Football: Le Cameroun en quête d'une septième qualification pour la Coupe du monde

Après le succès qu’a connu la Coupe du Monde 2010, la République sud-africaine s'apprête à organiser une nouvelle compétition: la 29e édition de la Coupe d'Afrique des nations (Can) de football, du 19 janvier au 10 février. Malheureusement, le Cameroun brillera par son absence à ce rendez-vous.

En effet, les Lions indomptables, version senior, après avoir manqué la Can 2012 Co-organisée par le Gabon et la Guinée-équatoriale, ont une fois de plus été éliminés du rendez-vous sud-africain, à la surprise générale, par la modeste formation du Cap-Vert. Une déception parmi tant d'autres, car, 2012, en général, a été une saison d'échecs pour le mouvement sportif national, avec les éliminations des compétitions continentales, des sélections, cadettes et juniors.

Le Ministère des Sports et de l'éducation physique et la Fédération camerounaise de football espèrent remettre toutes les équipes sur la voie du succès en 2013. Et dès mars, l'opération de rachat démarre par les Lions indomptables, qui affrontent les Éperviers, sélection nationale togolaise, dans le cadre de la troisième journée des éliminatoires de la Coupe du monde Brésil 2014. Match difficile pour les équipes qui comptent en leur sein, deux attaquants lassés parmi les meilleurs en Afrique: Samuel Eto'o pour les Lions indomptables et Emmanuel Adebayor la figure la plus emblématique des Éperviers. Dans cette poule I, le Cameroun occupe la troisième place avec 3 points, derrière la Libye (4 points) et la République démocratique du Congo qui compte également trois unités et une meilleure différence de buts.

Enfin, le Togo un point, occupe la dernière place après deux journées. L'entraîneur Camerounais, Jean-Paul Akono au lendemain de l'élimination de la Can, en octobre, s'est remis au travail. Objectif: reconstruire une sélection forte et conquérante avant le mois de mars. Le coach des Lions, qui démontre de plus en plus son intérêt pour les joueurs remplaçants en clubs, et ceux qui sont aux portes de la retraite, ou n'ayant point d'équipe, s'est néanmoins lancé dans la prospection de nouveaux joueurs à travers des tournées effectuées en Europe et des stages pour amateurs organisés à Yaoundé.

Par ailleurs, il a renoué le contact avec l'attaquant David N'Gog et Benoît Assou-Ekotto, le meilleur latéral gauche du championnat d'Angleterre et sociétaire des Spurs, pour qu'il réintègre à nouveau le groupe qu'il avait quitté après l'élimination de la Can 2012 pour protester contre l'amateurisme et l'improvisation dans la gestion de l'équipe nationale de football camerounais.

FINANCEMENTS DES CLUBS

Mais, pour 2013, les Lions indomptables ne resteront pas la seule priorité. Plusieurs autres projets sportifs sont d'un grand intérêt pour le public et les autorités. C'est le cas notamment du deuxième championnat professionnel du Cameroun, dont le démarrage est envisagé au 26 janvier. Sur les starting-blocks, vingt-huit (28) équipes dont quatorze de première division et le même nombre engagées en division 2.

Reste encore un pari difficile pour les clubs, le volet financement. Les appuis apportés en 2012 aussi bien par le gouvernement (560 millions de FCFA) pour aider les équipes à payer régulièrement les salaires des joueurs; la Fécafoot (250 millions) et le partenaire Mtn pour aider la ligue à s'installer et à supporter les charges inhérentes au loyer, les salaires..., se sont révélés très insuffisants.

Après la phase aller, les clubs ne pouvant plus supporter les charges ont, après refus de jouer dans un premier temps, demandé aux membres de leurs Conseils d'administration d'apporter des fonds supplémentaires. D'autres équipes par contre ont contracté des prêts auprès des institutions bancaires avec des taux de remboursement très élevés.

De plus, la convention tripartite Minsep-Fecafoot-Cnps signée en juin 2011 et qui porte sur la couverture social des footballeurs n'a jamais été appliquée. Le malaise prend chaque jour des proportions démesurées. Des joueurs démotivés ne fournissent que peu d'efforts sur les terrains. D'où l'exode massif observé de jeunes vers les championnats plus huppés d'Europe, d'Asie, d'Afrique du Sud ou du Maghreb...

Beaucoup de changements seront en effet observés dans les effectifs des clubs et notamment ceux qui sont engagés en Coupe d'Afrique. A compter de février, Union de Douala (championne en titre) et Coton sport de Garoua disputeront la Ligue des champions; Unisport du Haut-Nkam (vainqueur de la Coupe du Cameroun) et Panthère du Ndé (3e au classement général du championnat) joueront quant à elles la Coupe de la Caf.

LE PNDIS

Après cette intense activité sur le terrain, les renouvellements des organes exécutifs attendus jusqu'en février, dans les fédérations sportives; constituent une autre priorité. Il s'agira en effet, selon les textes élaborés par le Minsep, d'élire pour quatre ans, de nouveaux membres à la tête des quarante fédérations nationales, et instaurer une nouvelle dynamique qui va conduire le Cameroun aux jeux Olympiques de 2016 à Rio de Janeiro au Brésil.

Le bilan de Londres ayant été catastrophique. Pour la première fois depuis 2000, à la Cameroon olympique team est rentrée bredouille des JO. Plus grave, pas moins de sept athlètes (5 boxeurs, une footballeuse et un nageur) ont fondu dans la nature et demeurent introuvables. La pratique du sport nécessite des stades de qualité et en grand nombre, le gouvernement entend accélérer le Programme de développement des infrastructures sportives. Il s'agit d'un vaste projet de construction des terrains de jeu, piscines olympiques; pistes d'athlétisme et gymnases dans tous les chefs-lieux de régions, départements et arrondissements.

Grâce au prêt chinois d'un montant de 272 milliards de FCFA, le Cameroun pourrait ainsi se doter de nouvelles infrastructures sportives aux normes internationales d'ici quelques années. En 2013, sera livré le stade de 20 000 places de Limbe. Alors qu'à Bafoussam, les travaux sont toujours à l'arrêt.

La partie chinoise reproche aux dirigeants camerounais de ne pas respecter leurs engagements. Une tension qui pourrait avoir des incidences néfastes sur le démarrage prévu à Yaoundé du projet phare de ce Programme: le «grand stade Paul Biya». La construction de cette enseigne de 66.000 places a déjà connu du retard en raison de mauvaises études géotechniques...

© Jean Robert Fouda | Repères

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