CAMEROUN,DEUX ÉLÈVES TÉMOINS DE JÉHOVAH EXCLUS DE L'ENIEG DE BANGANGTÉ‏:LA LETTRE DU FFCI À LA COMMISSION NATIONALE DES DROITS DE L’HOMME ET LIBERTÉS

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Monsieur le Président,Nous avons l’honneur de vous saisir par la présente pour décrier de façon solennelle une atteinte aux droits de l’homme et libertés individuelles, à Bangangté par une décision du ministre des enseignements secondaires LOUIS BAPES BAPES depuis la date du 30 Octobre 2012 pour des raisons religieuses soit disant l’élève en question est témoin de Jehovah.

En effet Monsieur le Président cette décision du Ministre des enseignements secondaires en l’occurrence la décision N°759/12/MINESEC/SEESEC du 30 Octobre 2012 portant exclusion de l’élève Maître BOYOM EZECHIEL Cyrille de l’Enieg Bilingue de Bangangté pour comportement incompatible avec la profession d’enseignant serait tiré du fait que l’élève BOYOM EZECHIEL selon un procès verbal du conseil de discipline de l’école normale des instituteurs de Bangangté du 06 Mars 2012 aurait refuser de chanter l’hymne nationale, raison motivant son exclusion.

Cette décision du ministre des enseignements secondaires vient une fois de plus rehaussé l’état de la violation des droits de l’homme et des libertés individuelles prévus et garanties par le préambule de la constitution du 16 Janvier 1996, la déclaration universelle des droits de l’homme, la charte des nations unies et autres par les autorités en charges de la gestion des affaires publiques.

Que plus est encore cette décision excluant un élève de l’école pour des raisons religieuses (Témoin de Jehova) intervient en violation de décret N°93/043 du 03 Février 1993 du président de la république PAUL BIYA reconnaissant l’association religieuse dénommée « les témoins de Jehova du Cameroun ». Qu’il s’agit d’une décision grave qui porte atteinte aux droits d’un citoyen non seulement, mais à toute une religion pourtant reconnue et existante au Cameroun et peut même être caractérisée de décision discriminatoire portant sur une religion. Pourtant le préambule de la constitution prévoit que : ‘l’Etat est Laïc, la neutralité et l’indépendance de l’Etat vis-à-vis de toutes les religions sont garanties ;

- La liberté de culte et le libre exercice de sa pratique sont garantis ; … »

Qu’il s’agit Monsieur le Président d’une décision violant gravement les droits de l’homme et les libertés publiques, mais qui pour son originalité fait douter de l’authenticité de son signataire et risquerait être le fruit du travail bien élaboré du directeur de l’Enieg de Bangangté et ses collaborateurs car pour le moment ou nous vous écrivons, le recours exercé par l’élève Maître BOYOM EZECHIEL au ministre des enseignements secondaires est resté sans suite jusqu'à nos jours (requête déposé au MINESEC le 23/11/2012) et la médiation assurée par nos soins auprès du délégué régionale des enseignements secondaires de l’Ouest traiterait de l’inexistence d’une telle décision dans ses services.

Ce cas n’est pas un cas isolé et semble être là somme le glas des exclusions des élèves témoin de Jehova dans les établissements car un autre cas plus récent est celui de l’élève-Maîtresse NDINGUE Marie Noel toujours de l’Enieg de Bangangté qui pour des mêmes raisons a été exclue par le Directeur de l’Enieg de Bangangté en date du 21 Janvier 2013. Son exclusion n’étant que officieuse puisque attendant d’être entériné par décision du ministre des enseignants secondaires, cette dernière depuis le 21 Janvier n’a plus droit d’accès à l’enceinte de l’Enieg.

Si l’Etat est laïc et les écoles publiques laïcs pourquoi donc exclure certaines élèves pour leurs confessions religieuses ? N’est ce pas là une atteinte à leur droit surtout que cette association religieuse (témoin de Jehova) est reconnue par l’Etat Camerounais ? C’est pourquoi Monsieur le Président, au vue de toute ce qui précède, nous vous saisissons afin que vous touchiez du doigt les plus hautes personnalités de cette république afin que l’élève BOYM EZECHIEL qui depuis le 30 Octobre 2012 est exclu de l’école après avoir payé ses frais de scolarité (51 000) ainsi que les frais du dossier du CAPIEM (22 000 f) reprenne dans les plus brefs délais les cours pour pourvoir mieux préparer son CAPIEM, ainsi que NDINGUE Marie Noel ; Qu’avant toute enquête de votre part, la réintégration de ces élèves dans leur école est imminente Monsieur le président et lorsqu’il s’agit d’une violation des droits de l’homme votre personnalité est la première appelée avant l’intervention de toute autre autorité. Tout en souhaitant recevoir de vous une prompte réaction, veuillez recevoir Monsieur le Président l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Ampliations :

- Gouverneur de la Région de l’Ouest.

- Préfet du Ndé

- DRES/OU - DDES/NDE

- Médias Nationaux et internationaux.

© Correspondance : Le président du FFCI, FRANKLIN MOWHA

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