Fécafoot: Jean Lambert Nang avait précédé le Tribunal Criminel Special

Après 6 mois qu'il qualifie lui-même d'enfer, l'ex rédacteur en chef des sports de la Crtv ne s'est pas fait prier pour passer au scanner le démon invétéré de la Fécafoot, dans son livre à succès Desperate Football House, plus que jamais d'actualité.

jean lamber-nang-ts-475.jpg

Des noms qui reviennent avec une telle précision dans des faits et méfaits qui ne peuvent salir la réputation de la maison du sport-roi.

Antoine Depadoue Essomba Eyenga alias Okil

Dans le livre Jean Lambert Nang, l'homme est surnommé «le démon en nœud papillon». Mais pourquoi démon? Tout simplement parce que l'homme passe pour l'un des «moteurs du tripatouillage du fichier informatisé de la Fécafoot. Jouissant de complicités dans le système, il est passé depuis longtemps, artificier en chef dans la contrefaçon des passeports des joueurs. Il tire l'essentiel de ses revenus dans la traite négrière qu'il a instituée au sein de son club... Une fois qu'il a empoché la première avance de ses sordides transactions, il ne soucie guère de ce qu'il adviendra à son esclave».

Voilà du vrai Essomba Eyenga, aujourd'hui aboyeur contre Iya, pourtant il fait partie de la même équipe, mais une fois que ses intérêts sont en jeu, il monte au créneau et claironne plus haut que quiconque, dans l'orchestre des faussaires du coffre-fort Fécafoot pour retrouver une place de choix. C'est clair qu'il aura du mal, non seulement à voir le comité de normalisation se mettre en place et faire le ménage là où il a souvent avec l'aide Jean René Atangana Mballa, mangé de façon gourmande, mais ce sera encore plus pénible lorsqu'il sera face au Procureur de la République du Tcs et qu'il faudra rendre gorge.

Car comme le dit Jean Lambert Nang, il a activement participé à la mise en place du «système des magouilles qui gangrène notre football. Ponte de la corruption du corps arbitral et de nombreuses comparses... il n'a surpris personne en déclarant à la radio nationale qu'il avait accepté de faire perdre son équipe devant celle du Président de la Fécafoot, afin que cette dernière remportât le titre du championnat. Un aveu de corruption inédit qui aurait pu coûter aux 2 équipes et à leurs dirigeants la radiation des milieux du football. Il n'en fut rien», se désole Jean Lambert Nang sur ce cas non moins intéressant pour la Conac et le Tcs.

Pauline Thérèse Manguélé

C’est cette dame qui du temps où Jean Lambert trône malgré lui à la Fécafoot qui assure le Secrétariat permanent dans le service de Jean René Atangana Mballa, Sg de la Fécafoot. Faiseuse de malheur de certains et de la joie des autres, elle est présentée par les mauvaises langues comme une personne chassée de la Chambre d'agriculture pour détention de faux diplômes, mais qui a réussi par le moyen de la dîme de ses malversations dans la maison de football qu'elle reversait à son patron direct Jean René Atangana Mballa, faire partir le Président français de la Fécafoot pour rester régner en maîtresse.

Thérèse Pauline Manguélé aura assuré l'intérim pendant 8 bons mois après le départ de Patrick Prêcheur et sans nul doute, ce temps a permis à la nouvelle reine de tisser «un réseau de relations intéressées, allant des footballeurs locaux en quête de fausse lettre de sortie (pièce essentielle dans la constitution d'un dossier d'obtention de visa d'entrée en Europe), aux présidents de clubs trempés jusqu'au cou dans la magouille, en passant par des agents véreux... C'est elle qui, en subvenant à leurs petites pannes sèches financières, leur a fait croire que la Fécafoot était une caisse d'avance: elle alloue les primes de session des mois avant que ne se tiennent les assemblées», renchérit l'écrivain talentueux qui donne ainsi du grain à moudre au Tcs qui devra trouver en elle une cliente. Une vraie.

Jean René Atangana Mballa

«Le parrain de Bouea» comme il est surnommé dans le livre de Jean Lambert Nang, est en fait l'organisateur du processus de pourrissement qu'il monte savamment pour à la fin, paraitre comme la solution au problème qu'il crée. Son implication dans les malversations passe par Mme Manguélé qu'il a laissée gérer par procuration la Fécafoot. On ne verra directement sa signature sur les décaissements d'argent, mais sur les hauteurs de Nkol Ndom, au téléphone, il oriente l'activité qui roule à son profit, donne des instructions et, quand il a besoin d'argent, ce ne sont pas les astuces qui manquent. Une fois à travers une note, «il prétend avoir fait le tour des stades de la République en compagnie de tous les autres membres, dans la perspective de préparer une nouvelle saison de football. Montant près de 4 millions de FCFA.

