Education des enfants: Punition n'est pas torture

Dans les familles, de nombreux parents et éducateurs continuent de recourir à la violence dans l'éducation de leur progéniture.Actu image 4260

Les récits d’enfants victimes de violences infligées par leurs parents donnent froid dans le dos. « Je n’oublierai jamais cette bastonnade avec une punition d’un jour sans alimentation imposées par ma tante pour avoir égaré une somme d’argent », confie Anaëlle Béatrice. Et comment comprendre que Nadège K., la trentaine, mère de quatre enfants, ait coupé le sexe de son dernier fils, le petit Alexandre E. âgé de quatre ans, à Manengole dans le Moungo. Ceci pour la simple raison que le géniteur de tous ses enfants refuse de la doter. Et que dire d’une épouse qui découvre que son compagnon abuse tout le temps de sa fille ? « C’est une situation difficile à gérer parce qu’elle traumatise à vie l’enfant », confie une mère. Aujourd’hui, Pierrette M., une victime d’abus sexuel, refuse de se consacrer à une vie de couple normale. Elle a peur et suspecte tout le monde. « Ça fait honte d’en parler et c’est pourquoi pour éviter de stigmatiser les enfants victimes, les mamans préfèrent souvent garder le silence », ajoute notre interlocutrice.

Au regard de ce qui précède, l’on constate que, s’il est un monde dans lequel le silence règne en maître, c’est celui de la protection des enfants où les violences sont de plus en plus cachées. Les cas les plus récurrents restent les maltraitances qui renvoient à toutes formes de violences, d'atteintes ou de brutalités physiques et mentales, d'abandon ou de négligences, de mauvais traitements ou d'exploitation, y compris de violence sexuelle. Car sont très souvent placés sous la tutelle d'une personne de confiance, comme un parent, un frère ou une sœur plus âgé, un autre membre de la famille, une nourrice, un baby-sitter, ou par une personne ayant une autorité sur l'enfant (enseignant, éducateur, personnel soignant, prêtre, etc.), et parfois même par des personnes travaillant dans une structure sociale censées protéger les enfants d'un tel danger (institution, famille d'accueil, etc.). Ces enfants gravement maltraités vivent continuellement la peur au ventre, craignant de provoquer une colère ou de rentrer à la maison après l'école. Conséquences, ils développent des stratégies hors normes pour survivre, en mettant en jeu leurs propres mécanismes afin de s’en sortir. Si certains acceptent de se soumettre à tous les diktats des bourreaux, en se dissociant pour supporter toutes formes de sévices, d’autres se rebellent et manifestent leur traumatisme autrement. « C’est pourquoi certains enfants deviennent violents ou sont d’un calme qui fait peur une fois l’âge adulte atteint. Chez la petite fille abusée, par exemple, elle ne pourra jamais devenir une femme ayant une vie sexuelle normale. Les actes refoulés restent enfouis dans le subconscient », explique un psychologue.

Source : www.cameroon-tribune.cm

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