Lions indomptables: Ces techniciens qui veulent succéder à Jean Paul Akono - Plus de 80 dossiers de candidature enregistrés a la Fécafoot

Plus de 80 dossiers de candidature ont été enregistrés au secrétariat général de la Fécafoot hier jeudi 25 avril 2013.

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Parmi les techniciens les plus réputés, Pierre Lechantre, Roger Lemerre, Claude Le Roy, Jules Nyongha, Guy Lacombe, Pierre Ndjili Ndengue se bousculent au portillon. Pluie de curriculum vitae hier à la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). On se doutait bien que cet appel à candidature pour le poste de sélectionneur national des Lions indomptables devait charrier une kyrielle de postulants. C’est effectivement le cas puisque jusqu’au moment où nous mettions sous presse, des sources bien introduites à l’instance faitière du football camerounais faisaient état de 86 dossiers de candidatures enregistrés dans la boîte mail créé pour la circonstance.

Fait notable, les entraîneurs nationaux n’ont pas boudé l’occasion en or de tenter leur chance. Ils ont eux aussi postulé, dans l’espoir de remplacer (valablement) Jean Paul Akono et se faire une place au soleil. Tant on sait tout le prestige que confère la sélection nationale fanion, même si la fin de l’aventure pour les compétences locales, dans la plupart des cas, tourne au ridicule. Qu’importe. Après le refus de Magnusson de postuler à un poste qui n’est pas vacant, le boulevard est ouvert à ces candidats désireux d’entraîner Samuel Eto’o et ses coéquipiers. Parmi eux, Jules Frédéric Nyongha, un habitué du banc de touche des Lions.

C’est d’ailleurs un poste qu’il a hérité en 2006 à titre intérimaire après le départ du néerlandais Arthur Jorge. Lui qui est depuis quelques années un professeur d'éducation physique et sportive à la retraite. Les primes qui lui ont été allouées lors de la Can 2006 en Egypte ont été au centre d'une grosse polémique relayée par la presse. Il n'aurait pas toujours perçu ce qui est prévu par les textes. Il n'en était pas à la première situation du genre avec l’équipe fanion où ses misères ont parfois été plus grandes depuis qu'il avait été désigné en 1985 adjoint de Claude Marie Leroy. Jules Nyongha, qui a peaufiné sa formation d'entraîneur par des stages successifs en Allemagne, avait déjà démissionné de ses fonctions d'entraîneur national en 1993 lors des phases éliminatoires de la Can 94 et de la Coupe du monde de la même année.

Sans aucun soutien, il avait recouru aux bons offices de son épouse par moment pour assurer la lessive des maillots et devait à certains moments partager sa table avec des joueurs. Coach principal des Lions lors de la Can 1996 en Afrique du Sud, il n'avait pas pu réunir son groupe, les professionnels notamment, pour un stage à Yaoundé. La participation du Cameroun à cette compétition avait d'ailleurs été entachée par des revendications des joueurs portant sur les arriérés de prime dont certains remontaient à 1993. L’ancien entraîneur de Douala athletic club et de Caïman de Douala connaît bien la maison et compte prouver qu’il a encore de beaux restes.

Programme

Autre national, Gweha Ikouam Fils, l’ancien adjoint du sélectionneur allemand Martin Otto Pfister, vice champion d’Afrique en 2008, au Ghana, avec les Lions indomptables. Annoncé en 2011 comme nouvel entraîneur de Caïman FC par les dirigeants du club, il avait finalement décliné l’offre, prétextant d’importantes responsabilités à Yaoundé. Notamment son centre de formation sport-études baptisé Student athletes Academy qui s’occupe de jeunes et développe énormément de programmes dans le cadre du sport. C’est l’occasion juré pour ce technicien de rebondir après plus de cinq ans d’hibernation. Pareil pour Pierre Ndjili Ndengue. Ça faisait presque une décennie qu’on n’avait plus parlé de lui. Après avoir remporté les éditions 1985, 2000 et 2001 de la Coupe du Cameroun respectivement sur les bancs du Canon sportif de Yaoundé et de Tiko United, le coach Pierre Ndjili Ndengue s’était un peu effacé.

Malgré les difficultés que rencontre au quotidien celui qui a conduit l’équipe nationale féminine cadet à la Coupe d’Afrique des nations aux Seychelles en 2001, son amour pour l’encadrement et la formation des jeunes footballeurs n’a pas pris une ride. Avec un curriculum vitae aussi fourni que celui de ce quintuple médaillé en or aux Jeux universitaires, il a préféré rester quelques temps à l’ombre avant de rebondir à la tête de l’encadrement technique de Unisport de Bafang avec qui il réussit (enfin) après les insuccès de 2000, 2005 et 2011 à briser le signe indien. Résultat : le Flambeau de l’Ouest a remporté le 22 décembre 2012 son premier trophée de l’histoire. L’actuel instructeur Caf et instructeur régional Fifa compte lui aussi apporter son savoir-faire à l’équipe nationale fanion. Parmi les internationaux, on note une forte colonie d’entraîneurs français. En premier, Luis Fernandez, ancien entraîneur du Paris Saint-Germain et de la sélection israélienne. Il était déjà annoncé au banc de touche des Lions il y a quatre mois. Rmc Sport, une agence de presse sport multimédia du groupe Next Radio Tv basée à Paris en avait rajouté une couche en confirmant que les dirigeants camerounais ont effectivement proposé le poste de sélectionneur des Lions à Luis Fernandez. Information fortement démentie par la Fécafoot qui voyait derrière cette cabale, la main cachée des détracteurs de Jean Paul Akono. Cette fois, ce n’est plus une rumeur puisque le technicien breton s’est plié aux usages et a bel et bien déposé son dossier de candidature. Consultant à la chaîne Belnsport pour son émission consacrée à la Ligue 1 le dimanche matin, l'ancien international, connu pour ses coups de gueule et un style assez direct, a rejoint la chaîne du Qatar en mars dernier. Son projet de jeu, apprend-t-on pourrait faire la différence.

Nostalgique

Autre nom bien connu, Pierre Lechantre dont le retour serait fortement motivé par des hauts responsables de la République. Il se dit même qu’il pourrait finalement être désigné puisque beaucoup de ses fans à la présidence, gardent encore le souvenir nostalgique des années 2000. (C’est sous son règne que le Cameroun a remporté la Can 2000 et les Jeux olympiques de Sydney la même année, au poste de Directeur technique national Ndlr). Son amour pour le Cameroun est resté intacte. Lui qui confiait à nos confrères de Cameroon tribune le 27 février dernier qu’il est « effectivement en discussion avec quelques responsables camerounais. Mais pour le moment, ma venue au Cameroun n’est pas d’actualité. Jean-Paul Akono est en poste. Les discussions pourraient être relancées après le match contre le Togo».

Dans le même sillage, Claude Le Roy qui a entraîné de nombreuses sélections africaines à l’instar du Cameroun, du Sénégal, du Ghana puis la République démocratique du Congo avec laquelle il s’est séparé en mars dernier. Pour l’ancien directeur sportif du Psg, l’équipe du Cameroun qu’il connaît comme sa poche, pourrait constituer un nouveau challenge. Guidé par une génération dorée, avec des joueurs comme Roger Milla, Emmanuel Kundé, François Omam Biyick ou encore des gardiens de buts comme Thomas Nkono et Joseph Antoine Bell, Leroy perd sa première finale de Can en 1986 au Caire contre l’Egypte aux tirs au but.

Cette défaite fut sa dernière puisqu'il restera invaincu avec le Cameroun. Il gagne ensuite la Coupe de l’Udeac en 1986 et en 1987. Puis, il prend sa revanche en remportant la Can 1988 au Maroc contre la sélection du Nigeria (1-0). A cette liste non exhaustive, les Français Roger Lemerre ou encore Guy Lacombe (57 ans, ex Cannes, Toulouse, Guingamp, Sochaux, Psg, Rennes, Monaco et Al-Wasl Dubaï jusqu’en février dernier) seront aussi intéressés. C’est dire que la commission de désignation dont on attend encore la création, a du grain à moudre.

© Christian TCHAPMI | Le Messager

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