Cameroun : Un rapport discrédite la formation en médecine au Cameroun

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Il a été commandé par le ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup) et était jusqu’ici tenu secret.

« La formation médicale au Cameroun s’est progressivement détériorée », constate la Commission ad hoc d’évaluation des facultés et instituts privés d’enseignement supérieur de formation médicale au Cameroun. Mise en place le 27 mars 2012, les conclusions de cette commission présidée par le Pr Maurice Sosso alors inspecteur général des Services au Minesup, ont été dévoilées ce jeudi 18 avril 2013 par le quotidien Le Jour.

On y apprend que les facultés de médecine des universités d’Etat et les instituts privés de formation médicale souffrent de plusieurs maux : insuffisance qualitative et quantitative du personnel enseignant, fragilité financière, insécurité foncière, absence d’hôpitaux universitaires, insuffisance de laboratoires, d’équipements et de personnel d’appui, etc.

Même Yaoundé I mal loti

Pour arriver à cette conclusion, la commission Sosso a fait deux descentes dans les 4 facultés universitaires de médecine (Yaoundé, Douala, Bamenda et Buea) et les 6 institutions privées d’enseignement supérieur que compte le pays.

A la faculté de médécine et des sciences biomédicale de Yaoundé I par exemple, le rapport révèle entre autres « l’insuffisance voire l’absence des travaux pratiques », un personnel enseignant « vieillissant », « l’étroitesse de temps accordé aux étudiants pour le contact avec les malades durant les stages cliniques ». Concernant les instituts privés de formation médicale, la mission d’évaluation indique que certaines fonctionnent soit avec des « lettres d’accord de principe » soit avec seulement des « autorisation de délivrer des Bts et Licence professionnelle ». Dans ces établissements privés, soutient l’équipe de Maurice Sosso, se développe « une politique d’augmentation des effectifs pour accroître le budget ».

Note d’espoir

Toutefois, le rapport note, comme pour s’en féliciter, que la Faculty of Health sciences de l’Université de Bamenda brille par « la cohérence de son plan de développement » et par « la culture d’évaluation des enseignements et des étudiants…sur la base des standards internationaux ». Pour améliorer la qualité de la formation dans cette institution de formation, il est tout de même recommandé, la construction d’un Centre hospitalier universitaire (Chu), la réévaluation des programmes et l’harmonisation de la durée des études.

Manque de personnel

Selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé, le Cameroun comptait en 2010, 2 médecins, 16 infirmiers et sages femmes et à peine un demi-personnel de dentisteries pour 10 000 habitants. Pourtant des pays de même niveau de revenus affichaient à la même période, 4 médecins, 14 infirmiers et sages femmes et un à 4 personnels de dentisteries pour le même nombre d’habitants.

© camerounactu.net : Michel Biem Tong

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