Le diabete

Diabète (1) : l’autre fardeau de l’Afrique (MFI) Longtemps considéré comme une maladie de pays pléthoriques, le diabète est devenu en quelques années un problème de santé publique en Afrique. Il se développe en effet à une vitesse inquiétante, particulièrement parmi les populations urbaines qui s’occidentalisent et ont tendance à prendre du poids du fait d’un manque d’exercice et d’un changement d’alimentation. Le Sénégal, qui recense 2 000 cas par an, n’échappe pas à une progression inquiétante de la maladie, indique le Pr Saïd Nourou Diop, directeur du Centre diabétique de Dakar. Mauvaises habitudes alimentaires, pauvreté, tabous alimentaires et analphabétisme sont selon ce spécialiste les principaux freins à une information correcte sur les risques du diabète ou simplement sur la façon de le dépister. Au Mali, même son de cloche. A Bamako, le diabète est un problème de santé publique (il constitue selon les médecins la deuxième cause d’hospitalisation après le VIH) et représente plus de 95 % des consultations en médecine interne. La fréquence du diabète en Afrique est évaluée entre 1 et 6 % de la population sub-saharienne (en Europe, 3 %) et de 6 à 10 % en Afrique du Sud ; on estime à environ 5 millions le nombre de diabétiques sur le continent. Mais ces chiffres demeurent des estimations tant le dépistage et le suivi sont rares. Faute de dépistage, la maladie peut évoluer sans symptôme ; les malades ne s’alertent souvent que lorsque surviennent les premières complications, 10 ou 15 ans plus tard. Les diagnostics en Afrique sont donc fréquemment tardifs et les complications très répandues. A ce niveau de développement de la maladie, la prise en charge coûte évidemment très cher au malade, à sa famille et au système de santé.

300 millions de malades en 2025

Le nombre de diabétiques dans le monde était de 30 millions en 1985 et l’OMS prévoit qu’ils seront 300 millions en 2025 alors qu’on en dénombre actuellement autour de 150 millions. Les épidémiologistes parlent d’une « épidémie de diabète » qui devrait surtout toucher les pays en développement. Il est frappant de constater que la maladie atteint surtout des populations qui ont été sujettes pendant des siècles, voire des millénaires, à des difficultés d’alimentation. Parmi ces populations, celles qui résistaient le mieux aux périodes de disette ont été touchées de plein fouet. Il s’agit essentiellement d’individus qui avaient la capacité de stocker des réserves énergétiques pour faire face aux épisodes de disette. Leurs gènes se sont ainsi adaptés au fil des siècles pour leur permettre de survivre, mais ce qui était un avantage certain en temps d’insécurité d’approvisionnement est aujourd’hui devenu un handicap. Les conditions d’alimentation actuelles se sont installées en à peine quelques décennies, un temps nettement insuffisant pour que les gènes de ces individus s’adaptent à l’abondance d’aliments accessibles. Ces modifications extrêmement rapides de l’environnement conduisent nombre de ces individus vers l’obésité et le diabète.

