incontournable au sein des Lions indomptables. Ce n’est pas moi qui devrais vous l’apprendre aujourd’hui. Maintenant, s’il y a certains agitateurs et empêcheurs de tourner en rond qui estiment qu’il n’a plus sa place dans cette sélection où il a fait ses preuves, je pense qu’il ne s’agit ni plus ni moins que de la malhonnêteté intellectuelle. Penser qu’on peut chasser un footballeur de la trame d’Eto’o aussi facilement, c’est un leurre et une grosse injustice. C’est connu de tous : chaque entraîneur compose avec le capitaine.

Qu’on n’aille pas penser que c’est au Cameroun qu’on l’a inventé. Il ne faudrait pas que pour des raisons inavouées certains déstabilisateurs tentent de faire croire que Samuel Eto’o a imposé un tel ou un tel. Ce qui est absolument malhonnête. Pour moi, Eto’o n’est jamais parti car plus gagneur, plus patriote et plus compétititif que lui n’existe pas. Sincèrement, je crois qu’il faut nettoyer, dératiser l’environnement de cette équipe, se débarrasser des oiseaux de mauvais augure, ceux-là qui aiment le Kongossa et n’aiment pas le talent. L’équipe n’a besoin que des professionnels, des patriotes et des personnes de bonne moralité. Avec Eto’o dans nos rangs dimanche, c’est sûr qu’il va peser lourd et avec la grâce de Dieu, conduire le Cameroun vers cette victoire ô combien importante pour les Lions et les Camerounais.

Pierre Ndjili Ndengue, coach d’Unisport du Haut-Nkam: «Qu’Eto’o cesse se s’intéresser aux problèmes extra-sportifs»

C’est une bonne chose si Samuel Eto’o revient. Pourvu que cette fois, il laisse une bonne fois pour toute des problèmes extra sportifs pour s’intéresser au football. C’est ce que les Camerounais lui demandent : qu’il joue et conduise les Lions vers la victoire. Samuel Eto’o est un grand footballeur dont le talent ne souffre d’aucune contestation. On sait qui il est, on sait ce qu’il vaut et ce qu’il peut apporter à cette équipe nationale. S’il décide de revenir aujourd’hui en sélection, c’est un plus, un point positif pour le groupe puisque son apport reste indéniable. L’attaque camerounaise a encore besoin de lui ; c’est le moment pour lui de faire ce qu’il sait faire de mieux : jouer du beau football.

Rassemblés par Christian TCHAPMI © Christian TCHAPMI | Le Messager

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