Lions Indomptables: Quand les joueurs se font désirer

Entre défections, joueurs bannis, clans, il règne un air bizarre chez les Lions.

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Une place chez les Lions Indomptables. Cela a toujours été le rêve de tout joueur. Pourtant, le 6 février dernier, en match amical contre la Tanzanie, une douzaine de défections avait été enregistrée. Sur les 21 joueurs appelés par le sélectionneur, Jean-Paul Akono, seuls onze avaient répondu présent. Jamais en 41 ans d'existence, la sélection n'avait enregistré autant de défections. Signe de démotivation? De désamour? D'incompréhension? De mal être? Toujours est-il que l'on ressent une envie des joueurs de crier haro! Et ici, tous les compartiments de jeu sont concernés.

Des gardiens de but (Charles Itanje), en passant par les défenseurs (Nicolas Nkoulou, Jean Armel Kana Biyik), les milieux de terrain (Alexandre Song, Joël Matip, Jean II Makoun, Achille Emana) et Samuel Eto'o Fils. Pratiquement toute l'ossature non partante. Conflits, clans, joueurs bannis, manque de motivation et d'envie,...c'est un peu cela l'ambiance chez les Lions. Est-ce un signal ? Et si c'était pareil contre le Togo ? Le 23 mars prochain, les Lions affronteront les coéquipiers d’Emmannuel Adebayor à Yaoundé. La rencontre compte pour la troisième journée des éliminatoires du Mondial 2014 au Brésil.

Dans une interview accordée à Radio France Internationale au lendemain de la rencontre entre le Cap Vert et le Cameroun le 9 septembre 2012 (2-0), Denis Lavagne, l'ancien sélectionneur des Lions, a fait savoir qu'il «y a beaucoup de conflits qui ne facilitent pas le travail de l'entraîneur, du staff technique et de joueurs» chez les Lions. Il ajoutait : «Il y a de la suffisance de la part des joueurs (...). Il était évident que sans motivation, sans détermination, il leur arrive ce qui leur est arrivé (...) Il est certain qu'on a besoin de joueurs qui ont envie de jouer». Denis Lavagne a précisé la catégorie de joueurs ayant manqué de motivation : «les joueurs cadres».

Pourtant, le Cameroun a besoin de Lions capables de représenter valablement la nation. Les clans ont toujours existé chez les «vieux Lions», mais on n'a jamais enregistré de défections aussi importantes. Le Cameroun court sur deux absences en Coupe d'Afrique des Nations et sur une débâcle inoubliable en 2010 en Coupe du Monde en Afrique du Sud. Au moment où l'on parle de reconstruction, de rajeunissement, mais surtout de qualification pour le Mondial 2014, parler de démotivation serait synonyme de la mort des Lions.

© Angèle BEPEDE | Cameroon Tribune

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