Cameroun - Scandale FIFA - Issa Hayatou: «Je n’ai jamais été inquiété par qui ce soit»

Arrivé au Cameroun lundi 1er juin 2015 au lendemain du congrès électif de la FIFA à Zurich, le président de la Confédération africaine de football s’est prononcé sur le scandale qui a émaillé cette rencontre. Issa Hayatou a également énoncé les raisons du soutien de l’Afrique à Blatter, et éclairé sur le report accordé au Cameroun dans l’organisation de la CAN féminine 2016.
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Mercredi 27 mai 2015, alors que les membres de la FIFA sont réunis à Zurich pour le 65ème Congrès de la FIFA qui doit se tenir le lendemain, une dizaine d’entre eux sont interpellés par la justice américaine. Elle leur reproche d’avoir « entre autres sollicité et obtenu des pots-de-vin dans le cadre des processus d'attribution des Coupes du monde 1998 et 2010 ». Dans cette mouvance, une certaine presse annonce que le président de la CAF aurait été entendu pendant 9 heures de temps par la police Suisse qu’accompagnait le FBI.

Arrivé lundi 1er Juin 2015 dans l'après-midi à Yaoundé, Issa Hayatou a tenu à clarifier les choses. « Mercredi, quand il y a eu irruption de la police helvétique dans notre hôtel, je n’ai jamais été inquiété par qui que ce soit. Et, j’ai mené à bon port mon programme. En partant d’ici (Cameroun, ndlr) j’avais ce programme que je suis en train de respecter. Personne ne m’a rien dit, personne ne m’a contacté pour aller vers les interrogatoires. Mais, à ma grande surprise, j’ai appris que j’ai été interdit de sortir du territoire suisse parce que la police est venue me chercher et ils m’ont entendu pendant 9 heures », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à la CRTV, la radio nationale.

Patron du football africain depuis 1987, Hayatou s’est dit choqué par l’opinion qui le présente comme l’une des personnes susceptibles de donner des informations sur le réseau de corruption entretenu pendant des années à la FIFA. «De toutes les façons, ça fait 20 ans qu’on m’accuse. Surtout la presse camerounaise et la presse anglaise. C’est les deux presses qui racontent des choses sur mon compte. Mais ça ne fait rien, c’est la vie».


La FIFA est ébranlée mais unie

Joseph S. Blatter a donc été réélu vendredi dans la controverse, pour un nouveau mandat de cinq ans. Il est clair que l’instance faitière du football mondial ne sort pas du Hallenstadion de Zurich indemne de ce congrès. « Dire qu’elle est intacte, c’est un peu faux. Quand on vient à 6 heures du matin arrêter dix d’entre vous qui étaient dans leur chambre en train de dormir avec tout le tapage médiatique que nous avons connu par la suite, on ne peut pas dire que la FIFA n’est pas ébranlée. Mais, elle est unie. La preuve: au congrès tout s’est bien passé. Nous avons élu notre président. Nous avons observé toutes les formalités qui sont requises pour ce congrès. Rien ne s’est passé en dehors du fait que des gens sont venus des Etats-Unis arrêter les américains en Suisse alors qu’on aurait pu les arrêter sur le continent américain. Donc, il y a quelque chose qui surprend tout le monde. Pourquoi ne pas arrêter ces gens-là sur le continent américain ? Parce qu’ils sont venus de là, et on est venu les prendre en Suisse. Il y a une raison à cela», argue Issa Hayatou.


Soutien indéfectible

A Zurich, l’Afrique a fait bloc derrière Blatter. Le comité exécutif de la CAF avait lancé en septembre 2014 une «motion de soutien à la candidature» de Blatter, qui s'est traduite par «une exhortation aux 54 fédérations membres de la CAF à garantir leurs votes en faveur» du Suisse «le moment venu». Raisons: «Ce qui nous a emmené à soutenir Blatter c’est qu’il a vraiment aidé le continent africain par l’attribution de la Coupe du Monde 2010, par les différents stages qu’il a organisé, par les différentes installations sportives qu’il a fait construire sur notre continent. Tout ceci a amené le continent africain à adhérer à sa cause. Et l’Afrique est très consciente de cette situation. Elle voit ses infrastructures et son football se développer, par conséquent nous soutenons monsieur Blatter. Ce n’est rien d’autre contrairement à ce qu’on raconte», explique Hayatou.


Décalage CAN Féminine

Interrogé sur le report d’un mois de la CAN féminine 2016 au Cameroun, le président de la CAF a tenu à clarifier les choses: «On a accepté ce que le Cameroun nous a demandé. J’ai entendu qu’une certaine presse ici critique cela parce qu’on avait refusé au Maroc. Comment on peut comparer la grande Coupe des Nations dont la CAF dépend à 95% à la Coupe féminine qui n’a même pas de sponsors. Le Cameroun est venu avec des raisons valables nous dire qu’il y a la pluviométrie dans la région qu’ils ont choisie. Et le comité exécutif qui était à 100% présent a accepté. C’est un report d’un mois. Il ne faut pas confondre le championnat des moins de 17 ans, moins de 20 ans, et CAN féminine avec la grande CAN. On ne peut  jamais accepter le report de la grande CAN. Encore que les marocains avaient demandé plus d’un an de report. Et l’Afrique s’est sentie blessée parce qu'en nous demandant de reporter, ils ont accepté d’organiser le Championnat du monde des clubs à un mois de la CAN. On s’est senti blessés. Il n’y a pas de comparaison entre la CAN et la petite coupe que nous allons organiser ici au Cameroun»

© Onana N. Aaron | Cameroon-Info.Net

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