Cameroun: L’école primaire publique du village Gouékong 1 se meurt tout doucement et surement au vu et au su de tous

Bertoua mairie4Située à une quinzaine de kilomètres de Bertoua au cameroun, cette école est sous la tutelle de l’inspection d’arrondissement de Diang ; l’école primaire publique de Gouékong 1 a été créé en 1985.27ans plus tard, l’Etat n’a jamais pensé à cette institution en octroyant tout au moins un projet de construction de quelques bâtiments pouvant accueillir les élèves en quête du savoir.

Seuls les parents et l’ONG Plan-Cameroon se sont évertués à bâtir six salles de classe : deux bâtiments en dur pour l’ONG et un autre construit en matériels provisoires à l’aide du bois blanc par les parents. Aujourd’hui, le temps est passé et beaucoup d’eau a coulé sous le pont ; donc tout s’est à coup dégradé. Les deux salles de classes construites par les parents se sont écroulées. Sans pitié, les vents violents des saisons pluvieuses ont emporté les toits…cerise sur le gâteau, le vandalisme perpétré de certains villageois désœuvrés et inconscients de l’ampleur causée par leurs actes n’a fait qu’enfoncer le clou. Conséquences palpables, la majorité des 250 élèves qu’accueille pour cette année scolaire en cours reçoit les cours à même le sol tout en se contentant des 4 dernières salles de classe qui essayent encore de résister aux sinistres…

Pour combien de temps encore ?Dieu seul sait car les lézardes visibles sur les murs font douter au loin, le visiteur . Face à la situation désolante et honteuse qu’une école de nos jours se présente ainsi, le tout nouveau chef d’établissement Mr ZE NGOLIKE Jean Bienvenu pris d’ailleurs entre le marteau et l’enclume s’est vu obligé de mettre sur pieds plusieurs astuces afin que les enseignements soient dispensés aux enfants de la localité.

En collaboration avec les trois maitresses affectées dans cette école, le directeur a choisi de jumeler certaines classes pour tenir le coup ; la Sil et le Cour Préparatoires(CP) prennent les mêmes cours ; la situation est égale pour le CE1 et CE2 tandis que les classes de CM1 et CM2 sont épargnées de cette équation salvatrice qui permet que les enseignants puissent travailler ; ajouté à ça, le manque de matériels didactiques, de table - bancs y compris le manque d’eau… Signalons toute fois que le paquet minimum, fruit de la décentralisation des compétences du ministère de l’éducation de base aux communautés territoriales décentralisées, reçu par cette école en début d’année scolaire est quantifié à 3 paquets de craies seulement.

En dépit de cela, les enseignants eux-mêmes ne disposent pas du tout de logements dans le village leur permettant d’y rester. Raison pour laquelle ; ils habitent la ville de Bertoua avec leur famille respective ; obligés de faire les déplacements chaque matin et soir. Au bout du compte, les résultats sont toujours catastrophiques, surtout que les conditions minimales pour que les enseignants se sentent à l’aise à leur poste d’affectation.

Au regard de la triste réalité que le sort de la vie a bien voulu réserver à ces enseignants et élèves, le directeur a convoqué une réunion avec les parents d’élèves afin qu’ils viennent en aide à l’école en payant les frais d’APEE à la modiste somme de 1000 FCFA mais peine perdu, car aucun parent n’a déjà pu payer ces frais à l’heure actuelle. En clair, les parents refusent de contribuer de cette façon à la survie de leur école sous le prétexte que les politiques ont clamé haut et fort.

Et maintenant que rien ne va plus à l’école primaire publique de Gouékong 1, on ne voit personne pour jouer au moins les sapeurs-pompiers. Ni l’Etat, ni la municipalité locale, et non plus les parents eux-mêmes ; les élites de là-bas se content de vivre dans leurs bureaux feutrés et de venir critiquer la gestion des bien de la communauté à leur retour au village. Au fait, elles reviennent au moment où il faut défendre leurs intérêts personnels. A l’école primaire publique de Gouékong 1, la situation est critique et pour cela, on attend à tout moment l’aide de la communauté éducative car il existe des écoles en brousse mais pas d’écoles de brousse.

Gustave Epok, 237online.com

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