Cameroun - Vih-Sida: La leçon de Douste-Blazy à Mama Fouda

En visite au Cameroun, le conseiller spécial du Sg de l'Onu recommande une meilleure gestion des stocks d'Arv. Arrivé mardi soir à Yaoundé pour une visite de travail, Philippe Douste-Blazy a été reçu hier par le ministre de la Santé publique (Minsanté) André Mama Fouda.

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L'entretien entre les deux hommes a porté sur les recherches stratégiques pour la lutte contre le Vih-sida au Cameroun dans le cadre du partenariat entre le gouvernement camerounaise et Unitaid, l'organisation que préside aujourd'hui l'ancien ministre français des Affaires étrangères. L'une des retombées de ce partenariat est la baisse des coûts des antirétroviraux (80% pour les enfants et 60% pour les adultes infectés). Seulement voilà ; malgré cela, les multiples pénuries observées ces dernières années dans le pays - la plus récente remonte à février dernier - viennent mettre en danger les 120.000 personnes vivant avec le vih-sida (Pvvih) éligibles aux Arv (chiffre officiel de 2012).

L'urgence est d'ailleurs là, puisque la disponibilité des An/ court jusqu'en octobre 2014. Pour résorber le problème, le conseiller spécial du secrétaire général des Nations Unies en charge des sources novatrices de financement du développement a recommandé la mise en place d'un «système robuste» pour mettre un terme aux ruptures de stocks souvent décriées par les associations de Pvvih. Une recommandation faite au cours de la séance de travail avec les partenaires techniques et financiers tenue dans la salle de conférence du Minsanté. Selon le Minsanté, l'idée de la création d'un fonds d'achat pour assurer l'approvisionnement continu des Arv a été validée par le comité inter-ministériel élargi aux partenaires.

Toutefois, le problème *se pose dans l'identification des ressources qui alimenteront ce fonds, dit-il. Unicef Pour contourner le 'problème, l'ancien ministre français de la Santé pense que les financements peuvent provenir A travers une taxe instaurée sur les télécommunications, les compagnies pétrolières, les ressources extractives, etc. A l'exemple de la taxe sur les transactions financières adoptée en 2012 par la France et qui reverse 10% au développement. «Un microscopique prélèvement sur ces ressources pourrait aider à sauver des vies», a-t-il dit. Cette taxation ne serait pas une nouveauté au Cameroun, puisque le pays prélève déjà une quote-part de 10% des recettes de timbres d'aéroport sur les vols internationaux pour l'achat de médicaments.

A cet effet, notre pays a contribué au fonds d'Unitaid à hauteur de 692 millions de FCFA sur la période allant de 2008 au 30 juin 2012, apprend-on. Des fonds qui ont permis de soigner 100.000 enfants l'année dernière dans le monde, dont près de 10.000 enfants atteint de sida au Cameroun depuis le début du partenariat avec Unitaid. C'est au pas de course que Philippe Douste-Blazy, accompagné de quelques journalistes français et de la représentante du bureau régional du Fonds des Nations-Unies pour l'enfance (Unicef) pour l'Afrique de l'ouest et du centre, Félicité Tchibindat, et la représentante pays de l'Organisation mondiale de la santé (Oms) Charlotte Faty Ndiaye, a visité l'hôpital de district de la Cité-Verte.

Cette formation sanitaire a bénéficié des Arv et antibiotiques et des tests de diagnostic du Vih/sida financés par Unitaid, dans le cadre d'une initiative lancée en 2007 conjointement avec l'Unicef afin d'ai¬der à développer à grande échelle, les programmes nationaux de prévention de la transmission du sida de la mère à l'enfant dans 8 pays africains. Cette journée marathon l'a également mené au Centre international de référence Chantal Biya (Circb), au centre mère et enfant de la fondation portant le nom de la première dame camerounaise, à l'hôpital central et la Centrale nationale d'approvisionnement en médicaments et consommables médicamenteux essentiel (Cename). «Je suis venu m'assurer de la pérennité des traitements pour les enfants atteints de sida, mais aussi pour les adultes. Il est très important de comprendre qu'il ne sert à rien de soigner un enfant malnutri s'il est atteint de sida. Grâce à l'Unicef, je suis aussi venu parler de ce problème la aussi», a-t-il indiqué, justifiant par là sa visite.

© PATRICLA NGO NGOUEM | Mutations<

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