Marlène Emvoutou: «La Fécafoot a besoin de sang neuf»

Candidate à la présidence de la Fécafoot, l’ancienne représentante du projet de développement de football jeunes Aspire au Cameroun jette un regard froid sur le climat pré-électoral et dit ce qu’elle pense de ses challengers.

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Quel est votre état d’esprit à quelques heures des élections à la Fédération camerounaise de football?

Je suis tranquille et très sereine comme tout candidat qui se prépare à une échéance aussi cruciale que celle-là. Vous savez, c’est la voix des urnes qui va déterminer l’identité de celui qui aura la lourde responsabilité de présider aux destinées de notre football. Je me suis préparée comme tout bon chasseur qui s’en va à la chasse et je suis prête à assumer l’un comme l’autre résultat. La balle est désormais dans le camp des électeurs et ils savent tous ce qui leur reste à faire. Mon Dieu et les milliers de Camerounais qui m’ont vue à l’œuvre savent ce dont je suis capable si je venais à être élue et je pense que c’est le plus important.

L’un de vos challengers, le président sortant est écroué depuis une semaine. Ça vous ouvre un boulevard n’est-ce pas?

Je ne voudrais pas voir les choses de cette façon surtout que chez nous en Afrique, on ne se réjouit pas du malheur d’autrui. Nous ne sommes pas responsables de ce qui arrive aujourd’hui à monsieur Iya Mohammed et j’estime que par respect pour ma personne et de la sienne, on ne devrait pas faire des conclusions hâtives. Il n’est peut-être pas sûr, au regard des problèmes de justice dont il fait l’objet, que sa candidature sera retenue, mais attendons les élections. J’ai déjà reçu ma convocation pour l’Assemblée générale élective et je n’attends plus que le jour-j.

Quand on connaît toutes les tractations, les batailles rangées et la guerre juridique qui ont cours depuis le début du processus électoral, on se demande bien si ces élections auront effectivement lieu…

Je ne vois pas pourquoi les élections n’auront pas lieu. C’est vous qui le souhaitez sans doute. Ce que je sais c’est que la menace à l’ordre public qui a été invoquée lorsqu’elles ont été annulées le 25 mai prochain, n’a plus droit de cité. Les élections vont se tenir le 19 juin prochain au siège de la Fécafoot et non plus dans un hôtel de la place comme la dernière fois. Les scrutateurs de la Fifa et de la Caf sont déjà au Cameroun. C’est dire que tout est réuni pour qu’il y’ait effectivement élections.

On vous a accusée d’avoir organisé l’Assemblée générale élective qui vous a porté à la tête de la Ligue régionale de football du Sud à Yaoundé. N’avez-vous pas un peu honte d’aller aux urnes alors que vous êtes vous-même le fruit d’une imposture juridique?

Non! Je pense que l’expression imposture juridique est exagérée. Il ne s’agit pas d’une imposture puisque j’ai été élue dans la légalité. Aucun texte dans les statuts, encore moins dans le Code électoral ne précise que l’Assemblée générale élective d’une région doit se dérouler sur place et non ailleurs. De plus, toutes ces choses qu’on a racontées autour de mon élection me laissent abasourdies. Mon nom a fait les choux gras de la presse mais tout ça c’est du passé. Je suis allée aux élections et les délégués de ma région avec qui j’ai par le passé eu du mal à parlementer, m’ont finalement accordé leur suffrage parce qu’ils ont certainement vu en moi un porte-voix de la région du Sud en matière de football. Qu’on vienne à en faire des sujets à controverse aujourd’hui, je crois que les gens qui l’ont fait ont manqué d’honnêteté.

Avez-vous rencontré John Begheni Ndeh pour tenter d’unir vos forces?

Oui! Plus d’une fois et je puis vous dire qu’il n’est pas solidaire à une telle démarche. J’ai demandé à le rencontrer et ça été fait mais (…) Vous savez, c’est un aîné et presque un père à mes yeux. J’ai voulu, étant donné que nous sommes dans un processus électoral, tendre la main, écouter et bénéficier des conseils de ceux-là qui ont de l’expérience. Monsieur John Ndeh m’a répondu qu’il n’a pas de toilettes dans son bureau, et qu’on a passé le temps à lui cacher des documents et à le mettre à l’écart de certaines décisions… Bref, nous sommes déjà au jour-j, j’espère porter la voix des Camerounais de tous bords qui sont conscients que la Fécafoot a besoin de sang neuf.

© Christian TCHAPMI | Le Messager

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