Les Lions indomptables font pression sur Joseph Owona - Samuel Eto’o: «Que le gouvernement nous aide à entrer dans nos droits»

 Réunis autour de leur capitaine Samuel Eto’o, ils entendent faire parvenir au président du Comité de normalisation de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), une lettre dans laquelle ils soumettent leurs désidérata en termes de primes de participation à la Coupe du monde. Un nouvel épisode dans le feuilleton controversé des revendications.

 Owona

C’était un leurre que de penser que la paix est revenue dans la tanière. Les interminables notes d’information ventilées à la presse sportive par les bons soins du Team press officer ; doublées d’une kyrielle de mises au point relatives au climat serein et propice à un travail de préparation efficace qui régnerait au sein du groupe présent en Autriche depuis le 20 mai dernier, n’auront pas (finalement) suffi à dissimuler le malaise. Le problème de primes n’a pas fini de faire des émules. La preuve, les Lions indomptables, réunis autour de leur capitaine Samuel Eto’o ont préparé une correspondance à l’adresse du président du Comité de normalisation de la Fécafoot.Nos sources à Walschee indiquent qu’il s’agit d’un véritable brûlot dans lequel les joueurs de la sélection nationale fanion dressent une liste de revendications liées à la relation qu’ils entendent désormais entretenir avec l’instance faîtière du football camerounais.

Contrat de Tops sponsors

C’est pourquoi Eto’o et ses camarades souhaitent que Joseph Owona mette à leur disposition, afin de dissiper tout malentendu: «tous les contrats des matchs amicaux à livrer pendant la période de préparation ; les contrats conclus avec l’équipementier Puma ainsi que ceux conclus avec les autres sponsors ; les contrats de tops sponsors (Brasseries du Cameroun, Orange…) ; une allocation de 50% de la Fifa pour le premier tour de la compétition « Brésil 2014 » ; 50% de toutes les primes allouées par les différents sponsors, relatives à nos participation et prestation à la coupe du monde 2014 et enfin, le cantonnement à notre profit de 50% de toutes les dotations Fifa qui résulteront de la qualification de l’équipe nationale de football du Cameroun aux différentes phases de la compétition », rapportent nos sources qui ont eu copie de ladite correspondance.

A travers cette démarche, les joueurs entendent rompre avec les vieilles habitudes pour « imposer » une nouvelle façon de gérer la sélection fanion. Interrogé il y a quatre jours par nos confrères de mboafootball, Samuel Eto’o précisait que cette motivation n’est nullement guidée par une simple envie de se faire du lucre. « Mes coéquipiers et moi, avons produit de l’argent pour la fédération et il n’est pas criminel de vouloir faire le point. 500 mille euros que Puma a versés pour notre qualification, 5 millions d’euros qui entreront dans les caisses de la Fécafoot pour notre qualification à la Coupe du monde, et j’espère les 4 millions d’euros qui viendront si jamais on passe au deuxième tour, ce que j’espère fermement et nous travaillerons pour çà. Quelle est notre quote-part dans tout cela ? C’est çà la question », expliquait le goléador.

Indécence

Si les revendications des joueurs peuvent être légitimes, on est en droit de se demander s’ils ne frôlent pas les limites de l’indécence. Surtout dans un pays où le Camerounais lambda a de la peine à « joindre les deux bouts ». Certes, c’est le fruit de leur travail qu’ils réclament, mais l’opportunité n’est-elle pas sujette à questionnement ? Mieux, le stage préparatoire en Autriche coûtera au contribuable 295 000 euros, le match contre la Moldavie 153 000 euros. Le Comité de normalisation s’occupera du séjour des Lions au Brésil pendant 21 jours (premier tour) et ce, pour toute la délégation officielle. On annonce la location probable d’un avion et des coûts connexes. Or, la Fifa n’a débloqué que 750 millions Fcfa pour la préparation de l’équipe nationale. A imaginer que Joseph Owona se plie aux désidérata des quadruples champions d’Afrique, que restera-t-il dans les caisses de la fédé ? Massayo est donc là face à un vrai dilemme.

