Cameroun - Fecafoot : Iya et Yang Philemon se penchent sur l’ultimatum de la Fifa

Une autre rencontre prévue en début de semaine entre les deux hommes.

Iya Mohammed, le président de la Fecafoot et le chef du Gouvernement ont rendez-vous en ce début de semaine pour donner suite à l’ultimatum de La Fifa. Suite au report de l’assemblée générale élective de la Fécafoot le samedi 25 mai 2013, l'instance mondiale attend un point de la situation d'ici le 6 juin prochain. L’assemblée générale élective de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) n’a pu se tenir le samedi 25 mai 2013 à Yaoundé.

Et pour cause, le chef du gouvernement avait sollicité et obtenu le report de cette assemblée «en raison des problèmes de sécurité». Quatre jours plus tard, le gouvernement a écrit à la Fifa pour lui dire qu’il avait mis sur pied une commission ad hoc chargée de gérer la crise au sein de la Fécafoot. Avant cela, la Fécafoot avait écrit à la Fifa pour lui dire pourquoi l'élection n'avait pas eu lieu le 25 mai comme prévu. Après avoir pris connaissance du rapport de son délégué envoyé à Yaoundé pour la supervision du scrutin, le secrétaire général de la Fifa a écrit à son homologue de la Fécafoot.

Dans cette correspondance, tombée vendredi dernier, soit 24h seulement après la position du Tribunal arbitral du sport (Tas) sur l’affaire Nkou Mvondo contre la Fecafoot, la Fifa écrit que la décision gouvernementale de mettre sur pied une commission ad-hoc, ne manque pas d’inquiéter car il ne revient qu’à la Fecafoot de mettre en place une structure pareille, évoquant les articles 16 et 17 des statuts de la Fifa. L'instance mondiale fait aussi remarquer qu’elle est surprise des décisions rendues par la chambre de conciliation et d’arbitrage du comité national olympique et sportif du Cameroun qui, selon elle, n’a compétence que pour les litiges sportifs et non contentieux électoraux.

Pour conclure, la Fifa recommande à la Fécafoot de réorganiser l’assemblée générale le plus rapidement possible en conformité avec ses statuts. Elle demande à être tenue informée de l’évolution de la situation au plus tard le 6 juin 2013. «Je suis surpris par cette sortie de la Fifa. Aujourd’hui, nous voyons tous que la préoccupation de la Fifa c’est pas la Fecafoot c’est une affaire de copain. La Fifa veut à tout prix protéger certains individus, mais malheureusement, c’est trop tard. C’est une curiosité, la Fifa n’est pas compétente pour connaitre des décisions ou des litiges qui sont tranchés au niveau de la Chambre de conciliation et d’arbitrage du Cnosc. Ça ce n’est de la compétence que tu Tribunal arbitral du sports.

De toutes les façons, nous n’allons pas nous laisser faire», assène Abdouraman Hamadou, ex bras droit d’Iya Mohammed, passé à l’opposition. Mathias Eric Owona Nguini, socio-politiste, y voit une menace de l’instance faitière mondiale du football : «Je crois qu’il s’agit d’une pression sur le Cameroun. Et sachant que le gouvernement est frileux, il va s’agiter. Ils savent que le gouvernement a peur de la suspension. Mais si on ne fait pas attention, il y aura de fortes violences avec notre gouvernement qui est passif», prévoit-il. «La correspondance de la Fifa est assez claire. Elle est liée à une situation que tout le monde a vécue et que tout le monde connait.

Et c’est une correspondance qui ne me surprend pas du tout parce que avant que cette correspondance n’arrive, j’avais dit que connaissant les habitudes de la Fifa, je ne serais pas surpris qu’une mise en demeure ou une forme d’injonction, adressée en réalité aux autorités administratives qui ont pris le risque d’annuler l’assemblée élective du 25 mai. Ce qui va se passer maintenant, c’est qu’on est obligé d’organiser cette assemblée générale, au cas contraire il faut s’attendre à une sanction», indique Maitre Sikati Désirée, avocat au barreau du Cameroun et agent de joueurs Fifa. Mais «la Fifa n’est pas neutre dans cette affaire», dénonce Abdouraman.

L’homme prépare la riposte : «Le tribunal de première Instance va interdire les nouvelles élections. Même si le gouvernement décide que les conditions qui ont conduit à l’interdiction de l’assemblée générale sont levées, nous saisirons le Tribunal de première Instance de Yaoundé qui va interdire l’assemblée générale. La Fifa n’est pas neutre dans cette affaire», anonce-t-il.

© La Nouvelle Expression : Nana Paul Sabin

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