Cameroun - Elections - Présidence de la Fécafoot: Vers la disqualification de la candidature d'Iya Mohammed

Les candidats au poste de Président sont connus. La Commission électorale fédérale a rendu sa copie le 14 mai 2013.

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Mais déjà que le challenger du Président sortant a introduit un dossier en recours, pour demander la disqualification de sa candidature.

I- Le coup de grâce de John B. Ndeh

Les candidats validés pour l'élection à la présidence de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) sont connus. La Commission électorale fédérale présidée par Jean Claude Alima, juge à la Cour Suprême et dans laquelle on retourne Amadou Ali vient de livrer son verdict sur la qualification des déclarés. Sur les cinq candidatures déposées, seuls deux ont été retenus. Il s'agit d'Iya Mohammed et John Begheni Ndeh.

Les autres candidatures ont été tout simplement recalées. Il s'agit de: - Tchinda Hervé; - Atah Robert Bahazah; et - Emvoutou Aka'a Caddy Marlène Patience, qui a désisté après une élection inique à la présidence de la Ligue régionale de football du Sud le week-end dernier. Une élection pourtant interdite à Yaoundé, mais qui s'est tenue en toute défiance des pouvoirs publics dit-on en lieu secret, pis encore sans les délégués. Il s'est tout simplement agit d'un procès verbal dressé dans une anti-chambre et contre les dispositions du code électoral, puisque tout porte à croire qu'il a été question d'un scrutin uninominal et non de liste.

Ce n'est que le lendemain qu'elle a rendu public la liste des membres du Conseil régional. On attend toujours la constitution de son bureau qui doit aussi passer par élection et non par désignation comme cela se susurre. Pour les candidats recalés, la Commission électorale fédérale leur a donné 48h pour faire appel. On en est à se demander pourquoi la même Commission électorale fédérale se précipite de publier des candidatures, alors même que les élections des ligues décentralisées font l'objet de contestations et même d'interdictions des autorités administratives.

Comment expliquer que les dirigeants de la Fécafoot comme des hors-la-loi aient décidé de défier les autorités administratives régionales en déportant les élections de certaines ligues régionales (Littoral et Sud) au siège de la Fécafoot? Ou encore de celle du Nord où le corps électoral a été modifié nuitamment, au point que la Commission électorale régionale ait refusé de procéder à l'identification des délégués? Ce qui a une fois de plus conduit Abdouraman Hamadou à saisir la Commission fédérale pour demander l'annulation desdites élections. C'est dans une telle ambiance électrique que l'on s'achemine allègrement vers des élections fédérales programmées pour le 25 mai 2013. Même si, de sources plutôt bien introduites à la Fécafoot, on indique que la bande à Iya Mohammed envisage de reporter cette date de quelques semaines supplémentaires, afin de l'organiser à Garoua où Iya Mohammed espère compter sur les soutiens des autorités administratives et des forces de maintien de l'ordre. La première option est redoutée par l'équipe sortante de la Fécafoot qui craint qu'en allant au-delà du 25 mai 2013, le gouvernement décide de mettre sur pied un Comité provisoire de gestion. Des indiscrétions font état de ce que même si un Cpg n'était pas mis en place, il ne sera pas autorisé l'organisation des élections fédérales de la Fécafoot, eu égard au climat de revendications et de contestations qui pourrait incidemment polluer les deux matches qualificatifs de la Coupe du Monde 2014, que les Lions indomptables disputent en juin prochain. Devant cette incertitude que le seul challenger d'Iya Mohammed, par ailleurs son 1er Vice-Président, John Begheni Ndeh et ancien Ministre des Transports a décidé de faire l'actualité. En introduisant un recours aux fins de rejet de la candidature de Monsieur Iya Mohammed au poste de Président de la Fécafoot.

II- L'argumentaire indéboulonnable

Un recours qui s'accompagne d'un solide dossier dans lequel se trouve un bordereau de pièces constitués de: - La note d'information n° 002/PR/CONSUPE/CAB relative aux décisions prises par le Conseil de discipline budgétaire et financière (Cdbf)en date du 27 mars 2013 et concernant la gestion de la Société de développement du Coton (Sodecoton) pour la période allant de 2005 à 2010;

- La loi N° 74§18 du 05 décembre 1974 relative au contrôle des ordonnateurs, gestionnaires et gérants des crédits publics et des entreprises d'Etat, telle que modifiée par la loi N°76/4 du 8 juillet 1976; - le décret N° 2008/028 du 17 janvier 2008 portant organisation et fonctionnement du Conseil de discipline budgétaire et financière. Cette batterie de pièces vise à soutenir l'argumentaire selon laquelle Iya Mohammed qui fait partie de la short list retenue par la Commission électorale fédérale, «ne remplit pas toutes les conditions d'éligibilité au poste de Président de la Fécafoot».

Il soutient cette position par la décision du Cdbf du Consupe qui a reconnu «Iya Mohammed débiteur envers ladite entité de la somme de 9 052 078 692 FCFA représentant le préjudice financier subi par la Sodecoton». Et par ailleurs prononce à son endroit, «une déchéance valant interdiction, pour une durée de sept ans, d'être responsable de l'administration ou de la gestion des services publics ou des entreprises, à quelques titres que ce soit». Partant de cette décision et au regard de l'article 27 alinéa 3 du Code électorale de la Fécafoot ainsi que l'article 35 alinéa 1 des statuts de la Fécafoot portant sur les conditions générales d'éligibilité précise que, «tout candidat au poste de Président ou, de membre du Comité exécutif de la Fécafoot doit remplir les conditions d'éligibilité suivante: n'avoir pas été convaincu de malversation financières; - ne s'être jamais vu refuser quitus de sa gestion (...). Or il est claire que selon l'article 6 de la loi créant le Contrôle supérieur de l'Etat «est considérée comme irrégularité au sens de la présente loi toute faute de gestion commise dans une entreprise d'Etat et préjudiciable à la puissance publique, ne ressortissant pas nécessairement de la compétence des Tribunaux répressifs ou de commerce».

Et dans son argumentaire, John Begheni Ndeh soutient que «la Commission électoral fédérale de la Fécafoot ne saurait ne pas lui donner raison par le fait que, les malversation financières retenues contre Iya Mohammed dans le cadre de sa gestion de la Sodecoton n'ont aucun lien avec sa gestion de la Fécafoot dans la mesure où, l'article 35 (1) susvisé n'a posé aucune spécification sur la nature publique ou privée de l'institution ou de l'organe victime des malversations financières constatées». Surtout que l'Assemblée générale qui ne l'a pas précisé pour l'élection du Président de la Fécafoot, l'a précisé dans le statut spécial des ligues régionales, départementales et d'arrondissements adopté en 2010. En son article 10 (1) il stipule que: «les conditions d'éligibilité du Président et des autres membres du Conseil régional, départemental ou d'arrondissement sont les suivantes: (...) — n'avoir pas été convaincu de malversations financières soit en qualité de responsable chargé d'opérations financières à la Fécafoot, soit en qualité de représentant d'un membre de la Fécafoot». On comprend que Jean Claude Alima, Juge à la Cour Suprême, aura tout le mal de sauver la candidature d’Iya Mohammed. Appelé à dire le droit, il ne s'aurait même sur le fait qu'il a été désigné par le Président sortant de la Fécafoot, tordre les textes.

© Mathieu Nathanaël Njog | Aurore Plus

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Date de dernière mise à jour : 17/05/2013