Cameroun/Université de Buéa:10 enseignants convoqués à la police

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Une grève de 10 jours est annoncée lundi prochain par le Synes du Sud-Ouest pour protester contre l’accusation portée contre leurs collègues.

Après une brève accalmie, la tension est remontée d’un cran à l’université de Buéa. L’ambiance est de nouveau tendue. La cause ? 10 (dix) enseignants de cette institution universitaire ont été entendus à l’unité régionale du contrôle des services de la police, à la suite des émeutes vécues sur le campus de cette institution académique au mois de mai dernier, et à la suite desquelles 26 étudiants de cette même université sont également en détention à la prison de Buéa.

Les enseignants sont soupçonnés d’avoir manipulé et incité les étudiants à organiser le mouvement de grève qui a paralysé cette institution universitaire pendant une semaine. Après avoir été entendus par la police, les membres du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes), antenne régionale du Sud-Ouest, ont tenu une réunion au terme de laquelle ils ont décidé d’observer un mouvement de grève de 10 jours à compter de lundi prochain, 10 juin 2013. Il est question pour eux de protester contre leur passage à la police.

Pour ces derniers, « demander à la police d’intervenir et harceler les enseignants est une grave erreur pour laquelle ceux qui ont initié le processus viendront à regretter », note Chief Ngeh, membre du Synes Buéa. D’après lui, « du point de vue juridique, les enseignants ne devraient pas être poursuivis pour avoir conseillé et aidé les étudiants grévistes à écrire leurs doléances dans une tentative de résolution de la crise de l'université de Buéa ». Il se convainc de ce que « ce n’est pas une infraction pénale. Même conseiller les étudiants de faire valoir un droit constitutionnel par la grève, pour appuyer leurs revendications n'est pas non plus criminel. Une action de grève n'est pas en soi criminelle ».

Pour ces membres du Synes, cette affaire ne devrait pas se retrouver au tribunal. Surtout que 26 étudiants sont actuellement en détention à la prison de Buéa. Ils sont considérés comme les principaux auteurs de la grève. La plainte avait été déposée par le recteur de cette université. Pour Alexis Teguia, Sg du Synes national, « il faut actuellement éteindre l’incendie avant qu’il ne prenne. On constate qu’il y a un manque de dialogue à l’université de Buéa », relève t-il. Les consultations allant dans le sens de l’apaisement ont commencé. Le Sg entend rencontrer les deux parties que sont les enseignants et l’administration de l’université de Buéa afin d’éviter cette grève qui risque, une fois de plus, paralyser toute l’université.

© Mutations : Blaise Djouokep

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Date de dernière mise à jour : 11/06/2013