Le diabète en Afrique : Une maladie sournoise et dévastatrice, très facile a prévenir Dr Armand NGHEMKAP Pour de nombreuses personnes en Afrique, le diabète n’est pas une préoccupation majeure, d’autant plus que le paysage sanitaire est très souvent dominé par la misère, la pauvreté et le fardeau des maladies infectieuses telles que le Paludisme, le VIH/SIDA et même le Choléra comme actuellement au Cameroun. Pourtant selon l’OMS et la FID (Fédération Internationale du Diabète), plus de 12 millions d’Africains sont atteints du diabète et ce chiffre, en constante augmentation, devrait même doubler dans les 20 prochaines années. Plus dramatique encore, 80 % de ces personnes souffrantes du diabète en Afrique, ne se sentent pas malades et sont ainsi non diagnostiquées. Avec une telle morbidité, il faut s’en résoudre. Le diabète est en Afrique, un véritable problème de santé publique. De ce fait, les stratégies de prévention et de dépistage se posent avec acuité, d’autant plus que la prise en charge curative est rendue complexe par les difficultés sanitaires et socio-économiques. Pathologie sournoise, très dévastatrice qui n’épargne aucune classe d’âge avec une évolution lente et continue, le diabète survient à la suite d’un trouble du métabolisme des sucres apportés par l’alimentation et ceci, du fait d’une insuffisance de production d’une hormone essentielle: l’insuline, hormone produite par le pancréas et indispensable à l’utilisation et au stockage des sucres (glucose) dans l’organisme. La concentration du sucre dans le sang se trouve par conséquent très élevée. Il existe deux sortes de diabète. Le diabète insulino-dépendant ou diabète de type 1, qualifié également de diabète « maigre », qui survient plus volontiers chez les enfants, les adolescents et les adultes de moins de 40 ans dont le pancréas ne sécrète plus d’insuline. Cette forme de diabète touche environ 10% de diabétiques dont seules les injections régulières d’insuline sont susceptibles de rétablir le bon fonctionnement de l’organisme. Le diabète non insulino-dépendant ou diabète de type 2, encore appelé diabète « gras », qui s’observe surtout chez les individus dans la force de l’âge, très souvent gros mangeurs et dont la surcharge en poids rend progressivement le pancréas dans l’incapacité de sécréter de l’insuline. Il touche 90% de diabétiques qui n’ont pas nécessairement besoin de se piquer à l’insuline pour équilibrer leurs chiffres glycémiques et qui de ce fait peuvent se contenter d’un régime sans sucre adapté et d’un traitement par des comprimés dit antidiabétiques oraux pour se soigner. Toutefois, le diabète gras présente généralement très peu de signes. On le découvre très souvent de façon fortuite lors d’une analyse sanguine ou urinaire qui peut être réalisée au cours d’un examen médical complet. Aussi, votre attention doit être attirée par certains signaux d’alerte. Les signes révélateurs. Je ne saurai jamais insister sur le fait que le diabète débute insidieusement avec une évolution lente mais continue. Un délai de 7 ans environ s’écoule très souvent entre le moment où la glycémie apparaît anormalement élevée dans l’organisme du patient et le moment où le diagnostic du diabète est révélé. Bien connaître les signes annonciateurs prend ici toute son importance. En effet, le diabète peut se révéler par 4 signes principaux : – Vous urinez beaucoup et fréquemment afin d’éliminer le sucre en excès dans votre sang. On parle de polyurie dans le jargon médical. – Vous buvez beaucoup d’eau et sans cesse avec une soif excessive impossible à étancher du fait que vous urinez beaucoup. On parle de polydipsie dans le jargon médical. – Vous avez une sensation de faim excessive du fait de l’inutilisation du glucose par les tissus de votre organisme. – Vous maigrissez rapidement et vous éprouvez une grande fatigue du fait que votre organisme est réduit à puiser dans ses ressources et à utiliser en excès les graisses et protéines pour les transformer en glucides. Ces signes d’alerte sont plus marqués dans le diabète maigre que dans le diabète gras où ils peuvent même être inexistants pendant longtemps. Très souvent, le diabète est découvert au stade d’acido-cétose qui correspond à un excès de corps cétoniques dans l’organisme du fait de la transformation par défaut des graisses en glucides. L’acido-cétose diabétique peut se compliquer d’un coma acido-cétosique qui est à l’origine du décès de la majorité des patients diabétiques. Prévention et Dépistage. La prévention repose essentiellement sur la lutte contre la surcharge en poids, la mauvaise hygiène de vie et le manque d’activités physiques qui font trop souvent le lit du diabète. Quant au dépistage, si vous êtes obèse, sédentaire ou si vous avez dans votre famille des diabétiques, je vous conseille de faire une fois par an un dosage de votre taux de sucre dans le sang, ne serait-ce que pour se rassurer. Le prélèvement d’une goutte de sang au bout de votre doigt suffit largement avec un résultat immédiat. A jeun, le taux de sucre dans le sang ne doit pas dépasser 1,26 g/l. La vie du diabétique La vie du diabétique dépend de l’insuline. En Afrique, beaucoup de personnes, y compris les enfants, meurent d’acido-cétose diabétique par manque d’insuline. Beaucoup d’autres souffrent de graves complications du diabète telles que les rétinopathies diabétiques à l’origine de cécités visuelles irréversibles, les artériopathies diabétiques à l’origine d’amputations de membres, les néphropathies diabétiques à l’origine de graves insuffisances rénales exigeant un recours à la dialyse pour la survie du diabétique. L’Afrique étant le continent qui dépense le moins en soins de santé liés au diabète, les différents décideurs et acteurs politiques devraient tout mettre en œuvre pour garantir une accessibilité financière et géographique de l’insuline à chaque Africain diabétique, par une actualisation des politiques de Santé Publique qui intègrent des Programmes Nationaux de Lutte contre le Diabète (PNLD). La PREVENTION et le DEPISTAGE restent la pierre angulaire de la prise en charge précoce du Diabète en Afrique, étant entendu que le Diabète en Afrique, reste et demeure une maladie sournoise, très dévastatrice, difficile à guérir mais très facile à prévenir. Dr NGHEMKAP Armand Médecin des Hôpitaux 02200 SOISSONS (France) e-mail : nghemkap@yahoo.fr

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Date de dernière mise à jour : 02/12/2012