LLions Indomptables: Pourquoi Adoum Garoua n’a plus signé le contrat d’Akono?

L’entraîneur sélectionneur de l’équipe nationale A continue de baigner dans l’incertitude absolue, dans l’attente des assurances sur salaire. Le Minsep, pour tenter de mettre fin à ce « supplice », lui aurait proposé 7 millions Fcfa. Un montant que l’ancien champion olympique trouve insignifiant.

Voyage dans l’inconnu. On n’a donc pas fini d’ergoter sur la polémique qui enfle autour de la procédure de régularisation de la situation contractuelle de Jean-Paul Akono. En poste depuis le 13 septembre 2012, Magnusson, n’a toujours pas signé le moindre contrat. Ses collaborateurs non plus. Tous continuent de travailler dans l’espoir de recevoir un jour la manne de l’Etat. Ces techniciens chevronnés dont on connaît la dévotion pour le drapeau vont-ils être finalement être réglés ou reconduits ?

Telles sont les grosses interrogations qui hantent les esprits aujourd’hui. On a cru à un moment que la victoire des Lions sur les Eperviers du Togo (2-1) le 23 mars dernier devait faire bouger les lignes et provoquer un déclic au Ministère des sports et de l’éducation physique (Minsep). Erreur. Pourtant Akono lors d’une conférence de presse le 09 mars 2013 soutenait sereinement qu’à ce sujet « nous avons toutes les assurances de notre hiérarchie. Cela nous permet de nous investir totalement dans notre lourde mission. (…) J'aurai un contrat si la hiérarchie le veut et pas si elle ne le veut pas, j’en tirerai toutes les conséquences ».

Sept mois à travailler sans salaire, ça commence à faire problème. L’attente devient très longue et à la limite ennuyeuse. Dans cette situation d’inconfort, l’ambiance sur le banc de touche commence à être insupportable. Or, quelques jours avant le match contre le Togo, l’entraîneur des Lions indomptables que Oumarou Tado, le directeur des affaires générales (Dag) a reçu au ministère des sports, s’est montré très courroucé contre son hôte. Des sources dignes de foi rapportent que le Minsep a chargé son représentant de lui annoncer qu’il devrait percevoir 7 millions Fcfa par mois au titre de salaire. Ulcéré par cette nouvelle, « le coach a piqué une colère indescriptible non sans faire savoir au Dag, au directeur du développement du sport de haut niveau et aux autres cadres du ministère que c’était du mépris à son endroit », renseigne une source bien introduite qui ajoute que l’ancien coach de l’équipe nationale militaire refusait de percevoir un salaire mensuel en deçà de celui de son prédécesseur Denis Lavagne (10 millions Fcfa Ndlr).

« Pour le calmer, on l’a rassuré que ce montant proposé ne l’était qu’au titre de rappel pour six mois de travail et qu’il pourra les percevoir après le match du 23 mars. Même jusque là, le coach ne l’entendait pas de cette oreille». Quant à son adjoint Martin Ndtoungou Mpile qui l’accompagnait, « il a proposé que l’Etat lui verse 8 millions Fcfa par mois, soit le double de ce qu’il gagnait lorsqu’il était sous les ordres de Lavagne », ajoute notre source. Proposition que le Dag a préféré botter en touche car jugeant les prétentions salariales de l’ex coach des Lions juniors très élevées.

Regret

Pris à partie dans ce jeu de dupes, Jean-Paul Akono aurait demandé que son salaire soit fixé au minimum à 15 millions Fcfa non sans exiger de signer son contrat en bon et due forme puis avoir la latitude lui-même de choisir ses collaborateurs que sont le coach adjoint, le préparateur physique, le préparateur psychologique, l’encadrement médical et le Team Press Officer comme l’indiquent les textes. Un vœu que Oumarou Tado va fouler aux pieds, estimant que la proposition du « Héros de Sydney » est exorbitante. A en croire notre source, « Jean Paul Akono est aujourd’hui dans le regret de n’avoir pas signé son contrat avant le match contre le Cap-Vert comme le lui avait demandé le premier ministre, chef du gouvernement.»

Lui qui avait répondu que sa priorité était la qualification des Lions indomptables pour la Can 2013. Certes le Cameroun ne s’est pas qualifié. Mais la longue attente dans laquelle les autorités lui font mariner laisse croire qu’en cas d’un résultat autre que la victoire, il sera vite remercié. Interrogé sur la question, un cadre à la direction des sports de haut niveau que Le Messager a joint au téléphone hier, s’est dit « incompétent pour parler avec autorité de ce sujet à la place de la hiérarchie qui maitrise mieux les contours du dossier ». A la Dag, silence radio. Avec ce « désaveu » de la tutelle, il est fort à parier qu’Akono va commencer à regretter d’avoir passé le temps à défendre son employeur pendant que la presse qui l’a toujours soutenu, revendiquait la signature de son contrat ? Là où le bât blesse c’est qu’au cas où il n’est pas payé, (bien qu’on n’en soit pas encore là), Magnusson ne pourra pas saisir la Fifa comme Clemente et Lavagne l’ont fait pour la simple et unique raison qu’il n’a pas signé de contrat avec la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). Comment peut-il avoir de l’autorité devant les joueurs qui savent pourtant qu’il n’est pas payé et qu’on peut le débarquer à n’importe quel moment ? Dur dur.

Focal: Il faut sauver le soldat Akono C’en est trop !

Que le Minsep mette fin à ce supplice en confirmant à leurs postes respectifs, Jean-Paul Akono et tous ses collaborateurs. Le texte qui les nomme ne mentionne pas la durée de leur mission. Une situation embarrassante. Pour une fois, il faudra faire confiance à ces compétences locales qui ont fait leurs preuves et ne sauraient être congédiées comme des pochettes jetables. L’Etat dont l’équipe nationale est la propriété, devrait prolonger leur bail via un contrat de travail les liant à l’Etat du Cameroun d’une part et à la Fécafoot d’autre part. Ces techniciens devront également percevoir un salaire digne de leur rang, une rémunération conséquente, susceptible de les mettre à l’abri de la tentation et des pressions des dirigeants et même des joueurs. C’est dire que Magnusson et son staff à l’image des « sorciers blancs » qui ont jadis défilé à la tête de cette sélection, doivent avoir droit à un traitement acceptable. A ces salaires, viendront se greffer les moyens de locomotion, l’allocation du carburant, du crédit de communication et bien d’autres commodités indispensables à la réussite des échéances qui attendent l’encadrement technique. Qu’au moins pour une fois le Cameroun s’inspire de nos voisins à l’instar du Nigeria. L’Etat en a-t-il la volonté ? On verra bien.

Christian TCHAPMI/ Le Messager

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