Faut-il se forcer un peu pour faire l'amour ?

« Dans l’absolu, il ne faudrait jamais avoir à se forcer. Toutefois, si nous attendons d’être dans le même état d’excitation qu’au début de notre histoire, quand le désir était là sans que nous n’ayons rien à faire, nous n’allons pas faire l’amour fréquemment ! Le soir, nous avons plus souvent envie de dormir que de batifoler, et le matin, pas vraiment le temps ni la tranquillité d’esprit pour le faire.

Sans employer le terme de “se forcer”, parlons plutôt d’une volonté de ne pas laisser s’endormir notre désir, en le poussant un peu par un travail d’anticipation : se voir en train de faire l’amour, par exemple, déclenche souvent l’envie. Et dans l’action, nous nous rendons compte que nous n’étions pas si épuisés et que c’est délicieux. Comme lorsque nous allons au théâtre en traînant un peu les pieds et finissons par passer une soirée formidable ! Mais attention, si se forcer pour lutter contre sa paresse est bénéfique, faire l’amour en cédant à la pression est un vrai tue-l’amour.

Lorsque l’un se contraint par peur que l’autre s’en aille ou fasse la tête, il développe de la rancoeur, et cette agressivité non exprimée déclenchera des guerres sur d’autres sujets… Ou bien, si la femme accorde ses “faveurs” pour faire plaisir à son compagnon, comme elle donnerait une récompense à un petit garçon, elle s’installe dans une position maternelle, peu propice à l’excitation sexuelle de l’un et l’autre. Quoi qu’il en soit, quand homme et femme ne savent pas dire non, leur corps finira par le faire pour eux, avec un problème d’érection et une éjaculation précoce pour le premier, une absence de lubrification et d’orgasme pour la seconde… »

Catherine Blanc est notamment l’auteure de La sexualité des femmes n’est pas celle des magazines (Pocket, “Évolution”, 2009).

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 15/12/2012