Candidature: Lions indomptables cherchent entraîneur sélectionneur

Par voie de courrier, le ministre des Sports et de l’éducation physique aurait instruit la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), de lancer un appel à candidature international pour le recrutement d’un entraîneur pour les Lions indomptables.

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Ceci à l’effet d’en finir une bonne fois pour toutes, apprend-on, avec les éternelles valses liées à la régularisation de la situation contractuelle du sélectionneur. Chronique d’un long feuilleton à rebondissement.

1- Akono et Ndtoungou Mpilé sur un siège éjectable

Ce qui n’était jusque-là que rumeur, intox et supputations vient d’être confirmée. Jean-Paul Akono est (officiellement) sur un siège éjectable. Ses jours à la tête de l’encadrement technique de l’équipe nationale senior sont désormais comptés. C’est du moins ce qui transpire de l’audience houleuse qui a eu lieu vendredi 19 avril dernier au ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep). Adoum Garoua a reçu pour la énième fois l’entraîneur sélectionneur des Lions indomptables, Jean-Paul Akono et son adjoint Martin Ndtoungou Mpilé. Objet de ce tête à tête qui a duré environ une heure ?

L‘actualité relative à la procédure de régularisation de la situation contractuelle de Magnusson et de ses collaborateurs qui n’ont toujours pas signé le moindre contrat depuis le 13 septembre qu’ils ont été nommés à la tête de l’encadrement technique de la sélection fanion. Une situation incommode pour laquelle il a fallu que le patron des sports en tant qu’employeur, chausse les crampons et entre une fois encore sur l’aire de jeu aux fins de « tirer définitivement cette situation au clair dans de brefs délais ». Même si rien n’a filtré de cette audience, notre source au Minsep renseigne qu’après les échanges, Adoum Garoua, visiblement courroucé pour n’avoir pas trouvé un terrain d’entente avec ses deux hôtes, a écrit au président de la Fécafoot pour lui demander de lancer un appel à candidature pour le poste de sélectionneur. « le ministre a effectivement écrit à la Fécafoot pour leur demander de lancer dans un délai très court, un appel à candidature international au poste de sélectionneur de l’équipe A.

Il s’agit pour lui de mettre un terme aux nombreuses tergiversations et incertitudes liées à la situation contractuelle de l’entraîneur national. Lesquelles n’ont fait qu’alimenter la polémique non sans mettre à mal la légitimité des sélectionneurs en poste. C’est aussi pour lui l’occasion de tirer un trait sur ce long feuilleton qui dure depuis l’ère Lavagne », confie une autre source à la Direction des sports de haut niveau au Minsep. Et de préciser que l’instruction serait venue des hautes instances de la République qui ont sommé le patron des sports de boucler définitivement cet épineux dossier. L’information qui fait déjà les gorges chaudes au Minsep, apprend-on, sera officialisée une fois que l’instance faîtière du football camerounais aura pris fait et cause de la décision de sa tutelle. Si tout semble indiquer que les arriérés de salaire de Magnusson et de son staff seront épongés dans les prochaines semaines, on craint que leur bail à la tête des Lions ne tourne court.

2- Des sélectionneurs nationaux au rabais?

On se souvient qu’il y a trois semaines, Jean-Paul Akono et Martin Ndtoungou Mpilé ont été reçus par Jacques Oumarou Tado, le directeur des sports de haut niveau au Minsep. L’objet de la rencontre portait sur les contours de la signature d’un contrat. Akono demandait un salaire mensuel de 15 millions Fcfa, alors que son adjoint, lui, voulait huit millions. Le ministère proposait par contre à Magnusson un salaire de sept millions par mois. La discussion a fini en queue de poisson, du fait des prétentions salariales jugées élevées par Adoum Garoua et son collaborateur. A la veille du match Cameroun - Togo du 23 mars dernier, le même Oumarou Tado, avait rencontré les deux entraîneurs et avait proposé de leur payer six mois de salaire (de septembre à 2012 à mars 2013 Ndlr), soit sept millions mensuel pour Jean-Paul Akono.

Offre que le Héros de Sydney a simplement refusée estimant que les procédures contractuelles devraient se faire selon un canevas prescrit par la réglementation en vigueur. Pendant ce temps, les responsables du Minsep qui s’élevaient contre l’expression « absence de contrat » soutenaient à grand renforts d’arguments juridiques qu’un contrat peut également être verbal ; ce qui s’appelle généralement « accord tacite entre deux parties ». Pourtant les règles et les usages exigent que le contrat soit écrit. Le cas Denis Lavagne qui avait presque été imposé à Michel Zoah, (ministre des sports de l’époque Ndlr) par la Fécafoot avait déjà fait tâche d’huile puisque quelques jours après son limogeage, il a décidé de saisir la Fifa pour rupture anticipée de son contrat, aux torts de la partie adverse. « Une rupture sans motif », expliquait-il. L’ancien entraîneur du Cotonsport de Garoua avait également demandé des dommages et intérêts ainsi que la prime de victoire face au Cap-Vert lors du match retour, le 14 octobre 2012 (2-1). Pour éviter que cette situation ne se reproduise, le Pm a reçu en audience Adoum Garoua et un représentant de la Fécafoot les 04 et 05 avril derniers. Question de voir si ceux-ci n’étaient pas toujours prêts à céder aux désidérata des deux techniciens.