© Christian TCHAPMI | Le Messager

Samuel Eto’o: «Que le gouvernement nous aide à entrer dans nos droits»

L’éternelle actualité des primes à la veille de la Coupe du monde s’est encore invitée à la partie. Qu’en est-il concrètement ?

Tout d’abord, je tiens à dire un grand merci au peuple camerounais à travers son gouvernement qui a bien voulu faire un geste énorme en nous donnant une prime. Nous leur disons grand merci. Notre préoccupation était plus tournée vers la Fécafoot qui gère notre équipe nationale. Les joueurs de cette équipe nationale ont fait entrer des fonds, nous avons posé la question de savoir qu’il en était. C’était juste çà la question. Le gouvernement a fait ce qu’il fallait et on veut savoir si les fonds que nous avons fait entrer dans notre Fédération seront utilisés à bon escient et aussi ce qui nous revient de droit. C’est ça la problématique. Maintenant, on l’a appris çà et là et d’une triste manière, parce que après la réunion avec les autorités de notre pays, rien n’avait filtré. Mais après une réunion restreinte que nous avons eue avec certains encadreurs, tout est parti dans tous les sens et nous avons retrouvé les informations dans les medias. C’est regrettable, surtout à la veille de cette coupe du monde où on a besoin d’être sereins, de tout le calme possible pour mieux se préparer et affronter ces échéances qui ne seront pas faciles. Je réitère et je redis, si les gens avaient des doutes, qu’ils sachent que le gouvernement a tout fait. On nous a donné des primes, on a promis des primes pour chaque match gagné et moi, personnellement, je ne peux rien demander à mon pays.

Faire cet effort supplémentaire de nous donner les meilleures primes alors qu’il y a des foyers de souffrances dans tout le Cameroun, est un geste qui montre clairement que le peuple camerounais à travers son gouvernement, est derrière nous. Vous vous rendez compte, dans le Nord du pays, il y a des familles, des enfants qui ont disparu et le gouvernement doit mettre les grands moyens pour apporter son soutien à ces familles, et nous on ne peut pas dire que nous ne sommes pas bien servis. Nous sommes au front pour défendre le drapeau camerounais, comme tous les autres Camerounais, engagés pour sauver la vie de nos frères et sœurs restés au Cameroun. Je suis personnellement prêt et je crois comme la plupart de mes coéquipiers, à laisser ma prime s’il le faut pour apporter notre soutien à toutes ces familles qui souffrent. Ce n’est donc ni un problème de primes, ni un problème de montants. Mes coéquipiers et moi, avons produit de l’argent pour la fédération et il n’est pas criminel de vouloir faire le point. 500 mille euros que Puma a versés pour notre qualification, 5 millions d’euros qui entreront dans les caisses de la Fécafoot pour notre qualification à la coupe du monde, et j’espère les 4 millions d’euros qui viendront si jamais on passe au deuxième tour, ce que j’espère fermement et nous travaillerons pour çà. Quelle est notre quote-part dans tout cela parce que nous avons travaillé pour que cet argent soit dans les caisses de la Fécafoot. C’est çà la question ! Nous espérons juste que notre gouvernement nous aidera une fois de plus pour qu’on puisse entrer dans nos droits et clarifier cette situation.

Ainsi donc, c’est l’utilisation de l’argent que génère le football qui vous révolte ?

Je ne pense pas que «révolte» soit le mot parce que quand il y a discussions, il y a des arguments de part et d’autre. Utiliser le terme « révolte » pour parler des joueurs de la sélection nationale de football du Cameroun n’est pas approprié car nous défendons simplement ce que nous estimons juste pour nous, avec nos moyens et avec nos arguments. Le temps qui nous sépare désormais de la Coupe du monde est très court et nous avons besoin de toute la concentration possible durant cette dernière phase de notre préparation. Nous devons nous libérer l’esprit pour ne penser qu’à l’objectif premier qui est la Coupe du monde. Et quoi qu’il en soit, on ne trouvera jamais assez de temps pour parler de nos problèmes. Chaque fois nous les posons, chaque fois on nous balade. Aujourd’hui, mes coéquipiers et moi, nous sommes dans une situation où il n’y a que notre gouvernement qui peut nous défendre, prendre ce problème à bras le corps et le gérer en définitive. Le problème c’est qu’aujourd’hui l’Etat a investi et nous les joueurs avons produit de l’argent qui entre dans les caisses de la Fécafoot. Je pense que comme c’est nous qui produisons cet argent, nous devons être les premiers à en bénéficier. Il y a beaucoup de millions qui tombent dans les caisses de la Fécafoot sans qu’on sache quelle est l’utilisation qui en est faite.