Je soumets cette note à Iya Mohammed qui m'instruit de ne payer que la moitié, après avoir arrosé son ami de quelques épithètes peu glorieuses», note Jean Lambert Nang qui verra quelques temps après une autre demande d'argent concernant Jean René Atangana Mballa qui prétend cette fois, vouloir mettre sa voiture à jour; montant: 2 millions de FCFA. En fait, la survie du Directeur de la Fécafoot ne pouvait être assurée que par la complaisance et l'obéissance aux injonctions diaboliques de décaissement d'argent. Il n'en faut pas plus pour dire que Jean René Atangana Mballa devra le moment venu, passer à la trappe.

Abdouraman Amadou

Surnommé «lya Mohammed Junior» à l'époque où le livre de Jean Lambert Nang a été publié, cet homme est présenté comme l'accompagnateur le plus sûr de l'ex-président de la Fécafoot dans les plus mauvais coups fourrés. Recruté à l'Alliance française de Garoua, Abdouraman Amadou ne disposait visiblement d'aucun diplôme, mais c'est lui qui imposait presque la conduite à tenir à Iya en ce qui concerne les finances. Tenez! «Au seul nom du site de la Fécafoot, tous les caprices financières insatiables du protégé du Président doivent trouver réponse. Il prétend qu'il doit transférer un million de francs tous les mois à une société française de télécommunications, fournisseur d'accès internet et interface du 2ème numéro de fax de la fédération. (Pourtant) il n'a jamais consenti donner le nom ni les coordonnées bancaires de ladite société...

Les instructions présidentielles sont que l'on remette de l'argent «Abdouraman Amadou sans trop se soucier de l'usage qu'il en fait», écrit Jean Lambert Nang alors Directeur Général de la Fécafoot en remplacement de Patrick Prêcheur. En réalité, le cas Abdouraman en ce qui concerne les détournements d'argent à la Fécafoot, est tout à fait classique et simple. Avec l'aval du Président, tout était permis à Abdouraman, surtout quand Jean Lambert Nang précise vertement que la signature du Président a été scannée par son protégé sans que cela ne change quelque chose en l'attitude d'Iya Mohammed.

«Cette conviction s'installe définitivement en moi le jour où je découvre que Iya a fait scanner sa signature à l'usage exclusif de spadassin. J'appréhende alors l'étendue de la complicité entre les deux hommes: si le Président peut ainsi concéder sa signature à un individu, c'est qu'il autorise et avalise tout usage peut en être fait: paraphe des documents officiels ou officieux, labellisation du courrier interne ou international, signature des transactions financières parallèles échappant à tout contrôle de la Fécafoot», continue-t-il, ahuri de voir, comment un brocanteur mène du petit doigt le grand Iya Mohammed de la Sodecoton. De nos jours, nombreux sont les observateurs qui pensent qu'Abdouraman devrait déjà se retrouver derrière les barreaux.

David Mayebi, le Roi du pétrole brut

On n'en dira pas plus que son enrichissement sur le dos de la Fécafoot à travers son association Afc, devenue une vraie passerelle pour le royaume de la magouille et les tripatouillages divers. Hier très intime à Iya Mohammed, on lui accusait d'être celui-là même qui gérait les contrats de sponsoring avec les différents sponsors en dissimulant les vrais chiffres. C'est d'ailleurs en cette qualité qu'il s'est retrouvé épinglé par le rapport du Procureur Jean Pierre Mvondo Evezo'o en 2006. Entre temps, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Son amitié avec Iya s'est effritée au point où ce dernier a tout fait pour l'évincer de son poste de vice-président pour avoir transformé l'Afc en Syndicat national des footballeurs du Cameroun. Mais c'était sans compter avec son côté baroudeur qui lui a permis de reprendre sa place au sein du bureau exécutif de la Fécafoot et contribuer à mettre Iya Mohammed au placard. Ce que les fidèles de l'ancien Président ne lui pardonnent pas en lui promettant une place aux côtés de leur mentor à Kondengui.

En définitive, le peuple camerounais comprend aujourd'hui que depuis la fin du mondial 98 en France, la Fécafoot reste demeure le repaire des bandits qui passent le clair de temps à s'occuper de tout sauf du football. Le coup de sifflet de la Fifa sera-t-il salutaire? De toutes les façons, c'est encore aux Camerounais, quel que soit l’issue de l'initiative de l'instance que dirige Sepp Blatter, que sera confiée la tâche de présider aux destinées de notre cher football, qui ne manque pas de susciter les passions et les accrochages de tout genre. Mais l'autre vérité inévitable c'est qu'après l'incarcération de Iya Mohammed, de nombreuses autres devront suivre, s'il est nécessaire de procéder à un ménage complet.

(Source: Desperate Football House, Six mois dans l'enfer de la Fécafoot)

© André Michel Bayiha | La Nouvelle

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau