Le Cameroun accueillera le Championnat Panafricain Universitaire de Débat 2014

Le compte à rebours est lancé. L’Université de Buea abritera en du 7 au 14 décembre 2014 la 7ème édition du Pan-African Universities Debating Championship (PAUDC). La décision a été votée à l’unanimité par le conseil de ce championnat continental d’art oratoire pendant le PAUDC 2012 qui s’est tenu du 09 au 16 décembre 2012 à Twhane University of Technology, Pretoria. Cette nouvelle arrive comme un coup de grâce qui vient essuyer l’échec du Cameroun à accueillir cette gigantesque forme de promotion du débat, nouvel outil pédagogique mais également instrument de paix, de démocratie et de développement durable. L’an dernier lors du PAUDC 2011 au Zimbabwé, par l’entremise de l’instance dirigeante de la Cameroon Debate Association, le Cameroun a postulé à l’accueil de cette compétition pour le compte de l’année 2013.

Le Nigeria, bien que moins préparé mais plus représentatif à Bulawayo évinça le pays des lions indomptables. L’une des raisons fondamentales de cette défaite résidait en ce que le Cameroun fut à sa première participation. Or, selon les règles du PAUDC, aucune nation ne peut prétendre à l’accueil du PAUDC si elle n’est pas au moins à sa deuxième participation. Les élections liées à l’organisation du PAUDC suivent un système rotatif de deux ans et seules les instances nationales de régulation de débat de chaque pays ont droit de vote.

Contrairement à l’an dernier où le Pr. Vincent P.K. Titanji, Vice-Chancellor de l’université de Buea autrefois, signa une lettre d’agrément pour l’accueil dudit tournoi, sans l’avis officiel de l’université de Buea cette année, le « bid » du Cameroun a été incontestée par toutes les délégations nationales représentées à Pretoria et voté à l’unanimité prêt. Ceci, grâce au travail de communication abattu en amont et le soutien que reçut la Cameroon Debate Association des associations de débat africaines des pays comme le Ghana, le Nigeria, la Tanzanie, le Botswana, la Namibie, le Togo et le Libéria. Sans aucun doute, les multiples innovations proposés et les sérieux préparatifs transparus dans le « bidding » document constitué d’une quinzaine de pages, présenté avec bravoure par la délégation de l’Université de Buea n’ont fait que confirmer les efforts fournis par la jeunesse camerounaise depuis 2009 pour la promotion du débat au Cameroun.

De sérieux efforts récompensés Rien qu’à sa première participation au PAUDC 2011 à Bulawayo, le Cameroun a pu décrocher une médaille d’argent en Public Speaking. Exploit que n’a jamais réalisé un pays d’Afrique du « nord » depuis la naissance de ce tournoi dans l’Afrique australe ; allant tour à tour du Botswana (2008,2009), à la Namibie (2010), au Zimbabwé (2011) puis à l’Afrique du Sud (2012). L’exception viendra donc avec les PAUDC 2013 et 2014 respectivement à l’Université de Calabar (Nigeria) et à l’université de Buea (Cameroun). Mais avant le PAUDC 2011, le Cameroun s’est distingué en 2010 au WUDC (World Universities Debating Championship) au Botswana en tant que première nation d’Afrique Francophone, avec le Rwanda autrefois, à s’intéresser à pareil projet.

Le passage fut bref mais significatif. A l’interne, avec l’impulsion du RESID et de la Cameroon Debate Association (CDA), les clubs de débat ont vu le jour au Cameroun à la vitesse de l’éclair tant au tertiaire qu’au secondaire. D’où la création et l’agrément du premier Club Débat & Leadership à l’Université de Dschang en 2009, leader national en débat structuré : vainqueur du CANUDC 2010 (Cameroonian National Universities Debating Championship) à Buea, finaliste au CANUDC 2011 à Dschang, médaillé d’argent au PAUDC 2011 à Bulawayo, première université bilingue à participer au mondial 2010 à Gaborone et sélectionnée pour le mondial 2012 à Berlin, unique institution nationale qui organise tous les ans un championnat local inter-facultés de débat….

D’autres pôles de promotion du débat comme l’Université de Buea et ses multiples prix engrangés lors des tournois nationaux (CANUDC 2010 & 2011), sa participation exceptionnelle au PAUDC 2011 et 2012, l’Université catholique du Cameroun (CATUC – Bamenda), son vibrant Debate & Speech Club et son fameux tournoi formateur Cameroon Debate Academy, l’université de Douala et son Club Débat & Leadership hautement célèbre… attestent de ce que d’ici 2015 le Cameroun sera incontestablement une nation de débat respectable et respectée de par le monde.

La preuve en est que plusieurs pays d’Afrique Francophone tels que le Togo (Togo Debate Association), le Benin (Benin Debate Association), le Burkina et tout récemment le Mali et le Congo Kinshasa suivent son exemple et sollicitent son expertise. La Cameroon Debate Association avec le concours des structures parraine comme le RESID, le Wolrd Debate Institute, l’International Debate Education Association (IDEA) et la Open Society Foundation, a initié cette année les établissements secondaires du Cameroun (élèves, enseignants et membres administratifs) aux théories du débat structuré pour une organisation prochaine de la CANASDEC (Cameroonian National Schools Debating Championship) et au WSDC (World school Debating Championship).

