Enseignement supérieur: Les nouvelles fillères ravissent la vedette

La reforme universitaire de 1993 qui réorganise l’enseignement supérieur au Cameroun, fait éclater l’Université du Cameroun en 6 Universités reparties sur 5 provinces (régions) des 10 que comptent le Cameroun.

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Au-delà de cet exploit, elle instaure des filières technologiques et professionnelles au côté des filières généralistes traditionnelles de l’Université du Cameroun d’antan. Cette dernière décision mal connue entrera plus ou moins en vigueur au profit des filières généralistes. Si au niveau étatique, la mise en marche des filières professionnelles restent timide, le privée quant à lui plus conscient s’active et met dès, les premières années après la reforme ces filières en vigueur. Ce qui dans un premier temps n’attire pas nombres d’étudiants, car l’Etat continue d’intégrer dans la quasi totalité de ses grandes écoles.

C’est donc avec le retrait entre les années 2000 et 2005 du très prisé matricule dans ces grandes écoles (Esstic, Enieg, Enstp, Ensp, Fmsb, Iric et bien d’autres) davantage théoriques que pratiques que les étudiants vont se sentir refoulés et inaptes au sortir de ces écoles à exercer un métier au sens propre du terme, que les nouvelles filières vont ravir la vedette. Le Ministère de l’enseignement supérieur conscient désormais du faible taux d’insertion des étudiants généralistes dans le monde socioprofessionnel va prendre depuis 2007 la décision de rendre effective les établissements professionnels et technologiques tels que prescrits par la reforme de 1993. De plus, animé non seulement par la volonté de voir le Cameroun émergé en 2035, mais encore par la ferme conviction de voir des grands chantiers de l’heure sortir de terre, le Minesup va procéder à l’ouverture de plusieurs écoles technologiques depuis la fin de la décennie 2000.

L’Institut des sciences halieutiques de Yabassi, les écoles des beaux arts de Nkongsamba et de Foumban en sont les impeccables émanations. Au-delà de ces écoles pionnières, de nombreuses autres écoles vont emboiter le pas. L’école de géologie et des mines de Meiganga en sera à sa troisième cuvée la rentrée académique prochaine pendant que l’Institut universitaire de Mbalmayo vit ses premiers mois d’existence. L’enseignement privée quant à lui vit cette belle et longue expérience depuis le lendemain de 1993 à l’instar de l’Institut Siantou Supérieur et Ndi Samba. Le nombre de places dans ces écoles est passé du simple au double. Le nombre de candidats au concours d’entrée est passé à 3000 candidats contre 100 dans sa première année d’existence pour ce qui est de l’Institut des beaux arts de Nkongsamba.

Cette flambée de candidats est loin d’être désintéressée. La convoitise réside au niveau des filières professionnalisantes qu’elles regorgent. Gestion en ressources humaines, Management, climatisation et froid, réseaux et systèmes informatiques, architecture et exploitation minière sont les offres les plus convoitées et prisées. Arielle T. après avoir passée 3 ans en première année au département du tourisme de l’Université de Yaoundé I a fini par se faire une place dans la filière arts plastiques de l’Institut des beaux arts de Foumban. Elle est désormais maîtresse de son art et s’est installé à son propre compte bien qu’étant encore sur les bancs.

De tels exemples sont légions. Bertin B. recalé trois fois au concours de polytech ne s’est pas tordu les pouces et a opté contre son gré pour la filière ingénierie en mine de l’école de géologie et des mines de Meiganga. Aujourd’hui, confie-t-il avec du sourire aux lèvres «ma vie a changé» poursuit-il en exprimant qu’«il ne se passe plus un mois sans que mon expertise ne soit sollicité en Guinée Equatoriale ou au Nigeria dans les grands bassins pétroliers».

Selon les sources sûres du Minesup, 13%, c’est le taux d’insertion de diplômés de l’enseignement supérieur dans le monde de l’emploi. De plus, au terme d’une formation généraliste à l’université, il faut attendre en moyenne 4 ans pour les plus chanceux pour toucher son premier salaire pendant que 2 ans simplement suffisent pour décrocher un emploi au sortir d’une nouvelle filière. Par conséquent, il faut être dupe pour ne pas comprendre que les nouvelles filières augurent un lendemain meilleur dans le marché de l’emploi. De ce fait, l’Etat espère accroître à 27% le nombre d’étudiants dans les filières technologiques à l’orée 2035 quand bien même on est conscient que 80% des étudiants sont généralistes au Cameroun.

La tâche ne s’annonce pas facile car le déficit en nombre d’enseignants et en infrastructures reste encore criard et les programmes non respectés d’où le recours très souvent au privée. Jean Paul Komon, Conseiller technique N°2 au Minesup rassure que «le Ministère exploite la possibilité de rassurer qu’un statut sera donné aux professionnels en service dans les entreprises pour enseigner dans ces instituts.» Il poursuit en affirmant «c’est bien sûr une solution à court terme». Comment peut-on parler de formation sans académiciens. Just wait and see. Lire aussi

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Date de dernière mise à jour : 13/04/2013