Cameroun - Fonction publique: Les coulisses de l’organisation du concours d’entrée à l’ENAM

Ils sont au total 27 023 jeunes diplômés camerounais qui se sont présentés aux concours d’entrée à l’Ecole nationale d’administration et de la magistrature (Enam) de cette année dont la phase écrite a pris fin le week-end dernier.

Le Messager est allé savoir comment se déroule cette première phase d’évaluation des candidats à l’entrée dans cette prestigieuse institution. Ils sont au total 27 023 jeunes diplômés camerounais qui se sont présentés aux concours d’entrée à l’Ecole nationale d’administration et de la magistrature (Enam) de cette année dont la phase écrite a pris fin le week-end dernier. Le Messager est allé savoir comment se déroule cette première phase d’évaluation des candidats à l’entrée dans cette prestigieuse institution. Samedi 1er juin 2013. Nous sommes au quartier du Lac. Il est environ un peu plus de 5h de matin. Le Lac municipal que nous côtoyons en taxi à cette heure matinale fait vibrer ses eaux calmes à partir des reflets lumineux provenant des lampions qui jouxtent l’entrée principale qui mène au domicile officiel du Premier ministre.

Au loin, nous parviennent des luxueuses villas de ce quartier résidentiel où habitent la plupart des hauts fonctionnaires du régime et des chefs de missions diplomatiques, quelques aboiements des chiens de garde annonçant certainement le lever du jour. Le campus de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) est situé sur une colline qu’encadrent invariablement le domicile officiel du Premier ministre, la Direction générale à la recherche extérieure (Dgre) (ou ex-Cener), le lycée bilingue d’application et plus haut, l’Ecole normale supérieure de Yaoundé. Ce jour, 1er juin 2013, doit se dérouler la dernière phase des concours 2013 d’entrée à l’Enam. Cette fois, ce sont les candidats de la sous-division des greffes cycle B qui doivent affronter les épreuves de ce concours qui se déroulent simultanément au sein du campus de l’Enam et dans quelques salles du lycée bilingue d’application situé à une centaines de mètres de l’enceinte de l’Auguste institution.

Pour le cycle B des greffes, ils sont au total 2686 candidats attendus. En cette heure matinale, les candidats plus prudents sont déjà là. C’est le cas de M.G, ancienne étudiante de la faculté de droit de l’Université de Yaoundé II. Elle n’a pas l’air sereine au moment où nous l’abordons : « J’ai un problème. Je viens de Bertoua. Je suis arrivée cette nuit. Mes amis m’ont dit que je compose soit au lycée bilingue d’application, soit ici au sein du campus. Je voudrais d’abord m’assurer que mon nom est bien là. Car j’étais au lycée Bilingue d’application et je n’ai pas vu mon nom », nous explique-t-elle en se précipitant vers le babillard installé juste à l’entrée de l’Enam. Une minute après : « C’est bon, je suis là, ici au campus, je viens de voir mon nom », reprend-elle avant de nous demander : « Et vous ? Vous composez où ?». Nous n’avons pas le temps de lui répondre, parce que notre attention est attirée par l’arrivée d’un luxueux véhicule qui s’apprête à traverser le portail ouvert et entrer au sein du campus. Le vigile qui opère la manœuvre au portail nous indique qu’il s’agit du directeur adjoint de l’Enam. Comme lui, la plupart des membres du staff dirigeant de l’institution, dont le directeur général en personne, sont déjà arrivés à l’enceinte de l’institution. Tous sont au cabinet du directeur général, situé au deuxième étage de l’immeuble principal de l’Enam.

Pas de faux gestes

Selon des cadres d’appui de l’Enam que le reporter du Messager a abordé peu après, Linus Toussaint Mendjana, le Dg de l’Enam, tient absolument à ce que tout se passe dans la plus grande rigueur, probité, honnêteté, clarté et efficacité comme le recommande le règlement qui organise les concours d’entrée à l’Enam. Depuis 5h du matin, les portails du campus et ceux du lycée bilingue d’application où doivent se dérouler le concours sont grandement ouverts. Les candidats entrent au fur et à mesure de leur arrivée et se dirigent vers les salles où ils doivent composer. Très exactement à 7h, les portails sont fermés et personnes n’a plus le droit d’entrer. Ce jour aussi, comme d’ailleurs les autres jours des semaines antérieures qui ont vu l’organisation de ces autres concours 2013 d’entrée à l’Enam il y a eu malheureusement des retardataires. Tous sont restés bloqués dès 7h une minute aux portails d’entrée. Pas moyens de négocier.

Pas de faux gestes de la part des agents postés aux portails. Les consignes du Dg et de son équipe sont strictes. On n’entendait plus alors que des pleurs et des complaintes aux portails de la part des retardataires. «Ils ont tous été pourtant avertis. Le directeur de l’Enam a fait de nombreux communiqués pour les sensibiliser sur les heures d’arrivée. Mais il y en qui ont choisi d’arriver en retard. C’est dommage pour eux», commente un cadre de la cellule de communication de l’Enam. En tout cas le directeur général, et tout son staff, nous dit-on, se sont eux-mêmes imposés la même rigueur. Dès 6h du matin tous se sont retrouvés à huis-clos au cabinet du Dg. Selon des indiscrétions, il y avait là le directeur général lui-même, le directeur général adjoint, les chefs de divisions des filières et quelques enseignants retenus pour le processus.

Selon des sources bien introduites, c’est sur place que les épreuves sont conçues, puis validées et le ok de tirage est donné. Pendant ce temps, le cabinet est sous surveillance policière, tous les téléphones sont éteints aussi bien chez le staff que chez les étudiants. Le début de la première épreuve est fixé à 8h en matinée. Et 14h en après midi, alors que l’heure d’accès en salle en après midi est fixée 13h. Après les compositions, la phase des corrections se déroulent selon la formule habituelle, avec les anonymats des copies et ensuite les délibérations qui vont suivre selon une rigueur dans l’anonymat, avant l’étape des admissibilités. Au moment où nous quittions le campus de l’Enam dimanche 2 juin 2013, en après midi, c’est à dire au deuxième jour des épreuves écrites du concours de la sous-section greffe cycle B, l’atmosphère était celle d’une concentration maximale aussi bien au niveau du staff que des candidats.

© Jean François CHANNON | Le Messager

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