Cameroun - Fécafoot : Qui gouverne ?

Un désordre règne à la tête de l’instance faîtière du football camerounais.Il n’est pas exagéré de dire que le pouvoir de la Fécafoot est dans la rue. Après avoir pris le pouvoir le 28 juin dernier, John Begheni Ndeh a quitté le pays pour des nécessités professionnelles.

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Laissant à l’intérim de l’intérim, Antoine de Padoue Essomba Eyenga, l’un des vice-présidents de l’exécutif sortant, pour poursuivre l’implantation des trois membres du comité d’urgence physiquement libres de se mouvoir et qui sont allés à l’opposition. Et c’est l’ancien président du Tonnerre kalara club de Yaoundé, qui assure le respect des décisions qui ont été prises, notamment la suspension de Tombi à Roko, secrétaire général, par le comité d’urgence. Chez les affidés du clan Iya Mohammed, «ces décisions sont nulles et de nul effet». On convoque l’article 43 des statuts de la Fécafoot qui donne au Comité exécutif le pouvoir de «nommer ou révoquer le Secrétaire Général sur proposition du Président de la Fécafoot». Pendant ce temps, Tombi à Roko reste persona non grata au siège de la Fécafoot.

De nouveaux gros bras ont été recrutés par les nouveaux maîtres de la maison, qui l’ont empêché d’accéder à son bureau en début de semaine, près être entré en catimini, à l’arrière d’un véhicule aux vitres fumées. Entre temps, Martin Etongue, l’ancien team manager des Lions indomptables, écarté des affaires par l’exécutif de la Fécafoot, qui l’a mis à la disposition de la Direction technique nationale, coordonne les affaires à la place du secrétaire général.

Vers un durcissement de ton

Et même si le personnel de la Fécafoot qui a boycotté le travail après avoir été contraint de travailler avec des inconnus, est régulièrement en poste, reconnaissant au premier vice-président de la Fécafoot son appartenance à la Fédération, il reste qu’en sourdine, on argue, comme Junior Byniam l’avait déjà souligné dès la prise du pouvoir par le clan Begheni Ndeh, que le président de la Fécafoot demeure M. Iya Mohammed». C’est que, le comité exécutif à qui le Code électoral de la Fécafoot, en son article 29, accorde le pouvoir de rester en place jusqu’à la fin du processus électoral, n’a pas encore eu la possibilité de s’exprimer.

Rien n‘étant dit à ce sujet sur le comité d’urgence dont les statuts disent qu’il a un mandat de quatre ans. Face au mutisme des textes sur le sort dudit comité à l’ouverture du processus électoral, les partisans du clan Iya Mohammed considèrent que «le comité d’urgence n’existe plus» ; et que «le pouvoir revient au comité exécutif». Faux, rétorque Abdouraman Hamadou. «Le comité c’est le bureau du comité exécutif ; Si le comité exécutif existe, il existe avec son comité d’urgence». Pour l’instant, c’est le Comité d’urgence qui continue de prendre les décisions. On s’attend à un durcissement de ton dans les prochaines semaines.

Toutes les décisions du Comité d’urgence devant être infirmées ou confirmées par le Comité exécutif. Lequel est majoritairement constitué de fidèles du président déchu, soit 21 ou 22, si l’on y adjoint le Général Pierre Semengue, le président de la Ligue de football professionnel, qui a récemment tourné le dos à David Mayébi et compagnie. Or si cette instance peut légalement se réunir à la simple volonté des 2/3 de ses membres, selon l’article 44 (1) des Statuts de la Fécafoot. Et les décisions pouvant se prendre à la majorité simple de ses membres. En attendant les réponses du Tribunal arbitral du sport (Tas) qui devrait se pencher sur le recours du clan Iya concernant la décision de la commission de recours qui a annulé les élections. De même que sur ceux déposés par les adversaires du clan Iya, qui se sont opposés à la suspension de la Fécafoot par le comité d’urgence de la Fifa.

© La Nouvelle Expression : Lindovi Ndjio

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