Football: Lions Indomptables, voici les fleurs du mal - Amateurisme, Indiscipline et clanisme, Maraboutisme

La défaite du Cameroun face à la Tanzanie lors de la récente période FIFA, bien au-delà du score, a laissé transparaitre les maux qui- ont conduit notre équipe nationale dans le chaos.

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La défaite du Cameroun face à la Tanzanie lors de la récente période FIFA, bien au-delà du score, a laissé transparaitre les maux qui- ont conduit notre équipe nationale dans le chaos. Au lieu d'emprunter une voie facile comme certains qui entendent faire de Jean Paul Akono une victime expiatoire, il est plus que temps de faire un diagnostic de la situation ac-tuelle pour éradiquer les véritables virus des Lions Indomptables. A quelques jours de la confrontation contre le Togo du 23 mars prochain, le maraboutisme, les sectes, l’indiscipline, le clanisme et l'amateurisme doivent être bouté hors de la tanière. Un aggiornamento s'impose.

11 joueurs sur les 21 qui étaient attendus à Dar es Salam ont manqué à l'appel. Pour des causes différentes selon les joueurs. Benoit Angbwa évoque les problèmes administratifs, Emana décline à la dernière minute à cause d'un itinéraire jugé long, Kana Biyick n'a pas justifié son absence, Nicolas Nkoulou dit n'avoir pas reçu son titre de transport, Itandje n’a pas reçu son invitation à temps à cause d'un changement de club. Parmi les malades, seuls Nguemo, Song, Eto'o, Matip et Mayebi ont fait parvenir des documents qui justifient leur indisponibilité. Makoun a dit au team-manager qu'il avait des soucis de santé qui ne lui permettait pas de se rendre en Tanzanie. Voila les raisons officielles qui justifient la non présence de ces joueurs en Tanzanie. Un cliché qui met à nu l'amateurisme de la FECAFOOT.

Amateurisme

La justification de l'absence d'Itandje, ou tout au moins les problèmes relatifs au titre de voyage de Nkoulou montre clairement l'amateurisme dans lequel baigne notre football. Comment comprendre qu'un joueur qui est censé disputer un match avec son club à 21h, reçoive un billet d'avion dont le départ est fixé à 9h. Comment comprendre l'inexplicable sur le cas de Itandje, une invitation qui serait arrivée tardivement à son nouveau club ! L'invitation n'est qu'une banale correspondance qui est envoyée par fax ou par mail, donc une histoire de minute. Et le transfert d'Itandje s'est opéré entre deux clubs grecs. Le joueur a-t-il été contacté avant ? A-t-il son mot à dire sur le titre de transport émis? Ou tout fonctionne de manière mécanique ? Par ailleurs, la confirmation de la rencontre elle-même s'est faite à la dernière minute. Ce qui laisse croire que la négociation ne s'est pas faite dans les règles de l'art. Cela ne surprend personne. Chaque rencontre amicale des lions réserve son lot de surprises. A Bata, contre la Guinée, les primes n'ont pas été payées, aucune prime n'était envisagée pour le match contre l'Algérie, face à l'Albanie la FECAFOOT a payé les factures impayées dues au retard. Comme une série brésilienne, «la longue attente» de la fin de ces aberrations se poursuit. En réalité cet amateurisme cache mal l'incompétence de certains responsables qui flirtent au quotidien avec les lions. Qui est responsable de la non venue de Nkoulou, Emana, Itandje ? Le responsable de cette incompétence doit être sanc¬tionné au même titre que les joueurs qui ont simulé des maladies.

L'Indiscipline et le clanisme

L'article 8 des textes de la FECAFOOT sti¬pule dans son alinéa 2 que l'indisponi¬bilité pour cause de maladie d'un joueur convoqué à l'équipe nationale est confirmée par le médecin de l'équipe nationale. Dans la stricte application de cette règle, tous les joueurs absents pour cause de maladie doivent être suspendus à l'exception de Samuel Eto'o qui a souhaité se faire consulter par vidéo conférence, la modernité aidant cela est possible. Il a aussi émis l'éventualité de prendre en charge le déplacement du médecin des lions pour une consultation en Russie.