Comment se sent-on dans un staff comme celui actuel des Lions indomptables qui a été remodelé, élargi et chamboulé.Est-ce que les compétences auxquelles a fait appel Volker Finke vous satisfont, vous les joueurs ?

Vous savez, la plupart des joueurs de l’équipe nationale jouent dans des clubs professionnels. Quand on vient en sélection, c’est pour défendre son pays. L’heure n’est plus aux jugements de valeur. Il faut se préparer du mieux possible pour faire une bonne Coupe du monde parce que nous sommes Camerounais, nous aimons ce pays et voir de la joie dans les yeux et les cœurs de nos compatriotes. Tel ou tel autre peut plaire ou pas, mais là n’est plus la question. Je suis convaincu que si vous allez poser la question à plusieurs de mes coéquipiers, ils vous diront le contraire et c’est comme ça la vie. Le plus important est de rassembler tout le monde et d’amener tout ce beau monde vers notre objectif qui est de réussir notre Coupe du monde.

Parlant du groupe des Lions à la Coupe du monde, le sélectionneur national nous a confié tout à l’heure que face au Mexique et à la Croatie, le coup est jouable.Pensez-vous vraiment que le Brésil est au dessus du lot ?

Nous sommes en Coupe du monde et tous les matches sont difficiles. Il faut les jouer à fond. Il faut nous mettre en tête que tout est possible quand on parle de football. Mais comme tout est possible en termes de victoires, tout est également possible en termes de défaite. C’est ça le football. Moi ce que je vais faire, c’est continuer à bien soigner mon genou et être prêt mentalement. Il faut lutter comme jamais pour défendre notre beau drapeau.

Est-ce que les Camerounais doivent être inquiets quand Samuel Eto’o parle de son genou dont il dit qu’il n’est pas à 100% ?

C’est tout simplement une vérité. Le dernier mois de championnat, j’ai joué pratiquement infiltré tout le temps. C’est un mal qui existe. Mais ne vous inquiétez pas et rassurez mes frères camerounais. Même estropié, je viendrai jouer car il n’y a rien que j’aime plus que ce pays. J’ai souvent lu des trucs du genre il se donne énormément en club mais pas avec la sélection nationale. Je réponds d’abord qu’en club je suis assuré mais pas en sélection. Pourtant j’accepte toujours volontiers de venir jouer en sélection. Ce qui signifie que si je me blesse en sélection nationale, je l’aurais été pour défendre l’amour de ma vie qui est le Cameroun et je n’aurais aucun regret là-dessus. J’aime tellement ce pays, j’aime tellement ce peuple et j’aime tellement ce maillot que je prends tous les risques pour être là pour eux et toujours donner le maximum de moi-même. En club je fais la même chose mais ce sont des amours différents qui ne peuvent même pas être comparés car il n’y a rien de comparable à ce que je ressens pour ma patrie.

Est-ce que vous pouvez nous donner ici l’assurance que rien ne viendra perturber votre préparation pour la Coupe du Monde, même pas cette histoire de primes ?

Rien, je vous l’assure. Moi en tout cas je ferai tout pour que la sérénité règne. Quand je vois ce que mes vice-capitaines font, et je ne parle pas que de Nicolas Nkoulou et Enoh Eyong mais aussi d’Alexandre Song, d’Aurélien Chédjou, de Stéphane Mbia, d’Achille Wébo, de Jean II Makoun et même de Dany Nounkeu, pour que la sérénité règne et pour que tout le monde regarde dans la même direction, je me dis qu’il y a quelque chose de grand qui arrive. Et même si d’aventure de petits problèmes apparaissaient, ils ne perturberaient pas l’équilibre du groupe. Nous avons un objectif commun qui est plus fort que tout, c’est de défendre les couleurs de notre pays au mondial de football. Rien ne nous en détournera.

Synthèse de C.T. source mboafootball.com

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