NOUVELLES TECHNOLOGIES: La difficile connexion de l'université de Douala à internet

Les étudiants de cette institution universitaire publique rechignent à payer l'heure de connexion à internet à 167 FCFA, arguant que ce prix est élevé comparativement à celui pratiqué dans les cybercafés du coin.

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Depuis le 14 février 2013, une entreprise a installé les câbles souterrains pour permettre aux étudiants et autres personnels de l'université d'accéder à internet sans forcément avoir besoin d'une connexion filaire. Selon cet opérateur internet, les étudiants vont débourser «juste un franc symbolique». «167 francs pour une heure de travail», précise le DC de l'entreprise. Les étudiants n'approuvent pas du tout ce prix qu'ils jugent un plus élevé comparativement à celui pratiqué dans les cybercafés situés à quelques encablures du campus où une heure de connexion n'excède pas 100 FCFA. Le recteur de l'université, lui, explique les raisons qui ont présidé au choix du prix de 167 FCFA l'heure. «167 francs, cela revient à peu près 1000 francs que le client du cybercafé paie. Je pense que c'est des prix très compétitifs. Comme vous savez, il faut peut être le dire, l'université de Douala n'a pas déboursé un sou», déclare le Pr. Dieudonné Oyono.

A ses explications, les 167 francs que les étudiants devraient débourser sont conséquents du coût d’investissement. Posément, le recteur explique que l'opérateur «s'est engagé à investir environ 300 millions de francs pour ces installations. Je pense que nous en sommes en réalité de vrais bénéficiaires. Nous sommes gagnants dans ce partenariat et d'ailleurs, comme vous savez, il y a la loi de l'offre et de la demande. Plus il y aura des étudiants qui visiteront le site, plus les prix pourront baisser. Donc il y a un problème de l'offre et de la demande. Car il y a un investissement à la base et l'université de Douala n'a pas sorti d'argent. L'université n'a pas déboursé d'argent, je crois qu'il est normal que les opérateurs veuillent rentabiliser cet investissement.»

Les arguments du Pr. Dieudonné Oyono ne convainquent pas les étudiants car, pour ces derniers, l'université est une institution publique. Et l'Etat camerounais dispose d'une entreprise offrant les mêmes types de prestation danse domaine de l'internet. A l'évocation de cette question, le recteur de l'université de Douala précise qu'à son arrivée à l'université de Douala, l'entreprise privée qui connecte actuellement l'université dont il a la charge lui a fait «des offres qui nous ont paru intéressantes. 64 mégabits par seconde, c'est intéressant pour un campus qui a une capacité de 60 000 étudiants. Donc, j'ai sauté sur l'occasion, il n'y a pas eu de discrimination.»

Néanmoins, le Pr. Dieudonné Oyono voit beaucoup d'avantages dans l'installation du Wifi au sein du campus: «je suis très heureux que ce projet ait abouti par ce que nous avons collectivement décidé d'engager l'université de Douala dans la modernité et le réseau au campus comportera beaucoup d'avantages. Il permettra aux étudiants d'avoir accès à des sites éducatifs pour télécharger les cours quand ils le veulent. Egalement, aux enseignants d'avoir accès aux bibliothèques numériques. Ainsi, les étudiants aussi bien que les enseignements qu'ils reçoivent seront actualisés ».

© Aloys Onana | Repères

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