Suspension du Cameroun à la FIFA: Voici pourquoi Issa Hayatou n'as pas voté

Depuis le 4 juillet 2013 le Cameroun a été suspendu par la Fifa. C'est une note du Sg de cette instance mondiale du football, Jérôme Valcke, adressée à Tombi A Roko, Sg de la Fécafoot suspendu, qui l'a annoncé la semaine dernière.

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Toute la question est donc aujourd'hui de Savoir comment va réagir le gouvernement camerounais. Depuis la suspension du Cameroun par la Fifa, la semaine dernière, plusieurs questions essentielles irriguent l'opinion nationale et internationale. Alors que du côté des affidés de Iya Mohammed, enhardis par la décision de l'instance internationale du football, l'on dispense les fanfaronnades avec un aplomb qui défie davantage le gouvernement camerounais, dans l'opinion, l'on n'a pas arrêté de scruter l'attitude des pouvoirs publics. Vont-ils encore lâcher du lest comme ils l'ont fait les précédentes fois?

Pour répondre à toutes ces différentes questions, nous avons mené des investigations. Du fruit de ces différentes investigations, il ressort que l'information brute et vraie se décline en très peu de mots: l'Etat camerounais n'est pas du tout contre la création d'un comité de normalisation. Au-delà de la réalité pelliculaire et passé un haut-le-cœur bien légitime, le gouvernement camerounais, selon des sources généralement bien informées pourrait se réjouir de la création de ce comité chargé de réviser les statuts de la Fécafoot et d'organiser de nouvelles élections d'ici au 31 mars 2014 tout en gérant les affaires courantes. Car, tout compte fait, cette décision vient joindre l'idée en gestation qui aurait sous tendu, pendant les récentes tractations dans les services du Premier Ministre, le projet de mise en place d'un comité provisoire chargé justement du toilettage des textes de la Fécafoot et de l'organisation de l'élection des nouveaux membres de la Fécafoot.

Seulement, le pire du calice que ne voudrait pas assurément boire le gouvernement camerounais, selon nos sources, ce serait la nomination par la Fifa des fossoyeurs du football camerounais comme Tombi A Roko dans ce comité. C'est pour cela que dans certains milieux proches du pouvoir l'on pense que la Fifa, comme elle l'a toujours fait dans tous les pays, devrait bénéficier de la collaboration du gouvernement camerounais dans son casting. Ceux qui connaissent bien les entrelacs des instances dirigeantes du football camerounais, se souviennent qu'il y a quelques années, la Fifa l'avait déjà fait en créant le Comité exécutif provisoire. A l’époque, l'Etat camerounais avait désigné dans ce comité Philippe Mbarga Mboa, Gilbert Kadji et Ferdinand Koungou Edima. Pourquoi ne le ferait-elle pas aujourd'hui?

Entrepreneurs espagnols

Pour répondre à cette question, les plus soupçonneux indexent un vaste réseau d'acoquinements et d'alliances diverses entre la bande à Iya Mohammed et certains responsables de la Fifa. Un maillage d'alliances secrètes bien huilées par d'abondants dessous-de-table qui meublent ce système de corruption à ciel ouvert, entretenu par l'ancien Président de la Fécafoot avec une certaine ardeur. A cet effet, il faut avoir la mémoire mutilée et l'esprit à la fois agité et artificieux pour ne pas s'étonner du parti pris flagrant de Joseph Sepp Blatter, Président de la Fifa à Iya Mohammed, un prisonnier élu de façon rocambolesque à la tête de la Fécafoot.

 

L'écume des chuchotements qui se font de plus en plus entendre, font état d'importantes sommes d'argent qui auraient circulé pour acheter ces différents soutiens qu'on observe aujourd'hui dans différents clans. Et comme le diable se cache toujours dans les détails, ceux qui savent comment on fonctionne à la Fécafoot indiquent avec de solides arguments que ce n'est pas pour rien qu'Issa Hayatou, Président de la Caf, s'est ébroué à exiger aux responsables de la Fifa de mentionner dans leur communiqué qu'il n'a pas «pris part au vote afin d'éviter tout conflit d'intérêt». En fait de conflit d'intérêt, ceux-ci indiquent que le Président de la Caf ne veut pas se mettre à dos un Iya Mohammed, désabusé, qui aurait décidé de tout déballer. Par exemple, l'histoire de ces entrepreneurs espagnols qui auraient gagné le juteux marché de la construction de l'immeuble-siège de la Fécafoot.

