Cancers de la prostate : il y aura plus de chimiothérapie, plus tôt

De la chimiothérapie, plus tôt, c’est mieux pour certains cancers de la prostate. La prise en charge de ce cancer le plus fréquent chez l’homme, qui frappe plus de 55 000 nouvelles personnes chaque année en Frances et en tue 8000, va changer en ce sens d’ici quelques mois.

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ILLUSTRATION.  Des chercheurs de l'Institut Universitaire du Cancer de l'Inserm à Toulouse.  AFP/PASCAL PAVANI

C’est ce qui résulte au congrès de l’Asco, grand messe mondiale annuelle de la cancérologie, qui se tient jusqu’à mardi à Chicago.Trois études, dont la première baptisée GETUG 12, menée en France et coordonnée par le professeur Karim Fizazi, de Gustace-Roussy à Villejuif (Val-de-Marne) et publiée dans la revue «Lancet Oncology», ainsi qu’un essai américain, dévoilé ce samedi, et une étude anglaise attendue dimanche, convergent en effet dans le même sens.

Le cancer de la prostate est réputé d’évolution lente et depuis dix ans se traite généralement toujours selon la même procédure. Lorsque la tumeur est localisée, traitement local : chirurgie suivie d’hormonothérapie lorsque la tumeur est jugée agressive. Les formes métastatiques, elles sont traitées depuis 70 ans environ par de l’hormonothérapie seulement, et la chimiothérapie, inévitable corollaire de nombreux autres cancers, n’est réservée qu’aux cas réfractaires.

Les trois études qui vont changer la donne démontrent que lorsque le cancer de la prostate est jugé à haut risque (localement avancé ou à risque de rechute) - ce qu’il est à peu près dans un cas sur cinq - ajouter dès le départ un traitement chimiothérapique de 18 semaines (à base de Docetaxel) apporte un bénéfice considérable, en augmentant la survie sans rechute (62% de survie à huit ans dans l’étude française, 73 % à 5 ans dans l’étude américaine). « Un bénéfice obtenu sans toxicité supplémentaire à long terme pour les patients », relève en outre Karim Fizazi, sûr que l’ensemble de ces résultats vont faire évoluer la prise en charge.

Claudine Proust  @http://www.leparisien.fr

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