Remaniement ministériel: Figures de potentiels Premiers ministres

Qui pour succéder à Philémon Yang à la tête du gouvernement? La question ne se poserait plus en termes de probabilité dans les cerces du pouvoir, tant la santé précaire de l'actuel titulaire du poste, présentement en évacuation au Canada, aurait amené le Chef de l'Etat à envisager un remaniement ministériel dans les jours qui viennent. Mais seulement, le nom du futur Pm reste tributaire du pouvoir discrétionnaire du Président de la République, qui le nomme et le révoque, conformément à la constitution. Mais la réserve constitutionnelle n'éclipse pas lès spéculations les plus folles sur le choix probable du Chef de l'Etat.

De ces conjectures, certains filtres laissent entendre que Paul Biya aurait opté de recourir à un ressortissant de la région du Sud-ouest pour remplacer Philémon Yang dans le prochain gouvernement de la République. Ce faisant, il resterait en conformité une règle non écrite qui veut que le poste soit occupé par un ressortissant de la partie anglophone du pays chaque fois que le perchoir de l'Assemblée nationale est tenu par un ressortissant du Grand-nord. Une pratique qui a permis de préserver l'équilibre régional dans le contrôle des différents pouvoirs de l'Etat. Mais selon toute vraisemblance, c'est la psychose provoquée dans la région par l'emprisonnement de Chief Inoni Ephraïm, le dernier Pm issu du Sud-ouest, sorti du gouvernement en septembre 2009, qui pourrait amener le Chef de l'Etat à recruter un autre fils de la région.

Et pour cause, selon de nombreuses notes confidentielles parvenues au Chef de l'Etat, la mise aux arrêts de l'ex-Pm, par ailleurs chef traditionnel parmi les plus respectés du Sud-ouest, a créé un véritable désamour entre les fils et filles de la région et le pouvoir de Yaoundé. Il semble, à en croire nos sources, qu’on avait redouté il y a quelques mois, des manifestations publiques de protestation, mais la grogne avait été étouffée par Inoni Ephraïm lui même, qui n'aurait pas jugé opportune une telle manifestation. Néanmoins, les populations du Sud-ouest sont loin de décolérer, manifestant peu d'enthousiasme à la défense de la cause de la république.

C'est l'organisation du cinquantenaire de la réunification du Cameroun, initialement prévue avant la fin de l'année qui s'achève, qui aurait servi de baromètre à la froideur du Sud-ouest dans l'animation de la vie publique. Beaucoup d'observateurs estiment que sa non-tenue cette année encore est liée en partie au manque d'engagement des élites de la région, peu enclines à prendre part aux réunions préparatoires. Peter Agbor Tabi Manifestement, le pouvoir de Yaoundé chercherait à redorer son blason auprès d'une région qui a toujours su lui vouer loyauté et fidélité, et qui a fourni deux Chefs du gouvernement à la république, Peter Mafany Musonge avant Inoni Ephraïm. Resterait à déterminer le titulaire du poste.

Et les candidats aux profils se bousculeraient dans l'entourage du Chef de l'Etat. Il s'agit pour la plupart d'intellectuels de haut vol, des pontes confirmés du régime. Trois sortiraient actuellement du lot. On parle par exemple de John Ebong Ngolle, Directeur général de la Société camerounaise des Palmeraies (Socapalm). Présenté comme un technocrate chevronné, ceux qui au sein du sérail le propulsent en font un modèle de rigueur qui a réussi à sauver la Socapalm des bourrasques de la libéralisation. Son nom avait déjà été cité en 2004 lorsqu'il fallait remplacer Peter Mafany Musonge à l'immeuble Etoile.

Son principal atout est sa forte discrétion dans le champ politique, où il préfère rester à l'ombre des autres élites de la région. La deuxième non évoqué est celui de Dorothy Djeuma. Actuellement membre du conseil électoral d'Elecam, elle offre un cursus professionnel assez étoffé. Ancien Vice-Chancellor de l'Université de Buée, elle aussi dirigé l'université de Yaoundé 1, avec à chaque passage, des résultats probants. Membre très actif du Rassemblement démocratique du Peuple camerounais au pouvoir, sa principale chance tient à son genre féminin, et elle pourrait être la première dame Chef du Gouvernement, pour autant que Paul Biya opterait de pousser plus loin sa politique de promotion de la Femme.

Avant le remaniement ministériel de décembre 2004, son nom avait aussi circulé au point de faire l'objet d'une révélation médiatique finalement non confirmée. Cette fois serait-elle la bonne? On attend de savoir. Mais d'après des indiscrétions dignes de foi, c'est bien Victor Agbor Tabi, Secrétaire adjoint à la présidence de la République, qui serait en pôle position des virtuels successeurs à Philémon Yang. Ce serait le couronnement d'une marque de confiance dont il jouit auprès du Chef de l'Etat depuis son retour aux affaires il y'a quelques années, après plusieurs autres hibernations, suite à son départ du ministère de l'Enseignement supérieur.

A en croire nos sources, il fait partie des responsables du Secrétariat général de la Présidence de la république les plus écoutés du Chef de l'Etat. Présenté comme un technocrate émérite, il est sans doute la personnalité politique du Rdpc la plus en vue du Sud-ouest de l'heure. En faveur de son choix probable, d'aucuns parlent de l’influence sournoise de certains milieux ésotériques dans lesquels Agbor Tabi serait d'un activisme certain. Mais surtout, le choix de Peter Agbor Tabi viendrait confirmer l'option prise par Paul Biya depuis quelques temps d'envoyer à l'Immeuble Etoile un de ses proches collaborateurs. C'était déjà les cas d’Inoni Ephraïm en 2004 et Philémon Yang en 2009.

Source: Sans Detour

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