LA SOIRÉE GASTRONOMIQUE DE LA FÊTE DE LA JEUNESSE FAIT DES EXPULSIONS

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Les élèves des classes de terminale sont la cible des enseignants ces jours. Pour cause de non paiement des frais liés à la soirée gastronomique.

Mardi le 12 février 2013, les élèves de la classe Terminale C du Lycée bilingue de Nylon Brazzaville n’ont pas pu suivre le cours de mathématiques. Ils ont été dûment expulsés de leur salle de classe.

Du moins ceux qui n’ont pas versés la somme de 2000Fcfa exigée pour l’organisation de la soirée gastronomique lors de la semaine de jeunesse. Leur professeur dont nous préférons taire le nom n’est pas passé par quatre chemins pour refouler ceux qu’ils qualifient « de désobéissants envers la hiérarchie ».

Pourtant un cours primordial, les mathématiques, matière de base en classe de terminale C. Comme si cela ne suffisait pas, le lendemain, mercredi le 13 février 2013, c’est au tour de l’enseignant de français de châtier les apprenants. Compromettant ainsi l’avenir scolaire de ces élèves qui, malheureusement sont en ce moment en voie de composer.

« Nous manquons de mots pour exprimer notre désarroi. La soirée gastronomique est-elle si importante pour nos études ? En tout cas nous n’en voyons pas la nécessité ? N’est-ce pas une volonté manifeste de l’administration de nous nuire ?», s’interrogent perplexes les élèves. Leurs parents ne sont pas moins en colère. « Malgré les frais que nous payons en début de rentrée scolaire, le Lycée bilingue de Nylon Brazzaville veut définitivement nous dépouiller. C’est une véritable machine d’arnaque mise en marche par les dirigeants et enseignants de cet établissement public. Nous entrevoyons de manifester car trop c’est trop », ont laissé entendre les parents des élèves dudit lycée. Des frais exigés, qui de l’avis des élèves doivent être classés sur le même registre que ceux jugés infondés par Louis Bapès Papès, ministre des Enseignements secondaires dans ses circulaires de juillet 2011.

«C’est ainsi qu’en plus de la gestion opaque du carnet médical, des frais d’Apee de plus en plus élevés et du flou artistique entretenu par certains autour des frais d’informatique, le tout faisant du reste l’objet d’une étude dans mes services en ce moment, ils ont cru devoir créer des frais divers. Notamment les frais de suivi des dossiers des examens officiels, les frais de fiches de suivi d’Eps, les frais des photos, de fiches d’inscription, de carnets de liaison, de porte-bulletins, les frais de Sms, de dépôt de dossiers de recrutement, d’internet. Sans oublier une rame de papier par élève.

La liste n’est pas exhaustive», énumérait le Minesec. Dans la métropole économique, les administrations de nombreux lycées ont pris l’habitude d’imposer des sommes colossales aux élèves à la veille de la Fête de la jeunesse. A chaque célébration, elles prennent du plaisir à fixer les montants de la soirée de gastronomie à tout-va et par la suite gêner la tranquillité des élèves et géniteurs.

Or jadis, les élèves avaient le libre arbitre de fixer un prix pour la circonstance. La participation était facultative. Le Ministre des enseignements secondaires est plus que jamais interpellé puisque proviseurs et enseignants persistent à s’enrichir illicitement. L’autorité doit frapper du poing sur la table avant que les parents courroucés n’engagent des batailles généralisées. Il doit passer des textes ministériels à l’action. De l’avis de parents et élèves le milieu éducatif est pollué des arrivistes. Il y a de l’électricité dans l’air.

© Aurore Plus : Linda Mbiapa

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