Cameroun/Iya Mohammed au Sed…: Le comité exécutif de la Fécafoot désavoue John Begheni Ndeh

La décision de se désolidariser du Comité d’urgence a été prise à l’unanimité hier mercredi 12 juin 2013, à l’issue d’une réunion des membres du Comité exécutif, élargie à quatre présidents de clubs de D1.

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Ceux-ci ont par ailleurs profité pour réaffirmer leur soutien au président de la fédération écroué au secrétariat d’Etat à la défense depuis trois jours. Les téléphones portables d’Alim Konaté ne cessent de crépiter. Le président de la Ligue régionale de football pour le Nord, submergé par une série d’appels téléphoniques, est parfois obligé de laisser sonner, le temps de répondre à un autre interlocuteur, sans doute plus important. Il est 13h 10 ce mercredi 12 juin 2013 au siège de la Fécafoot. Lequel est gardé par une dizaine de gros bras. La réunion du Comité exécutif de l’instance faîtière du football camerounais vient de s’achever. La cour est aussitôt envahie par une marée humaine. Parmi les participants aux travaux, Sali Issa, administrateur et non moins, membre influent du Comité.

L’ancien responsable des questions liées à l'Union des fédérations de football d'Afrique centrale (Uniffac) à la fédération, préfère esquiver les Hommes de médias pour regagner son véhicule à bord duquel l’attend déjà Alim Konaté. Il démarre en trombe et quitte les lieux. Idem pour les 21 des 27 autres membres ayant répondu présent à ce conclave dont la tenue fait l’objet de plusieurs interrogations dans les rangs des journalistes, tenus à bonne distance du portail de l’immeuble siège. On dirait que tous s’étaient passés le mot. Personne n’ose se prononcer sur les grandes lignes de cette réunion qui a duré environ trois heures. Au-delà de la légalité de sa convocation qui fait les gorges chaudes, il y a également la présence (trouble) dans les rangs des participants, de quatre présidents de clubs de D1.

Difficile de savoir pourquoi Emile Onambélé Zibi, Céline Eko, Franck Happi et Essaie Ngallè, respectivement dirigeant de Tonnerre Kalara club, Canon sportif de Yaoundé, Union sportive de Douala et Douala athletic club, se retrouvent à une réunion du Comité exécutif alors qu’ils n’en sont pas membres. L’inquiétude est dissipée quelques minutes plus tard par Faustin Mbida qui tente bon an mal an, de justifier ce que d’aucuns qualifient déjà de méprise des textes statutaires de la Fécafoot: « Ces présidents de clubs sont non seulement des doyens parmi leurs pairs mais ils constituent également l’aile dur de la Fécafoot.

Leur présence ne devrait donc pas vous surprendre », tranche l’ancien secrétaire général de la Ligue régionale de football pour le Centre. Et de briser le mystère en déclinant les différentes articulations de ladite réunion. «Trois grandes résolutions ont sanctionné les travaux : le Comité exécutif a réaffirmé son soutien au président Iya Mohammed ; l’Assemblée générale élective a été convoquée et le Comité s’est entièrement désolidarisé du Comité exécutif »

Correspondance

Pas besoin d’être un démiurge pour comprendre que ce dernier point déclare officieusement la guerre entre les pro-Iya Mohammed et John Begheni Ndeh, 1er vice-président de la Fécafoot. Ce dernier dont le revirement avait surpris plus d’un (lire le Messager du 22 mai 2013 Ndlr). L’ancien ministre des Transports a décidé de se séparer de son désormais ex mentor le 08 avril dernier, en cosignant avec ses pairs du Comité d’urgence, une correspondance adressée au secrétaire général de la Fédération internationale de football association (Fifa) pour soutenir la décision du ministre Adoum Garoua de sursoir au processus d’élections au sein de la Fédération camerounaise de football et de ses ligues décentralisées jusqu’à nouvel ordre. Ces administrateurs justifiaient leur acte par le souci de préserver l'unité gravement menacée de la grande famille du football camerounais.

Comme si cela ne suffisait pas, il a remis une couche en adressant une requête, le 15 mai 2013, à la Commission de recours, pour demander le rejet de la candidature d’Iya au poste de président de la Fécafoot. Sept pages pleines dans lesquelles l’ancien ministre des Transports, à la lumière des statuts de la Fécafoot, des termes procéduriers et de sa petite expérience en littérature juridique, démontrait avec forces et détails que son désormais ex-mentor ne remplit pas toutes les conditions d'éligibilité. D’ailleurs, pour mieux étayer sa requête, le 1er vice président n’est pas passé par quatre chemins pour convoquer la fameuse affaire qui a éclaboussé le président sortant le 27 mars 2013: son activité de directeur général de la société de développement du coton (Sodecoton) pour laquelle le Conseil de discipline budgétaire et financière placé auprès du ministère en charge du Contrôle supérieur de l'Etat du Cameroun statuant sur la gestion, pour la période allant de 2005 à 2010 « a décidé de constituer Iya Mohammed débiteur envers ladite entité de la somme de 9 052 075 692 (neuf milliards cinquante deux millions soixante-dix-huit mille six cent quatre-vingt-douze) Fcfa, de lui infliger une amende spéciale de 2 000 000 (deux millions) Fcfa, (…) et de prononcer à son endroit, une déchéance valant interdiction, pour une durée de sept (07) ans, d'être responsable de l'administration ou de la gestion des services publics ou des entreprises d'Etat, à quelque titre que ce soit».

Face à tout cet « acharnement » contre l’homme fort de Tsinga, les membres du Comité exécutif préfèrent donc renier leur ami d’hier plutôt que de l’avoir sur le dos. Surtout pas en ce moment où (en application des textes de la Fécafoot), Begheni Ndeh devrait en principe assurer l’intérim à la présidence de l’instance en attendant que les élections soient organisées le 19 juin prochain. A suivre…

© Le Messager : christian Tchapmi

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