Cameroun - CONCOURS ENAM : «Les bords» se mettent à bord

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Depuis le lancement du concours d’entrée, les vendeurs de documents ont pris d’assaut la façade principale de cette école.

Plus besoin d’aller loin chercher «les clés» qui ouvrent les portes de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam). Depuis le 27 mars 2013, les vendeurs de «bords», comme on les appelle, ont prit d’assaut l’entrée principale de cette école afin de mieux «présenter leur offre». Des chalands à même le sol diversement variés. Ils vont des copies d’articles de presse, des arrêtés, des décrets, des synthèses de cours en passant par des documents de méthodologie de rédactions. Pour l’occasion, les candidats venus s’enquérir des modalités sont systématiquement assaillis. Ces jeunes qui sont venus «faire des affaires» n’en démordent pas. Ils entendent mettre à profit le laps de temps qui va du lancement du concours au passage en salle d’examen des candidats.

Claude Mbono, l’un d’entre eux insiste auprès d’un potentiel candidat venu s’enquérir de l’effectivité du lancement du concours. Avec «un argument de taille», selon ses propos, il montre une copie d’une page de Cameroon tribune du 27 mars 2013. «Tenez madame, voici le communiqué du directeur général de l’Enam au sujet du concours !» ajoute t-il au parent qui tient sa fille par la main.

Cette dernière après avoir fait une moue de la bouche se décide à accorder une attention prudente à son jeune interlocuteur. Il s’en suivra un échange fructueux pour le vendeur de «bords». Puisque sa première cliente achètera deux documents : «Enam 2013, Droit public» et «Enam, Epreuve de culture général». Il est alors 10 heures du matin. Et l’abordage s’en suivra ainsi au pas de course toute la journée durant. Quelque fois, il commence dès la descente du taxi d’un potentiel client.

Cette activité n’est pas nouvelle dans la ville de Yaoundé. Elle n’est pas non plus l’apanage de la ville aux sept collines. D’autres villes universitaires connaissent l’ingéniosité de ces promoteurs dont la plupart sont des diplômés de l’enseignement supérieur. Autour des grandes écoles se retrouvent de petits box dont les propriétaires font des coudes en pareille période. Chacun y va de son astuce.

Pour Mohamadou Ado, «il n’est pas rare de tomber sur des candidats enthousiastes qui caressent le rêve de porter le costume d’administrateur. » Ce dernier reconnaitra par la suite que c’est justement sur ce type de «clients» qu’ils se «battent» tous pour séduire afin d’obtenir quelques pécules. Tout à coté de ces derniers, il y a les groupes de préparation aux examens qui font «le suivi des candidats» depuis l’achat des bords aux astuces d’examen, en passant par les cours de répétition. Ceux-ci sont mieux organisés. Et parmi eux se trouvent des anciens élèves de l’Enam et des chargés de cours à l’Université de Yaoundé I et II. Ceux-là sont plus sédentaires. Ils ont fini par se faire une adresse.

© Mutations : ALAIN MAZDA

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