Cameroun - Université de Douala: Un réseau de faux reçus démantelé

Trois étudiants gardés à vue pour avoir détourné les frais de scolarité de leurs camarades.

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Ils pensaient économiser 10 000 (dix mille) F sur leurs frais de scolarité, s’élevant à 125 000F. Grâce à une supposée subvention offerte à l’université de Douala par une entreprise de la place. Un rêve entretenu par des délégués de classe. Rêve qui, le 2 août 2013, s’est transformé en cauchemar pour des étudiants de filières professionnalisantes en Faculté des Sciences économiques et de Gestion appliquée.

L’affaire éclate quand certains étudiants découvrent les notes du second semestre affichées sans leur nom sur les listes. Quand ils se rapprochent de l’administration, il leur est signalé qu’ils n’ont pas versé leurs frais académiques. Un problème à régler auprès d’United Bank for Africa (UBA), où sont payées les pensions. Une fois à l’agence du campus, les étudiants apprennent que leurs reçus sont des faux. Là, ils sont obligés de raconter l’histoire en détail. Propos d’une des victimes, qui a requis l’anonymat : « Quand nous sommes entrés à l’université il y a trois ans, nous avons été approchés par nos délégués, qui nous ont parlé d’une subvention qui nous permettait de payer 115 000F. Nous leur remettions donc la somme demandée, et ils nous rapportaient nos reçus.

Les deux premières années, il n’y a pas eu de problème ». Par « nous », la source évoque beaucoup d’autres étudiants touchés par l’affaire des fausses quittances. Sauf qu’à la brigade de recherches de Bonanjo, il n’y en a qu’une douzaine qui ont accepté de porter plainte. Brigade de recherches où sont détenus, pour les besoins de l’enquête, les trois étudiants indexés comme ceux chargés de collecter les frais de leurs camarades. Charges retenues contre eux : faux en écriture privée ou de commerce. Du côté de l’université de Douala, on se félicite d’obtenir de tels résultats.

Pour le recteur, le Pr Dieudonné Oyono, « c’est le système informatisé fiable que nous avons mis en place en début d’année académique qui nous permet aujourd’hui de détecter cette fraude ». Un système qui n’a pas seulement permis de réduire les longues files d’attente observées lors du paiement des frais à la banque. Mais également de maitriser les effectifs et de sécuriser les recettes. Il ajoute : « L’université n’a pas encore été officiellement saisie par les étudiants plaignants. La situation sera examinée et des décisions seront prises ». Quant aux trois mis en cause, si les faits sont établis, ils seront frappés d’une exclusion immédiate et définitive de l’université. La banque UBA a aussi décidé de porter plainte. L’enquête judiciaire quant à elle suit son cours afin de mettre la main sur le reste du réseau.

© Rita DIBA | Cameroon Tribune

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