Grève à l’Université de Buea: Le Synes condamne l’interpellation des enseignants

Le Pr Alexis Teguia, secrétaire général du Syndicat des enseignants du supérieur(Synes) exige la cessation des poursuites contre ses camarades soupçonnés d’avoir soutenu le mouvement de protestation estudiantin.

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«C’est déplorable ce qui est arrivé à l’Université de Buea. Nous ne comprenons pas comment des enseignants peuvent être interpellés et interrogés à la suite d’une grève d’étudiants dans cette institution. Nous invitons madame le vice-Chancellor à entrer en négociation avec les enseignants. Elle doit faire cesser les poursuites engagées contre ces derniers. Elle doit prendre toutes les mesures pour ne plus mêler la police aux affaires de la communauté universitaire. Nous sommes solidaires au mouvement de grève déclenché par nos camardes de l’Université de Buea.»

Cette déclaration du Pr Alexis Teguia, enseignant à l’Université de Dschang et secrétaire général du syndicat des enseignants du supérieur(Synes), au cours d’un point de presse donné lundi 10 juin dernier à Dschang, traduit l’état d’esprit de la majorité des membres de cette corporation syndicale à la suite de l’audition par la police de 32 enseignants de l’Université de Buea. A la suite de la grève que les étudiants de cette institution mènent depuis des semaines, ces membres du corps enseignant ont été indexés par l’administration de cette Université comme des «mentors» ou des «sponsors» des contestataires.

Hostilités

Signalons que du côté de l’Université de Buea, la coordination du Synes a lancé un mot d’ordre de grève allant du 10 au 24 juin 2013. Un mouvement d’ailleurs soutenu par tous les membres du Synes d’où la sortie du Sg du Synes. « Nous sommes solidaires à nos camardes de l’Université de Buea. L’enseignant du supérieur doit être traité avec dignité dans ce pays. Nous sommes un syndicat responsable. Il faut que les hostilités cessent.

Nos collègues de Buea sont disposés au dialogue», clame le Pr Alexis Teguia. Toutefois, le patron administratif du Synes estime qu’il existe bien des spécificités entre les revendications des étudiants contestataires et les problèmes des enseignants. « Il est vrai qu’il existe une communauté universitaire dans laquelle l’on retrouve les enseignants, le personnel d’appui et les étudiants, mais les mouvements de contestation estudiantins posent des problèmes relatifs aux conditions de vie et d’étude des étudiants alors qu’un syndicat d’enseignants focalise principalement ses actions sur la défense des intérêts des enseignants à l’instar de leur conditions de travail et de vie.

Il est alors illogique de voir la main mise des enseignants derrière tout mouvement de revendication estudiantine», précise le leader syndical. Pour ce point de presse, le chef de file du Synes était entouré de quelques membres de ce mouvement enseignant à l’Université de Dschang. Des personnes qui comme lui, dénoncent avec hargne les dérives observées dans leur milieu et manifestent leur solidarité à leurs collègues se trouvant dans les mailles de la police.

© Guy Modeste DZUDIE | Le Messager

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Date de dernière mise à jour : 12/06/2013