La rumeur dit que c'est le fils du Président de la Caf qui serait venu avec ces Espagnols, aujourd'hui portés disparus à la Fécafoot. Ce démarcheur occasionnel aurait royalement empoché pour cette transaction un peu plus de 150 millions de FCFA. Et comme souvent en terre camerounaise, la rumeur précède toujours l'information, cela suffit pour comprendre l'attitude étrange d’Issa Hayatou. Il se raconte dans son entourage que s'il lâche Iya Mohammed et que ce dernier s'en rend compte, il pourrait ouvrir la boite à révélations et à scandales. S'il en est ainsi du Président de la Caf, il pourrait en être aussi de l'actuel Ministre des Sports et de l'Education Physique, Fernand Adoum Garoua, ancien préparateur physique de Coton Sport de Garoua.

De Jérôme Valcke, Secrétaire Général de la Fifa, ami personnel de l'ancien Président de la Fécafoot et principal artisan de tout le tohu-bohu observé depuis quelques temps à la Fifa. Tout comme il, en est des autres thuriféraires de la Fécafoot qui, à la fois, ne veulent pas qu'un Iya désespéré passe à table et dévoile tous les précieux cadeaux distribués aux uns et aux autres, ne veulent pas non plus que de nouveaux dirigeants élus à la tête de la Fécafoot viennent découvrir tous ces nombreux scandales financiers qui plombent sur les flancs de notre instance de football.

De leur hargne à vouer le gouvernement aux gémonies, tous garantissent ipso facto leur place au soleil dans le cœur de l'ancien Président de la Fécafoot qui, même incarcéré se tient particulièrement informé de tout ce qui se passe. Ce qui peut expliquer la frénésie avec laquelle Tombi A Roko et Seidou Mbombo Njoya, malgré sa lettre de démission, ont tôt fait de saisir Jérôme Valcke, le Dg de la Fifa. Pour la petite histoire, nous avons appris qu'avant sa démission, il aurait été auditionné pour de nombreuses casseroles qu'il trame depuis une dizaine d'années dans son sillage, après la faillite de la Loterie nationale du Cameroun.

Parti pris aveugle et suicidaire

Mais, c'était sans compter à la duplicité du fils du sultan des Bamoun. En fait, sa rouerie a consisté à déployer des trésors d'énergie et des flots de mensonge pour diaboliser le gouvernement camerounais, afin de motiver la décision de suspension de la Fifa. Ce ne sont pas moins les seules indications de cette collusion entre la Fifa et la bande à Iya Mohammed. Pas besoin d'invoquer les grands sentiments pour s'étonner de ce parti pris aveugle et suicidaire de la Fifa, quand elle prend pour prétexte les ingérences du gouvernement, afin de sanctionner le Cameroun.

La commission de recours de la Fécafoot qui a décidé d'annuler l'élection d'Iya Mohammed, n'est tout de même pas un démembrement de l'Etat. D'où cette réaction d'Abdouraman Hamadou qui, à elle seule, résume le parti pris manifeste de la Fifa: «Quand on assimile la présence des gendarmes venus maintenir la sécurité du siège de la Fécafoot à une ingérence gouvernementale. C’est une preuve de mauvaise foi caractérisée, dans la mesure où ces mêmes forces de l'ordre ont déjà joué le même rôle à de multiples reprises, sur la requête de l'ancien exécutif». Voilà pourquoi, cette fois l'Etat camerounais n'entend pas se laisser dicter par la Fifa, la conduite à tenir. Ce d'autant plus qu'avec, davantage, l’épée de Damoclès suspendue sur toutes les décisions de la Fifa dans ce bras-de-fer avec le gouvernement camerounais, l’instance internationale de football ne semble plus à l'aise dans ce qui se passe au Cameroun. D'ailleurs en réécoutant aujourd'hui les déclarations du représentant de la Fifa lors de la récente Assemblée générale de la Fécafoot, les augures ne prédisent pas un avenir reluisant pour la bande de Iya Mohammed.

© Boris Armelle Mbock | La Nouvelle

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