Ski: Pinturault déboule à Alta Badia

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Le Français Alexis Pinturault, 21 ans, a produit une telle impression il y a six jours à Val d'Isère, malgré sa 28e place finale, qu'il se pose en épouvantail dimanche au slalom géant d'Alta Badia, un classique de la Coupe du monde de ski alpin. Il est devenu leader.

"Mon nouveau statut ne me dérange pas, même si je ne me sens pas différent des autres", affirme-t-il. "Il a été très bien élévé", intervient Christian Frison-Roche, directeur course chez son équipementier, qualifiant aussi le prodige de Courchevel de "Prost du ski".

Et d'expliquer: "C'est un metteur au point qui sait restituer ses sensations et faire évoluer le matériel. Ca vaut de l'or". "Je commence à comprendre la façon dont il faut skier les nouveaux skis", admet le Savoyard, en référence à la déchirure ligamentaire à la cheville gauche qui l'a écarté quelques semaines et privé d'autant de tests.

Comme "Le Professeur", Pinturault possède des qualités de pilotage hors pair, mais également la touche géniale d'un Ayrton Senna, qui le conduit parfois à la faute. Ce fut le cas dimanche dernier sur la Face de Bellavarde, au lendemain de sa prise de pouvoir en slalom.

Le jeune Français avait pris tous les risques sur une porte en dévers, tout près du but. Il comptait à cet instant plus de deux secondes d'avance sur l'Allemand Stefan Luitz, finalement 2e derrière l'Autrichien Marcel Hirscher. "Il coupe une ou deux lignes. Sur cette piste, on n'a pas le droit", expliquait David Chastan, responsable du groupe technique, néanmoins fier de ce panache.

Il a les défauts de ses qualités: tempérament, prise de risques, la fougue". Il y a un an, Pinturault avait découvert la Gran Risa d'Alta Badia, une pente chargée d'histoire. Il était sorti sur le second parcours.

Cette fois, il revient en conquérant, dans le rôle de co-favori aux côtés de l'Américain Ted Ligety, le champion du monde pétaradant, et de l'acrobate Hirscher. Trois au-dessus du lot? "Il y a eu des écarts importants jusqu'à présent, mais ça peut changer", modère "Pintu", citant par exemple l'Italien Massimiliano Blardone, le spécialiste de l'endroit (3 victoires). "La pression, ça le motive. Il a passé un cap", ajoute M. Frison-Roche. "J'ai fait de gros progrès dans le domaine de la concentration.

Avec ma blessure, j'ai appris des choses sur moi-même", expliquait l'intéressé au soir de son succès à Val. Il n'essaie même plus de gagner tous les entraînements: "Je me rends compte qu'à certaines séances, il faut mettre en place certaines choses techniques". "Ce n'est pas l'argent qui le motive (son père, Claude, possède un hôtel cinq étoiles dans la très chic Courchevel, ndlr).

Son papa l'aide beaucoup. D'ailleurs, ce sont deux gagneurs", remarque encore le M. Frison-Roche. Qui lance enfin: "Un Pinturault, il y en un tous les dix ans, il est de la race des Zurbriggen et des Tomba". Le programme: Dimanche 16 décembre: slalom géant (1re manche 09h30, seconde 12h30)

© 2012 AFP

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