Lions indomptables: Controverse autour de la succession de Jean Paul Akono

Magnusson en sursis ? A moins d’un mois du match Cameroun-Togo, comptant pour la phase retour des éliminatoires du Mondial 2014, l’actualité au sein de la sélection nationale tourne beaucoup plus autour de la vraie ou supposée succession de l’entraîneur en poste, plutôt que sur la préparation de cette rencontre coupe-gorge. Ouvrant ainsi le boulevard aux rumeurs, à une guerre de positionnement et à la manipulation.

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Nommé comme sélectionneur par intérim en septembre 2012 en remplacement du français Denis Lavagne, Jean Paul Akono n’a toujours pas signé le moindre contrat. Répondant à une question sur le sujet le 09 janvier dernier, le héros de Sydney avait pourtant rassuré la presse de ce que « ça va se faire d’ici peu. Ne vous inquiétez pas. Il y aura une cérémonie de signature de mon contrat. Ça va prendre le temps qu’il faut, mais ça ne saurait tarder ». Plus d’un mois et demi après cette déclaration, le mystère reste entier autour de la signature et de l’officialisation du contrat de Magnusson. Une situation embarrasse puisque les fans de l’équipe nationale, dépités par ses multiples contreperformances enregistrées ces derniers mois, ont fini par ouvrir une polémique intense autour de l’inévitable succession de l’actuel entraîneur-selectionneur. En effet, selon certaines indiscrétions, la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) serait activement à la recherche d’un sélectionneur depuis décembre dernier afin de remplacer le technicien camerounais. Certains noms circulent même déjà. A l’instar du français Luis Fernandez, ancien entraîneur du Paris Saint-Germain et de la sélection israélienne.

Comme une traînée de poudre, cette « information » a fait le tour des médias camerounais et même étrangers. Rmc Sport, une agence de presse sport multimédia du groupe Next Radio TV basée à Paris croyait tenir le bon bout en confirmant que les dirigeants camerounais ont effectivement proposé le poste de sélectionneur des Lions indomptables à Luis Fernandez. Information démentie par la Fécafoot qui voyait derrière cette cabale, la main cachée des détracteurs de l’équipe nationale, déterminés à créer le cafouillage autour de la question pour éjecter Jean Paul Akono : « c'est une rumeur.

Nous n'avons noué aucun contact avec Luis Fernandez et il n'y a pas officiellement de recherche d’un nouvel sélectionneur pour les Lions indomptables », avait expliqué Junior Binyam, le chef de la cellule de communication de la Fécafoot. Autre nom que la fédération aurait proposé au ministère des sports et de l'éducation physique (Minsep) : Sven-Goran Eriksson. Or, le technicien suédois, ancien coach des clubs Göteborg en Suède, Benfica au Portugal, AS Roma, Fiorentina, Lazio en Italie et Manchester City d'Angleterre, et des équipes nationales d' Angleterre, du Mexique et de Côte d'Ivoire, est actuellement sous contrat avec le Bec Tero Sasana.

Nostalgique

Comme si cette frénésie ne suffisait pas, l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique, dans sa livraison du mardi 26 février dernier, révèle pour sa part qu’un groupe de pression autour du président de la République, dont son épouse, militerait pour le retour de Pierre Lechantre. A en croire le magazine, Chantal Biya aurait entrepris des négociations auprès de son époux, le chef de l’Etat, Paul Biya, pour le come back du technicien français à la tête des Lions. « C’est au palais présidentiel que l’avenir des Lions indomptables pourrait se jouer (…) C’est même Chantal Biya, l’épouse du chef de l’État qui suit de près les affaires footballistiques du pays, et qui militerait pour un retour de Lechantre », peut on lire dans les colonnes du journal qui croit savoir que depuis la défaite des coéquipiers de Samuel Eto’o en Tanzanie (0-1) face aux Taïfa Stars le 6 février dernier, Jean Paul Akono, est de plus en plus contesté, tant par l’opinion publique que par la Fécafoot, qui avait mal apprécié son arrivée à ce poste. Contrairement à Pierre Lechantre dont beaucoup gardent encore le souvenir nostalgique des années 2000. (C’est sous son règne que le Cameroun a remporté la Can 2000 et les Jeux olympiques de Sydney la même année, au poste de Directeur technique national Ndlr). «Oui, je suis effectivement en discussion avec quelques responsables camerounais. Mais pour le moment, ma venue au Cameroun n’est pas d’actualité.

Jean-Paul Akono est en poste. Les discussions pourraient être relancées après le match contre le Togo», a réagi Pierre Lechantre dans les colonnes de nos confrères de Cameroon Tribune hier mercredi 27 février. Suffisant pour comprendre que même si Akono était confirmé pour le match du 23 mars prochain, rien n’est moins sûr qu’il puisse continuer l’aventure au banc de touche des fauves. Interrogée, une source à la Direction des sports de haut niveau au Minsep estime que ces « élucubrations » ne sont pas d’actualité dans ce département ministériel. « A ce que je sache, le ministre qui préside depuis deux mois les réunions préparatoires à la campagne qualificative du Mondial 2014 n’a pas à un seul moment évoqué le sujet. Seuls ceux qui se cachent derrière ce galop d’essai savent quel en est la portée », commente-t-il.

D’autres pensent plutôt que la pluie de défections enregistrées lors du match amical du mois dernier serait la goutte d’eau qui aurait débordé le vase au point de susciter l’ire des responsables fédéraux. Eux qui ont mal digéré la pilule amère de la chute au dernier classement Fifa (79 e rang mondial). Info ou intox ? Quoi qu’il en soit, on sent bien qu’il y a derrière ces manœuvres (obscures), une volonté de mettre à mal la légitimité d’Akono dont on connait pourtant le charisme. Mieux, à le préparer quant à l’avenir fortuit qui lui serait réservé. Vous avez dit reconstruction ! Quelle politique de restructuration la Fécafoot et le Minsep veulent-ils mettre en place en changeant d’entraîneur tous les six mois ? Le Cameroun, troisième du groupe I avec 3 points, derrière la Libye qui en totalise 4 et la République démocratique du Congo totalisant 3 points également mais avec une meilleure attaque, risque, au regard de ce qui précède, de ne pas se qualifier pour la prochaine Coupe du monde.

© Christian TCHAPMI | Le Messager

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