Tout ceci prouve, à n'en point douter, la bonne foi du capitaine de l'Anzhi makachkala. Qu'en est-il de notre cher Alex Song. Certes, les informations à notre possession confirme la blessure du joueur de Barcelone qui quitte régulièrement les entrainements avant ses coéquipiers et passe la majeure partie de son temps à la piscine pour la récupération. Cependant, des doutes persistent. Aucune raison officielle n'a été donnée pour justifier l'absence d'Alex Song contre l'Albanie. Selon certaines sources, les clans nés peu avant le mondial sud africain se perpétuent. Et la nomination de Rigobert Song a semble-t-il accentué cette fissure au sein des Lions. Alex en croire certains proches, contestent la non sélection de ses amis Stephan Mbia et Aurélien Chedjou. Une attitude qui frise le mépris, ce d'autant plus qu'il s'agit d'un proche du team manager Song. Tout ceci nous ramène à la question essentielle de l'arrivée de l'ancien capitaine au sein des Lions.

Le seul justificatif trouvé à l'époque par nos amis de Tsinga est le contre-poids de Eto'o. La présence du vieux lion au sein du staff actuel crée plus de problèmes qu'il n'en résout. Bien au-delà de la paix verbale, exhibée au public de Yaoundé lors du match contre le Cap vert. La rancœur de l'un pour l'autre est restée intacte. Une simple visite chez le PM ne suffit pas pour restaurer l'honneur et le prestige qui se sont envolés comme de la fumée. Et Samuel Eto'o alors? Quelle est réellement sa part de responsabilité ? Est-il coupable ou victime ? Cette confidence d'un ex Ministre des Sports à un confrère suffit-elle (ils sont jaloux de Samuel. Song a joué ou? Salernitana c'est une équipe) ? Dans cet océan où corruption, jalousie, haine, amateurisme et incompétence se côtoient, le maraboutisme trouve un terrain propice.

Maraboutisme Les sectes et les marabouts ont fortement contribué à tuer le figthting spirit qui était la marque de fabrique des lions pendant des années. En tant qu'Africains, il est très difficile d'envisager la participation à une bataille sans l’appui des ancêtres. Mais l'on ne doit pas compter sur les marabouts pour gagner. On en fait un peu trop au point que le jeu lui-même semble passer au second plan et les clichés pour le démontrer sont légion. Can 2008, Mbia apprend qu'il sera l'un des buteurs face à la Tunisie, mais c’est avec des larmes aux yeux qu'il remet son maillot aux marabouts pour ne citer que celui-là. Que peut-on attendre d'un joueur qui sait que le match sera gagné d'avance, que peut-on attendre d'un joueur qui a des accointances sectaires avec certains responsables de l'équipe ?

Dans ce capharnaüm, les histoires de tout genre se racontent. Il a arraché son brassard en boite à Paris, il a vu un marabout pour que ma jambe soit fracturée. Combien sont-ils qui se sont enrichis sur le dos des joueurs grâce à ces balivernes de marabout, patriarche et autres...Trop c'est trop. Il est temps de tourner la page. Et de revenir à l'essentiel, le jeu. En ce moment, les caciques de Tsinga attendent le rapport de Jean Paul Akono pour faire passer les joueurs à la guillotine. Nous espérons que le coach ne tombera pas dans ce piégé savamment préparé par ceux qui n'ont jamais digéré sa nomination. Cependant, la ligne rouge a été franchie. Il faut sanctionner et le coach sait comment le faire sans tambours ni trompettes. Le jeune joueur d'Enugu Rangers n'a-t-il pas permis au Nigeria de remporter la Can 2013? L'heure de l'aggiornamento a sonné.

© ERNEST OBAMA | L'Anecdote

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