Phénomène - Université de Ngaoundéré: Campus de sectes et de lesbiennes

Charles Atéba Eyene, à l'occasion d'une conférence dédicace, appelle les populations de la ville universitaire à plus de vigilance.

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«J’ai ciblé l'Adamaoua pour parler des lesbiennes», dixit Charles Atéba Eyene, le 25 avril dernier à Ngaoundéré. Arrivé en matinée dans la métropole de la Région de l'Adamaoua pour promouvoir et vendre son dernier ouvrage intitulé, «Le Cameroun sous la dictature des loges, des sectes, du magico-anal et des réseaux mafieux», le candidat malheureux aux investitures du RDPC aux sénatoriales dans le Sud s'est adressé à son public, composé de chrétiens, musulmans, étudiants, administratifs, et hommes du monde en général, en dévoilant ses investigations sur la Rose-Croix, la Franc-Maçonnerie, les réseaux de pouvoirs. Dans une salle d'un hôtel de la place devenue une boite de conserve, l'intellectuel a revisité les 21 chapitres sur lesquels s'étale son ouvrage de 366 pages. L'applaudimètre a explosé à chaque anecdote de l'écrivain pygmée.

C'est que la ville de Ngaoundéré est le théâtre, depuis quelques années, de scandales de mœurs. Homosexuels, pratiquant du satanisme, assoiffés de pouvoirs occultes et sectes inondent les chroniques. Et le Gouverneur, Abakar Ahamat au premier rang des invités, n'a pas manqué de le souligner, avec une certaine insistance, le fait que ces phénomènes attirent particulièrement les jeunes et les étudiants. Le campus de Dang, vertement tancé, flirte sulfureusement avec ces maux. Lesbiennes, sympathisants de la gay-pride sont d'ailleurs à la mode. L'avenir qu'on leur miroite, c'est une ascension sociale dont se prévalent tous les marketers de l'homosexualité.

«Les filles ne se cachent plus de se présenter comme des lesbiennes lorsque le rapport chez les garçons présente encore des difficultés à s'afficher en public à cause de la stigmatisation», a relaté une étudiante sous anonymat. Les sectes côtoient aussi ce monde en déliquescence. Il y a au Cameroun 48 églises officiellement autorisées, mais 3700 obédiences religieuses fonctionnent en toute impunité dans la Région de l'Adamaoua, comme partout ailleurs sur le triangle national. Les dénominations des temples et autres loges s'entrechoquent au kilomètre carré.

«Quand une ville abrite un campus universitaire, c'est un paradis pour toutes les sectes et dérapages sociaux», a laissé entendre le chantre de la promotion de l'éthique au Cameroun, avant d'apposer quelques paroles sur l'ouvrage acheté par le Gouverneur. Il ajoutera par la suite «qu'il y a quelque chose cachée derrière ce phénomène, c'est le commerce des énergies», dans une prise de parole, pas également différente de celle d'un gourou.

Paradoxalement, les cop's de Ngaoundéré se sont plus rués vers le village universitaire où se déroulent les 16e Jeux Universitaires, plutôt que d'effectuer le déplacement pour la conférence dédicace de Charles Atéba Eyene. L'auteur le plus prolixe de sa génération frappe t-il un coup d'épée dans la mer en haranguant les foules, vouant les sectaires et les homosexuels à la vindicte populaire.

© Eric Nguélé | L'Actu

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