Cameroun - Université des montagnes (UDM): L'éclair de lucidité de Fame Ndongo

«Prenez l'exemple de l'Udm! Faites comme l'Udm! Voilà les termes qu'on aurait dû entendre de la bouche de Jacques Fame Ndongo, à la suite des rapports de la Commission Sosso.

Jacques fame ndongo

 Mais quelle n'a pas été la surprise face à sa volonté de niveler l'enseignement médical vers le bas ! Heureusement qu'un revirement vient de s'opérer... pour le bien de l'humanité. Avec la décision suicidaire et maladroite prise récemment par le Ministre de l'Enseignement supérieur concernant l'Université des montagnes(Udm), nombreux sont ceux qui pensaient que décidément le Cameroun était déterminé à célébrer la médiocrité. En réalité, pour un secteur aussi sensible que la santé publique, il est certes normal que l'Etat soit regardant et s'assure que ceux sur qui reposera la vie de milliers de personnes sont formés dans des conditions optimales. C'est ainsi que son rôle dans ce domaine devrait se limiter à contrôler et à garantir la qualité des formations. Mais s'agissant de la question du nombre d'étudiants par établissement et du prix de la formation, celle-ci doit plutôt d'autres réalités parmi lesquelles la réalité économique qui repose sur le triptyque «qualité-prix-concurrence». Il en est de même de la réglementation qui doit être juste et appropriée pour éviter toute frustration, sinon toute tentative d'interventionnisme de l'Etat à ce niveau serait vouée à l'échec.

Au lieu d'amener l'Udm à subir la contre-performance des autres instituts d'études médicales, la meilleure réponse de l'Etat devrait être d'organiser la réplique en rendant plus compétitifs les établissements publics de formation en médecine pour une concurrence saine et pour le grand bien de la jeunesse et des nombreux malades. Malheureusement, si apparemment la récente réforme du Ministre de l'enseignement supérieur semblait nécessaire et indispensable pour l'université au Cameroun en général, certains observateurs y ont perçu une réforme inélégante à tête chercheuse dans le but inavoué de nuire à l'Udm. Heureusement que le temps a porté conseil, et en moins de quelques jours, le Ministre de l'Enseignement supérieur (Minesup) a oublié sa position radicale pour enfin prendre en compte certaines réalités objectives. Le Minesup et L'Udm viennent de trouver un compromis salvateur autour du montant du taux de scolarité exigé par cette institution pour le grand bien des parents et des étudiants qui vivaient dans l'expectative un bras-de-fer qui compromettait au fil des jours leur avenir.

«Le coq appartient à une seule personne mais il chante pour tout le village»

Dans le contexte médical, une anecdote permet de mieux comprendre ce proverbe ivoirien. C'est l'histoire d'un père qui, transporté en catastrophe aux urgences, a refusé de se faire opérer par son propre fils médecin. Ce dernier, par pure coïncidence était de garde ce jour-là, mais comme cet homme était conscient du fait que son fils était entré à l'école de médecine de manière douteuse et n'avait par conséquent pas reçu une bonne formation, il était sûr qu'une intervention chirurgicale de sa part serait sans espoir. Traduction: son fils n'était un «médecin» dont le véritable rôle était de mettre la vie des autres en danger.

De même, il est évident que le malade qui se rend à l'hôpital n'a qu'une seule préoccupation: rencontrer un médecin compétent, quelles que soient ses origines, l'école où il a été formé, que ce soit le Cuss, l'Udm, etc. C'est ce qui semble avoir certainement échappé à nos pouvoirs publics qui en plus du culte de la médiocratie célébré par l'équilibre régional ont voulu y ajouter d'autres ingrédients. Ce qui faisait déjà peur pour l'avenir du Cameroun.

Certains n'ont pas hésité à penser que c'est la manifestation d'une méchanceté et d'un complot à l'endroit du bas-peuple, quand on sait que ces décideurs qui appartiennent à la haute administration ont les facilités pour sauter dans le premier avion et aller se faire soigner en Occident dès le moindre malaise. En clair, l'Udm a beau être on ne sait quoi, les médecins qui en ressortent soigneront tous les camerounais sans la moindre distinction, et non ceux d'une certaine région. Et comment ne pas encourager cette institution qui a récemment bénéficié d'une enveloppe de 5 milliards de Fcfa de l'Agence française de développement, un prêt à faible taux d'intérêt destiné à l'extension et à la modernisation de ses infrastructures pour lui donner un nouveau look. Autant d'atouts qui ont contribué depuis sa création à la formation des acteurs de développement et de changement, et qui affichent déjà un bilan louable.

© Ponus | Ouest Littoral

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