Achille Webo, les Lions indomptables du cameroun et le Mondial 2014

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                                                                                             Achille Webo

Footballeur dont la titularisation en équipe nationale suscite de plus en plus de polémiques au sein des supporters et de la presse, il a décidé de s’ouvrir à ses « bourreaux » hier lundi 18 novembre 2013. Une heure chrono pendant laquelle l’un des héros du match Cameroun-Tunisie de dimanche dernier s’est exprimé sur ses performances, ses rapports avec ses coéquipiers et son avenir avec les Rois de la forêt.

Ceux des journalistes de la presse sportive qui ont répondu à l’invite d’Achille Webo hier à l’hôtel Mont Fébé, pensaient que ce dernier annoncerait (enfin) sa retraite internationale. Que non ! C’est mal connaître l’attaquant de Fenerbache, que de croire qu’il mettrait fin à sa carrière au sein des Lions, au moment même où ceux-ci viennent d’obtenir leur ticket qualificatif pour le Mondial 2014. Choisir de louper une aussi prestigieuse compétition ne taraude pas encore l’esprit du dossard 15 des fauves. « Pourquoi prendrais-je ma retraite ? J’ai du respect pour mon pays et aussi pour le drapeau que nous défendons », précise d’emblée l’homme qui a ouvert le score la veille face à la Tunisie (4-1).

Lui qui a décidé de briser le silence dans lequel il s’est claquemuré depuis quelques années, alors qu’il est la cible de nombreuses critiques venant des fans des Lions indomptables et même de la presse. Et comme pour sonner le gong de la réconciliation, l’ancien sociétaire de Majorque commence par remercier les Hommes de médias pour leur soutien inconditionnel «Je dis merci à la presse, parce que nous avons besoin de vous, vous avez besoin de nous ; ça s’est bien passé pour ce stage, ça s’est bien passé pour ce match, les résultats sont là. Tout ce mois-ci, ça s’est bien passé, on a eu un match de référence qui était celui d’hier. De là, on peut faire beaucoup de choses», confesse-t-il.

Le goléador du club turc, conscient de ce que son rendement et ses performances en dents de scie en sélection nationale sont sujet de polémiques récurrentes (il a inscrit 18 buts, à des intervalles irréguliers Ndlr), reconnaît aussi que «les critiques sont bonnes quand elles sont constructives», mais souhaite qu’elles soient fondées et légitimes.

« Je ne vous demande pas de nous protéger, mais cherchons tous ce qui est bien pour l’équipe et pour notre pays. Il faut que les critiques soient footballistiques (…) que cela ne puisse pas blesser la famille, les proches et même l’équipe », conseille-t-il. Interrogé comme il fallait s’y attendre sur la nature de ses rapports avec Samuel Eto’o, l’orateur qui tente de comprendre la démarche de « son mentor », salue au passage l’œuvre du « 9 » au sein et en dehors de l’équipe nationale. «Il peut avoir sa façon de dire certaines choses et que les gens le prennent mal mais c’est notre capitaine à tous. C’est d’ailleurs le meilleur attaquant avec lequel j’ai joué dans ma vie», confie-t-il, en faisant allusion à toute la bataille que le goléador a menée pour lui ces dernières années. Pour Webo, «Samuel est toujours quelqu’un de positif, qui veut du bien du Cameroun. Il protège ses coéquipiers. Il a toujours défendu la bonne cause. Pour tout cela, je lui dis grand merci».

L’amour du maillot

Concernant le match de la veille et ce but qui l’a pratiquement réconcilié avec le public, l’ancien joueur de Stade de Bandjoun, auteur d’un triplé historique à Abidjan en 2005, dans le cadre des éliminatoires du Mondial Allemagne 2006 contre la Côte d'Ivoire, révèle que « chaque but en sélection est spécial. C’est un peu comme un ballon d’or pour moi».

Et d’ajouter, «quand je marque, je lève la tête, je dis merci seigneur, j’appelle mes compagnons pour célébrer. Sans eux, je n’aurais jamais marqué. Ça a été très difficile après la Tunisie. Le match d’hier était très important. L’amour d’un maillot, c’est autre chose», confie-t-il. Et le Mondial alors ?

Celui qu’on dit avoir « lavé la malchance » qui le poursuivait depuis cinq ans, estime que le sélectionneur reste le seul maître et qu’il lui reviendra de trancher quant à l’effectif qu’il veut conduire au Brésil. « Je reste un footballeur, quelqu’un qui aime la compétition mais le coach a le dernier mot. Le plus important pour les Lions, c’est d’arrêter les polémiques et de continuer à bosser dur pour faire une prestation plus brillante et moins regrettable que celle du Mondial 2010 en Afrique du Sud », conclut-il.

Christian Tchapmi

@Le Messager

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