Cameroun - Buea: Peines de prison pour quatre étudinats

 Remy Sigala, Benbella Obase, Ehabe Alfred et Azobi Derick ont été déclarés coupables de violence. Dix coaccusés ont été acquittés.

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Jeudi dernier, le Tribunal de première instance de Buea a rendu le verdict dans l'affaire des étudiants interpellés lors des émeutes à l'université de Buea, le 15 mai 2013. Remy Sigala Tita, l'un des quatorze étudiants qui comparaissaient, a été condamné à 18 mois d'emprisonnement ferme. L'étudiant en mathématiques devra par ailleurs réparer les dommages qu'il a causés à l'université de Buea, à hauteur de 32 millions de FCFA.

Le tribunal l'a reconnu coupable de destruction, agression et violence perpétrées sur des agents de la sécurité du campus. Ngembane Benbella Obase, Ehabe Alfred et Azobi Derick ont également été reconnus coupables du même chef d'accusation et ont écopé chacun de la peine de 12 mois. Chacun des trois étudiants devra payer 140.000 FCFA de dommages et intérêts. Les dix autres coaccusés ont été déclarés non coupables et acquittés. Les peines prononcées vont de dix jours à dix-huit mois. Les dommages infligés à ces étudiants s'élèvent à près de 33 millions de FCFA.

Au cours de l'audience de jeudi dernier, le ministère public a requis la condamnation des accusés pour «dissuader les autres étudiants qui s'impliqueraient dans de telles violences» et a indiqué que leur acquittement encouragerait d'autres scènes de violence dans le campus. «Donnez-leur encore une chance, remettez leur avenir dans leurs mains. Après deux mois de détention dans des conditions rigoureuses, ils ont beaucoup appris et tiré des leçons. Ils ne peuvent plus répéter», a plaidé Me Innocent Bonu, un des conseils de la défense. Me Etah Besong, l'ancien bâtonnier, a, quant à lui, sollicité la clémence du tribunal vis-à-vis de ces étudiants «qui ont perdu un semestre de cours».

Vandalisme

Le 15 mai 2013, des étudiants ont brûlé la voiture du Deputy-Chancellor (vice-recteur), le Pr Victor Ngo, ainsi que les bureaux de deux responsables. Les actes de vandalisme ont été perpétrés après des affrontements entre des étudiants et des agents de la sécurité du campus. Les étudiants reprochaient à ces agents d'avoir grièvement blessé un des leurs que ces «policiers» avaient catalogué comme un membre de l'University of Buea Students Union (Ubsu), selon la version du président intérimaire de cette association estudiantine. Dans la foulée, près de 45 étudiants ont été interpellés. Sur les seize placés en détention provisoire à la prison centrale de Buea et inculpés entre autres pour violence, deux avaient été acquittés à la veille des examens du second trimestre.

© Théodore Tchopa | Le Jour

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