Tripatouillage à l’ENAM: Un candidat admissible dénonce la mafia

2 semaines déjà qu’un nouveau concours d’entrée à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) a été lancé. Pourtant, il subsiste encore des incertitudes et un manque de clarifications au sujet dudit concours, lancé pour le compte de l’année 2013.

Enam 1

Le cas d’un jeune homme qui s’est vu déclarer admissible à l’écrit et dont le nom a été remplacé par un homonyme après les épreuves orales. Enquête. Hamidou Amadou, puisqu’il s’agit de lui, se voyait déjà arborer les costumes chic et autre badge pour enfin franchir les grilles d’entrée de l’Enam. Malheureusement pour lui, son rêve s’est mué en cauchemar, alors que tout semblait bien aller. Au mois de mars 2013, un concours d’entrée à l’Enam est lancé. En avril de la même année, le jeune Hamidou Amadou, né le 22/09/1987 à Mindif, compose un dossier pour le concours d’entrée dans la division administrative, section administration générale. Il reçoit un récépissé de dépôt, dont le numéro d’identification est 5886, correspondant au dossier n° M275 daté du 08 avril 2013.

Après la première phase du concours dite écrite, le jeune homme est bien déclaré admissible, comme en témoigne la rubrique annonces, page 20 du quotidien gouvernemental Cameroon-tribune du mardi 30 juillet 2013. Sur la liste des personnes déclarées admissibles affichée à cet effet, il occupe la 42ème place. De ce fait, il est autorisé à passer les épreuves orales d’admission le samedi 03 août 2013. Curieusement, à la lecture de l’arrêté du 07 août 2013 du ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative (Minfopra) portant publication des résultats d’admission au cycle « A » des divisions administratives et des régies financières de l’Enam, le candidat dit avoir « suivi » son nom. Mais, « Comme il faut toujours se rassurer, je décide de me rendre à l’Enam pour vérifier par moi-même. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je me rends compte que le nom inscrit sur la liste n’est pas le mien ! Pourtant, je n’ai eu aucun homonyme sur la liste des admissibilités », se plaint-t-il.

Curiosités

En effet, sur ladite liste, on peut lire à la 27ème place : « Hamidou Hamadou né(e) le 29/03/1987 ». Chose curieuse en effet, car le jeune homme jure ne pas avoir eu d’homonyme, depuis l’affichage des premières listes au sujet des personnes censées présenter le concours dans cette section. Comment se fait-il alors que subitement, au moment de la publication des listes définitives « portant admission des élèves en 1ère année du cycle « A » des divisions administratives et des régies financières de l’Enam », son nom connaît l’ajout d’un « h » supplémentaire, et même que, la date de naissance est précisée, chose qui n’a jamais été faite depuis le début. Or, « lorsque sur une même liste de concours, on a 2 noms similaires, on précise les dates de naissance pour éviter toute confusion à la fin. Mais cela est fait dès le début, pas au cours du déroulement de l’examen, encore moins à la fin », éclaire un expert. Ce n’est pourtant pas ce qui a été fait.

Aucune démarche de ce genre n’a été faite au début, mais seulement à la fin. On est donc en droit de se demander par quelle alchimie une telle « erreur » a pu se produire. Ce d’autant plus que, clame Amadou, « si effectivement j’avais eu un homonyme, je crois qu’on se serait assis côte à côte. J’étais le seul Hamidou Amadou de ce concours cette année, en tout cas, pour ce qui est de cette section tout au moins ». A l’issue de ce qu’il a lui-même considéré comme une erreur, le candidat Hamidou Amadou a en date du 14 août 2013, adressé un recours gracieux préalable au Minfopra, jusqu’à épuisement du délai imparti à cette procédure, soit 03 mois. Malheureusement, il n’a eu aucune suite favorable à cette requête. Face à la situation, il a saisi le juge du contentieux, garant du droit administratif, « pour qu’un rétablissement soit fait », mais, toujours rien. A bout, il a même tenté une démarche, via un huissier de justice à l’endroit du directeur général de l’Enam et du Minfopra, mais, il n’a toujours pas eu satisfaction.

Impuissance

Aujourd’hui, de guerre lasse, espérant toujours trouver solution, il en parle à chaque fois qu’il en a l’occasion. C’est ainsi que, dans une certaine logique, pour comprendre ce qui peut être à l’origine d’une telle situation et ce qui a pu réellement se passer, Le Messager a tenté de rencontrer le directeur général de l’Enam et le Minfopra. Après plusieurs rendez-vous, non honorés par les responsables de l’Enam, nous aurons finalement le responsable de la cellule de communication au téléphone qui, au sujet du dossier, à parlé « d’élucubrations et de balivernes ». En gros, que la situation dont le jeune homme fait fréquemment allusion est inexacte et ne mérite pas que leur institution y perde davantage de temps. Au Minfopra où le responsable de la cellule de communication a été saisi pour initier une rencontre avec à défaut du Minfopra, tout autre responsable qui pourrait apporter une explication à ce qui se passe exactement, de rendez-vous en rendez-vous, le reporter n’a jamais été rappelé. Et ses tentatives multiples pour avoir à nouveau ce responsable se sont avérées vaines.

@LeMessager /Florette MANEDONG

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