Avec le soutien inconditionnel de Lilia Kilburn, étudiante au Amherst College dans l’état du Massachussetts et experte en débat structuré, le World School Debate Format a été enseigné dans quatre régions du Cameroun à travers des séminaires tenus sur une durée de trois mois pour les lycées et collèges des villes ci-après : Dschang, Bafoussam, Buea, Douala, Yaoundé, Bamenda. Tous ces chantiers ont valu au Cameroun en cette année la réputation de nation la mieux organisée sur le plan du débat éducatif et scolaire après l’Afrique du sud. Malgré ses réalisations, de nombreux travaux doivent être acheminés.

Défis et Horizons du PAUDC 2014 Moult initiatives doivent être entreprises quant à l’accueil du PAUDC 2014 et la promotion du débat au Cameroun et dans la sous-région. Il faudra former avant 2014 près de 40 juges agrées à la fois par la Cameroon Debate Association et une instance internationale de débat telle que le World Debate Institute ou IDEA. De ces juges locaux nouvellement formés pour arbitrer le PAUDC 2014, un DCA (Deputy Chief Adjudicator) devra être sélectionné afin de rejoindre Justice Mothalbani (Chief Adjudicator, Botswana), Paul Gross (DCA 1, Cornell Debate Union, USA) et Lilia Kilburn (DCA 2, Armhest College, USA) dans l’adjudication team du PAUDC 2014. Plusieurs académies de débat doivent donc se tenir au sein des universités camerounaises avant 2014.

Une académie de débat devra être organisée pour tous les participants au PAUDC 2014 à la veille du démarrage véritable du tournoi. Et à cette préoccupation, le Pr. Alfred Snider de l’université de Vermont, directeur du World Debate Institute, a accepté d’apporter bénévolement son aide. Des mesures devront donc être prises pour les frais de transport et d’hébergement de son équipe. Tous les pays d’Afrique doivent être représentés à ce tournoi avec emphase sur les pays du Maghreb et de l’Afrique Francophone en général qui devront officiellement recevoir des lettres d’invitation via fax ou poste. Des facilités ou exemptions de frais de visa, de bourses de participation devront être offertes aux débatteurs et juges les moins nantis provenant de jeunes nations africaines de débat.

L’équipe adjugeant en chef devra être prise en charge avec quelques heureux juges volontaires sélectionnés de par le monde… Aussi, l’université hôte devra faire preuve de parfaite maîtrise des questions d’accommodation pour l’accueil d’universitaires d’Afrique dont le cap est fixé à 1000 participants, débatteurs, juges, observateurs et volontaires. Le système de logement prévu est le « one single room » : à chaque participant sa chambre ; même s’il peut partager les mêmes toilettes avec un autre. Le recours aux hôtels de la ville de Buea est inéluctable. La compétition devra être une occasion de faire valoir le potentiel culturel et touristique du Cameroun. C’est également à ce niveau que survient le rôle de l’armée des volontaires sollicités pour le tournoi.

Les « socials » et les excursions devront être ciblées avec le concours des ministères de la culture et du tourisme. Un appel à la composition et récompense de l’hymne du PAUDC 2014 devra être lancé. Par ailleurs, un partenariat efficace s’avère opportun avec les entreprises prêtes à soutenir ce projet afin de récompenser les meilleurs juges et débatteurs via des trophées symboliques, cash prizes et des bourses pour le championnat mondial 2014. Les meilleurs volontaires, qu’ils soient du Cameroun ou d’ailleurs, devront également être récompensés.

Les exigences requises pour l’organisation de ce tournoi sont si immenses que seul l’Université de Buea et la Cameroon Debate Association (CDA) ne peuvent l’affronter sans le soutien du gouvernement camerounais et des supra-structures telles que l’Union Africaine ou le Commonwealth of Nations. Car le format de débat utilisé est le British Parliamentary Debate Format. Le ministère des relations Extérieures, le Ministère de l’Enseignement Supérieur, le Ministère de la jeunesse… qui ont été saisis depuis août 2012 quant aux projets de la CDA sont également sollicités pour l’édification d’une jeunesse émergente d’ici 2035.

Dans cette tâche d’hercule, les médias caractérisent l’instance qui aura le premier et le dernier mot à souffler pour la médiatisation de ce championnat Pan-Africain de débat en anglais, encore qu’il débouchera sur l’émergence du Championnat Pan-Africain de débat Francophone en pleine ébullition. D’où l’association de la Francophonie et des médias francophones du continent à ce projet. C’est également l’occasion de renforcer l’organisation et la popularisation des championnats nationaux universitaires et secondaires de débat, le CANUDC et le CANASDEC 2013 prévus respectivement à l’université de Douala et au Government Technical High School of Bamenda.

Championnats qui nécessitent l’entière mise en disponibilité des ministères des Enseignements supérieures et secondaires si le Cameroun veut conserver sa position de leader incontestable et incontesté de débat éducatif et scolaire dans l’Afrique Francophone, faire le coude à coude avec les géants tels que le Canada ou la France et se frayer une « leadership position » dans le monde du débat.

Source: 237online.com

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau