Cameroun - Lions indomptables : Quelle idée d’aller chercher Domenech ?

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Le SG de la Fécafoot et le DTN mis en mission en Europe pour négocier avec l’entraîneur vomi en France et les autres noms de la fameuse Short-List.

Le mois prochain, l’équipe nationale de football du Cameroun disputera, à l’extérieur, deux rencontres capitales dans la course à la qualification à la Coupe du monde ‘’Brésil 2014’’, d’abord à Lomé contre le Togo puis à Kinshasa contre la République démocratique du Congo (RDC). Avec quel sélectionneur sur le banc de touche des Lions indomptables ? Nul ne le sait encore, tellement le dossier de l’entraîneur de la sélection nationale de football, inopportunément mis dans l’actualité à la veille de deux rendez-vous importants évoqués ci-dessus, est rendu inutilement compliqué et incompréhensible par les autorités politiques et sportives de notre pays.

Si l’intérimaire sans contrat de travail depuis sept mois, Jean-Paul Akono, continue à peaufiner sa préparation de ces échéances cruciales du mois de juin, après avoir refusé de répondre à l’appel à candidature pour le poste de sélectionneur des Lions indomptables lancée par la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), rien n’indique que c’et lui qui sera encore à la tête de l’encadrement technique de l’équipe du Cameroun. Le processus de l’appel à candidature initié par la Fécafoot à la demande du ministre des Sports et de l’Education physique, Adoum Garoua, a abouti il y a plus d’une semaine au dépôt d’une Short List de trois noms, révélés lundi 29 avril dernier par L’Actu : l’Allemand Volker Finke et les Français Raymond Domenech et Antoine Kombouaré (à la place de ce dernier figurerait plutôt le Suédois Sven-Goran Eriksson).

La commission chargée d’établir ladite liste restreinte sur plus de 80 dossiers de candidatures parvenus à la Fécafoot, composée du secrétaire général de la Fécafoot Tombi à Roko, du directeur technique national (DTN) Jean Manga Onguené, du DTN adjoint n°2 Etienne Sockeng et du député Luc Koa, membre du comité exécutif de la Fécafoot, a encore été aperçue en séance de travail vendredi dernier au siège de l’instance faîtière du football national. Jean Manga Onguené devait par la suite prendre l’avion ce même vendredi soir ou samedi pour l’Europe, avec pour mission d’aller négocier le recrutement du futur sélectionneur du Cameroun, sur la base de la Short-List présentée à la tutelle, et transmise par celle-ci à la «haute hiérarchie», c’est-à-dire au palais de l’Unité.

Si les camerounais ont déjà eu du mal à digérer la première surprise du lancement, en ce moment, d’un appel à candidature pour le poste de sélectionneur national, leur deuxième surprise (voir le nom de Domenech parmi les trois favoris) fut encore plus grande. Quelle idée en effet de recourir aux services de ce technicien français tristement célèbre. Si cet ancien entraîneur de l’Olympique lyonnais a un mérite, c’est celui d’avoir eu entre ses mains, alors qu’il entraînait l’équipe de France espoirs, plusieurs cadres de l’équipe de France devenue championne du monde en 1998 et championne d’Europe en 2000. Le deuxième mérite que ses souteneurs veulent brandir, la finale de la Coupe du monde perdue par la France en 2006, est totalement usurpé : voyant son équipe au bord de l’élimination dans les qualifications zone Europe à ce Mondial 2006, il alla supplier le retraité international de luxe Zinedine Zidane de revenir en sélection.

Ce dernier accepta en posant ses conditions, notamment le retour aussi (en titulaires de Makélélé et Thuram). Mais le vrai visage de Domenech fut étalé lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique où ses Bleus, désormais sans le prodigieux Zidane, furent piteusement sortis au premier tour, avec des scandales à la pelle. Alors que l’opinion demandait sa tête, l’intéressé refusa (comme un bon Africain) de démissionner, attendant d’être viré pour faire un procès en dédommagement à la Fédération française de football. Voilà donc le personnage controversé qu’une équipe du Cameroun en tête de son groupe des qualifications au Mondial 2014 va courtiser.

Que dire de Sven-Goran Eriksson que la Côte d’Ivoire eu le malheur d’aller chercher à prix d’or pour gérer sa première participation à la Coupe du monde en 2006 ? C’est à se demander ce que l’on cherche véritablement avec ce dossier de l’entraîneur des Lions indomptables depuis quelques années, au-delà du complexe de colonisé qui consiste à toujours vouloir recruter des coaches blancs et des relents mafieux qui entourent chaque recrutement de ces prétendus «sorciers blancs». La question est d’autant plus angoissante que l’un des rares techniciens dans cette faune d’entraîneurs expatriés à avoir réussi sa mission chez nous, à peu de frais d’ailleurs, Pierre Lechantre, fut lui aussi été chassé comme un malpropre en 2001…

© L'Actu : Martin Jean Ewodo

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