CAMEROUN /MIFI : POLÉMIQUE AUTOUR DE L’INTERDICTION DES COURS DE RÉPÉTITION

 

Pour certains l’arrêté préfectoral qui proscrit les cours de répétition les mercredis est salutaire. Pour d’autres, elle compromet les chances de réussite des élèves, vu la conjoncture marquée par une certaine désinvolture des enseignants des lycées.

 

 

Joseph Tangwa Fover n’a visiblement pas fini de faire parler de lui. Quelques jours seulement après l’interdiction de la chanson « coller la petite », le préfet du département de la Mifi, est à nouveau monté au créneau. Cette fois-là, l’administrateur civil principal a signé un arrêté qui interdit sur l’ensemble de son territoire de commandement, la tenue ou l’organisation des cours de répétition dans l’après-midi des mercredis. Pour lui, cet espace de la semaine devrait être exclusivement réservé aux activités post et périscolaires, ainsi qu’aux activités sportives. Comme c’est le cas avec presque toutes ses décisions, le débat a immédiatement éclaté.

Pour certains, cette autre acte du préfet de la Mifi est courageuse et salutaire. D’autant plus expliquent-ils, que les pédagogues qui avaient arrêté l’après-midi du mercredi entre autres au divertissement, s’étaient appuyés sur des arguments scientifiques. « L’arrêté du préfet mérite d’être salué. Car dans un contexte marqué par la démission des responsables de l’éducation, il fallait cette sortie pour recadrer les choses », pense Alexis Dzubou. Le secrétaire régional à l’éducation privée laïque, par ailleurs promoteur du Collège Voltaire de Bafoussam, croit qu’au vu du degré d’inconscience des responsables des établissements scolaires publics, qu’il n’est pas exclu que l’on retrouve le préfet bientôt dans les salles de classe entrain de faire le travail des enseignants à leur place.

Une véritable machination

« Les cours de répétition existent tout simplement parce que les enseignants dans les salles de classe ne peuvent plus bien faire leur travail non pas parce qu’ils ne veulent pas; mais parce qu’ils se retrouvent avec des effectifs pléthoriques. Quel que soit leur volonté, ils ne parviendront pas à suivre comme il se doit tous les enfants », analyse Alexis Dzubou qui plaide pour un respect scrupuleux du quota d’élèves par salle de classe fixé à 60.

A l’opposé de ce dernier, beaucoup pensent que cette interdiction du préfet pourrait plutôt avoir une incidence négative sur les performances élèves de la Mifi, précisément ceux des classes d’examen, en fin d’année. D’autant plus qu’en raison du manque de motivation de plus en plus perceptible chez les enseignants des lycées expliquent-ils, les parents consciencieux sont contraints de se rabattre sur ces cours de réception à l’effet de maximiser les chances de réussite de leur progéniture.

© tonfack.over-blog.com : Vivien Tonfack

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