Sélection: Cafouillage dans la correction du BTS

Des correcteurs accusent la commission nationale de l'organisation des examens de privilégier de hauts responsables du Minesup et du Minesec.

Dimanche, 07 juillet 2013, de nombreux enseignants-traînaient encore dans les couloirs de la salle polyvalente de l'Ecole supérieure polytechnique de Yaoundé, au quartier Melen. Ils attendent d'entrer en possession des copies du brevet de technicien supérieur (Bts) pour la session de 2013. Sur les 500 enseignants sélectionnés par la commission nationale d'organisations des examens au Ministère de l'Enseignement supérieur (Minesup), environ 90 traînent dans les couloirs de l'Enspt, centre national de corrections du Bts: «Je suis là depuis 8h et j'attends toujours que l'on me donne des copies pour correction.

Je vois des collègues passer avec les paquets de copies. Mais hélas, c'est compliqué», affirme Tchamba Samuel, enseignant d'histoire, rencontré sur place. Comme lui, nombreux sont les correcteurs sélectionnés qui, au bout de plusieurs heures d'attente, rentrent chez eux. Selon les explications des correcteurs rencontrés sur place, un cafouillage règne autour de la sélection des correcteurs du Bts. Pour eux, la plupart des enseignants sélectionnés pour la correction du Bts sont des responsables du Ministère de l'Enseignement supérieur. Rien à voir avec la liste affichée à l'Enspt.

200 copies

Avis que ne partage pas le Président de la Commission national de l'organisation des examens au Minesup. Selon Pegnyemb, le Directeur des accréditations universitaires et de la qualité, «la sélection des correcteurs s'est faite sur candidature des enseignants titulaires du bac + 05. Je ne connais aucun des enseignants correcteurs. Je sais que chaque correcteur a droit à 200 copies selon sa filière. Il n'y a pas de Directeur, encore moins de haut responsable dans les corrections», explique-t-il. D'après lui, les 26 commissions des jurys d'harmonisation ont été mises sur pied pour faciliter la correction des copies.

Des descentes ont été organisées dans les différentes salles de corrections en compagnie du reporter du Jour. Ici, un groupe d'enseignants d'histoire et de français s'est constitué pour poser leur problème au Président national du jury du Bts. La rencontre tourne court. Il demande aux enseignants d'attendre l'arrivée des copies. «Tout est mal organisé depuis l'entrée en scène de la Commission nationale de l'organisation des examens. Ils se choisissent entre eux. Nous sommes 110 enseignants de français sélectionnés pour cette session, certains se retrouvent avec 500 copies, d'autres n’ont aucune copie. C'est pas normal», lance Mama Saidou Tcharé, enseignant de français parti de la région du Nord. Pour la session 2013, 500 enseignants ont été mobilisés pour la correction de 14.000 copies. La correction d'une copie coûte à la Commission nationale de l'organisation des examens la somme de 500 FCfa.

© Adolarc Lamissia | Le Jour

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