La démarche avait fait long feu et les protagonistes sont repartis à zéro. Avec ce nouvel appel à candidature qui va bientôt être lancé, on comprend aisément que c’est peut-être une façon polie de mettre à la porte l’actuel staff des Lions. Joint au téléphone hier soir, Raphael Nkoa, le team press officer des Lions n’a pas voulu s’étendre sur le sujet mais nous a néanmoins confirmé que le Minsep a bel et bien adressé une lettre à la Fécafoot dans ce sens. Il nous invite également à ne pas tirer des conclusions hâtives sur le sujet expliquant qu’il s’agit peut-être pour le ministre de se conformer aux procédures d’usage. Et Jean Paul Akono alors ? Le sélectionneur des Lions confirme que Le Messager a également contacté, confirme qu’il a été reçu par le ministre mais se refuse tout commentaire sur le contenu de leurs échanges. Magnusson en profite pour rappeler qu’il a des états de service qui plaident en sa faveur et ne saurait quémander le poste qu’il occupe aujourd’hui. Sans doute une mise en garde à l’endroit de certaines personnes tapies dans l’ombre qui prêtant le flanc à la manipulation décrient le fond de jeu que le technicien a apporté à la sélection nationale.

3- Des sorciers blancs se bousculent au portillon

Le boulevard semble donc ouvert aux candidats désireux d’entraîner Samuel Eto’o et ses coéquipiers. La nouvelle de la succession de Jean Paul Akono avait déjà animé l’actualité il y a quatre mois. En janvier dernier, des indiscrétions laissaient croire que la Fécafoot était activement à la recherche d’un sélectionneur afin de remplacer le technicien camerounais. Certains noms avaient même commencé à circuler. A l’instar du Français Luis Fernandez, ancien entraîneur du Paris Saint-Germain et de la sélection israélienne. Comme une traînée de poudre, cette « information » a fait le tour des médias camerounais et même étrangers. Rmc Sport, une agence de presse sport multimédia du groupe Next Radio TV basée à Paris en avait rajouté une couche en confirmant que les dirigeants camerounais ont effectivement proposé le poste de sélectionneur des Lions indomptables à Luis Fernandez. Information fortement démentie par la Fécafoot qui voyait derrière cette cabale, la main des détracteurs de l’équipe nationale, déterminés à créer le cafouillage autour de la question pour éjecter Jean Paul Akono : « c'est une rumeur. Nous n'avons noué aucun contact avec Luis Fernandez et il n'y a pas officiellement de recherche de nouveau sélectionneur pour les Lions indomptables », avait expliqué Junior Binyam, le chef de la cellule de communication de la Fécafoot. Autre nom que la Fédération aurait proposé Minsep : Sven-Goran Eriksson. Or, le technicien suédois, ancien coach des clubs Göteborg en Suède, Benfica au Portugal, As Roma, Fiorentina, Lazio en Italie et Manchester City d'Angleterre, et des équipes nationales d' Angleterre, du Mexique et de Côte d'Ivoire, est actuellement sous contrat avec le Bec Tero Sasana. Comme si cette frénésie ne suffisait pas, l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique, dans sa livraison du 26 février 2013, révèlait pour sa part qu’un groupe de pression autour du président de la République, dont son épouse, militerait pour le retour de Pierre Lechantre.

A en croire le magazine, Chantal Biya aurait entrepris des négociations auprès de son époux, le chef de l’Etat, Paul Biya, pour le come back du technicien français à la tête des Lions. « C’est au palais présidentiel que l’avenir des Lions indomptables pourrait se jouer (…) C’est même Chantal Biya, l’épouse du chef de l’État qui suit de près les affaires footballistiques du pays, qui militerait pour un retour de Lechantre », peut-on lire dans les colonnes du journal qui croit savoir que depuis la défaite des coéquipiers de Samuel Eto’o en Tanzanie (0-1) face aux Taïfa Stars le 6 février dernier, Jean Paul Akono, est de plus en plus contesté, tant par l’opinion publique que par la Fécafoot, qui avait mal apprécié son arrivée à ce poste. Contrairement à Pierre Lechantre dont beaucoup gardent encore le souvenir nostalgique des années 2000. (C’est sous son règne que le Cameroun a remporté la Can 2000 et les Jeux olympiques de Sydney la même année, au poste de Directeur technique national Ndlr). «Oui, je suis effectivement en discussion avec quelques responsables camerounais. Mais pour le moment, ma venue au Cameroun n’est pas d’actualité.

Jean-Paul Akono est en poste. Les discussions pourraient être relancées après le match contre le Togo », a réagi Pierre Lechantre dans les colonnes de nos confrères de Cameroon Tribune le 27 février 2013. Suffisant pour comprendre que même si par miracle Akono était confirmé pour poursuivre l’aventure, rien n’est moins sûr qu’il puisse continuer cette idylle au banc de touche des fauves. Surtout lorsqu’on sait que ces dix dernières années, le Cameroun s'est passionné autour de la question de la nomination d'un entraîneur à la tête de son équipe nationale. Constat pour le moins alarmant, en dehors des résultats affligeants qu’ils ont concédés, les techniciens qui se sont succédé au banc de touche des Lions indomptables ont presque tous connu le même destin.

Entre non-respect des clauses du contrat qui les officialise à ce poste, manque de résultats, désaffection du public ou encore conspiration entre les employeurs, la rupture s’est toujours consommée dans la douleur. Akono connaitra-t-il le même destin ? A suivre.

© Christian TCHAPMI | Le Messager

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