Cameroun - Education: A quoi servent les APEE?

Petite tournée dans les établissements de Yaoundé en ce vendredi 11 janvier. Nous sommes à la recherche des réalisations des Associations des parents d’élèves et d’enseignants (APEE). Premier arrêt dans un lycée du 5e arrondissement. Ici, rien n’a bougé depuis 1990, date de la construction d’une dizaine de salles de classe pour les secondes.

Entre-temps, les effectifs ont pratiquement doublé et l’on se marche désormais sur les pieds dans lesdites salles. « Les besoins sont nombreux et sans cesse croissants. Après cet investissement, l’APEE a pourvu l’établissement en bornes-fontaines, toilettes modernes et équipements sportifs », explique le chef d’établissement. Autre institution scolaire : le lycée Général Leclerc.

Le proviseur est très clair : « La priorité pour nous, c’est la prise en charge des enseignants vacataires. C’est pour cela que vous ne verrez pas des infrastructures spectaculaires ici ». Dans un autre lycée, dans la commune de Yaoundé II, le proviseur nous oppose une fin de non-recevoir. Les langues, mauvaises on veut bien le croire, se délient : « Il est copain comme cochon avec le président de l’APEE. La gestion des fonds de l’association est simplement scandaleuse. Ils sont les seuls à savoir ce qui en est fait ». Calomnies, peut-être, mais visiblement rien n’a bougé ici depuis des décennies.

Les bâtiments sont désuets et sales. Les vacataires recrutés ont fini par jeter l’éponge, payés en monnaie de singe qu’ils l’étaient. Et les réunions de l’association ne se tiennent plus, au risque de dégénérer. Telles se présentent les associations de parents d’élèves et d’enseignants chez nous : en ombres et lumières. « Ce sont des structures souvent mal gérées pour la plupart. De fait, parce que les textes qui les régissent sont mal tournés.

Voilà une association à laquelle chaque parent est forcé d’adhérer contre espèces sonnantes et trébuchantes. Et en tant que membre, il a le droit de savoir combien l’association a engrangé au cours d’un exercice et sur quoi porteront les investissements. Sur ce dernier point, il a d’ailleurs son mot à dire. Mais on observe sur le terrain que ces associations sont prises en otage par certains, avec la complicité des chefs d’établissement. Les réunions sont folkloriques et ne portent que sur la discipline ou les performances des élèves. Jamais on ne parle ouvertement de la gestion de l’APEE et de ses ressources.

Un parent qui n’est pas dans le saint des saints peut y laisser sa tête s’il devient très regardant. Ça s’est déjà vu », assure T. H, ancien membre actif dans une APEE. D’un établissement à un autre, les mauvaises pratiques abondent. A une telle école, le président roule carrosse avec l’argent de l’association. Un peu plus loin, la présidente en a fait son fonds de commerce pour l’usure. Comme quoi, l’APEE est devenue le terreau de bien d’affairistes assoiffés d’argent.

Heureusement, les nouvelles qui nous parviennent des zones rurales sont rassurantes. Pour bien d’établissements dans ces parties du pays, les frais d’APEE constituent une manne à utiliser avec parcimonie. « En zone rurale, le développement d’un établissement repose pour l’essentiel sur la communauté éducative. Du coup, les parents sont pointilleux sur cet effort de guerre qu’on leur demande. Malin celui qui réussit à y détourner le moindre franc », explique le président de l’APEE du lycée de Monatélé II.

Depuis sa création, il y a une quinzaine d’années, l’établissement est pratiquement construit par les parents. « Cette année, nous leur avons demandé de faire un effort en payant 20.000 F d’APEE pour chaque élève. Ils l’ont fait sans rechigner, parce qu’ils voient des salles de classe sortir de terre et des enseignants pour toutes les disciplines. Certains sont payés sur ces frais d’adhésion », témoigne le proviseur du lycée.

Source: Cameroon Tribune

Commentaires (2)

1. gwen 11/10/2016

en savoir pllus sur les APEE en zones rurales et comment faire pour lreus venir en aide en tant que animatrices

2. grace 11/10/2016

en savoir plus sur les APEE en tant qu'animatrice en mileux rurales

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