Evaluation de la formation médicale: Le rapport de la Commission Sosso contesté par les instituts privés

Le délai de 14 mois consommé entre l’évaluation proprement dite en mars 2012 et la publication des résultats en juin 2013, rend les données «obsolètes» d’après les contestataires qui sont pour certains les principaux responsables des instituts privés de santé.

Ils conseillent la gestion prudentielle de cet important problème social qui exige de tous de ne pas prendre des mesure hâtives sous la pression des Ordres nationaux. Les décisions annoncées par Jacques Fame Ndongo lors de la cérémonie de restitution de l’évaluation des formations médicales au Cameroun, le 31 mai 2013 à Yaoundé (Cf. Le Messager N°3849 du lundi 3 juin 2013) ont-elles été édictées par les ordres nationaux de médecins, pharmaciens et chirurgiens dentistes ? C’est du moins l’avis des responsables des instituts privés de santé. Dans les rangs des responsables des instituts privés de santé, l’on indexe la pression des ordres nationaux du Cameroun notamment celui des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes.

A ce sujet, écrivent-ils au Premier ministre, en date du 7 juin dernier, sous la plume de leurs représentants : les professeurs Abolo Mbenti, doyen de la Faculté de médecine de l’Equateur à Ebolowa ; Bengono Touré Geneviève, recteur de l’Ipes Bengono à Yaoundé, «nous, les principaux dirigeants des Ipes santé et tous des professeurs titulaires et agrégés de médecine et du domaine, issus tous de la faculté mère de Uy1, trouvons exagérée, disproportionnée et non constructrice pour le Cameroun, la position de certains ordres professionnels restée inchangée depuis plus de trois ans ayant pour seule proposition, la fermeture pure et simple de toutes les Ipes Santé du Cameroun, que nous ne partageons pas ».

À les lire, il semble que si ces mesures notamment celle relative à la fermeture des Ipes- la mesure précise, fonctionnant en marge de la réglementation en vigueur- sont appliquées, ce serait une décision prise à la hâte dans ce sens que les données de la Commission Sosso, les ayant induits sont « obsolètes » en raison du délai de 14 mois imparti entre la date de l’évaluation en mars 2012 et celle de la restitution des résultats intervenue fin mai 2013.

Perspectives

Parce que selon les contestataires, dans un premier temps, on ne peut pas objectivement comparer les Ipes santé les plus jeunes à celles qui ont déjà près de 15 ou 17 ans d’autorisation à fonctionner. En outre ces dernières « ont fait preuve de beaucoup de mesures correctives et d’améliorations sur divers points, qui font qu’aujourd’hui, après 14 mois de leur évaluation, les avancées et résultats sont perceptibles et visibles de tous. Et, les recommandations et les clichés ont connu des améliorations substantielles de ces Ipes Santé… » Et d’estimer que dès lors, ces Ipes « mériteraient, malgré leur jeunesse d’âge et quel que soit le type d’autorisation à fonctionner, à être félicités et encouragés, pour tous les investissements et efforts consentis par eux depuis lors ».

Une correspondance adressée au chef de l’Etat pour plaider en faveur des Ipes, rappelle le contexte de leur création motivée entre autres par l’insuffisance criarde des ressources humaines en santé ; les insuffisances constatées dans les établissements publics en quantité et en qualité qui ont été sources de frustration tant au niveau des professionnels que de la population ; la forte demande de formation exprimée lors des concours d’entrée dans les établissements publics, etc. Les signataires y précisent également les forces et faiblesses des Ipes, de même que les opportunités qui sont : le renforcement de l’Enseignement supérieur à travers le partenariat avec le privé et les confessionnels dont les besoins pour leurs hôpitaux d’application sont réels ; la création d’emplois pour les jeunes, la promotion des métiers émergents et l’organisation de structures d’utilisation efficiente des diplômés de ces Ipes ; le relèvement du niveau d’éducation en santé de la majorité de la population…

Ils annoncent la tenue dès demain mardi 11 juin, la tenue d’un atelier sur le thème : « l’institution supérieur privée de formation en santé au Cameroun : forces, faiblesses et les opportunités. La démarche d’une formation efficiente et de qualité par les Ipes santé » sous la coordination du Pr. Gottlieb Monekosso.

© Nadège Christelle BOWA | Le Messager

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Date de dernière mise à jour : 11/06/2013