Voici comment Roméo Dika a pillé la Socam

romeo-dika.jpg

L’ex-membre du Conseil d’administration de la Société camerounaise de l’art musical a été cité à comparaître devant les juridictions nationales le 7 mai 2013 prochain. L’artiste est accusé d’avoir distrait 44 millions Fcfa.

Le feuilleton Roméo Dika-Socam n’a pas fini de faire des vagues. Le 10 avril dernier, l’ex-membre du conseil d’administration de la Société camerounaise de l’art musical (Socam) s’est vu servir une citation directe par un huissier de justice au nom de la Socam. Dans cette missive plutôt de mauvais goût, Louis Roméo Ndoumbe Dika, de son vrai nom, est invité à se présenter devant le tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif le 7 mai 2013. Il lui est reproché d’avoir « spolié », 44 354 900 Fcfa par des moyens « diffamatoires et des révélations mensongères ». La Socam l’accuse de ce fait, d’abus de confiance, tromperie envers des associés, suppression et fabrication de preuves et chantage. Des faits réprimés par les articles 318 (1-b), 313, 168 et 303 du code pénal camerounais.

Dans les détails, mandaté par le staff managérial de la Socam à l’effet de redorer le blason de cette société de gestion collective auprès de l’opinion publique, des communicateurs culturels et d’établir des partenariats avec des structures françaises à l’instar de la société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique (Sacem), la confédération internationale des sociétés des auteurs et compositeurs (Cisac) et autres structures de même nature disséminées en Europe, le sieur Dika a effectué des missions à l’étranger et décaissé des montants qui donnent le tournis. Pour la campagne de communication, une somme de 50.000Fcfa devrait être attribuée à chaque communicateur pour ses prestations.

Des préjudices

Selon la citation directe dont Le Messager a pu avoir copie, Roméo Dika a «commué le montant indiqué en la somme de 1 million 500 mille Fcfa ». Plus grave, pour ses missions en Europe, le père du «Le mari de ma femme… », va «intervertir dolosivement une rondelette somme de 9 millions Fcfa sous le fallacieux prétexte de tenir une réunion avec les artistes de la diaspora et un million destiné à la constitution d’un avocat et dont l’usage n’a encore été justifié». Non content d’extorquer les fonds de la Socam, Roméo Dika, en date du 21 septembre 2011, annonce, sur un air de triomphe, l’arrivée d’une forte délégation de la Cisac après avoir usé de «faux e-mails supposés provenir de cette structure, mais en réalité fabriqués par Louis Roméo Ndoumbe Dika ». De l’ingénieuse idée en opération de spoliation proprement dite, pas moins de 44 millions Fcfa ont été décaissés au détriment de la Socam qui entend obtenir de la Justice, la réparation du préjudice causé par le mis en cause.

En début d’année 2013, Roméo Dika a été radié du Conseil d’administration de la Société camerounaise d’art musical au terme d’une assise; pour distractions de fonds. Ses acolytes d’hier lui avaient accordé 48 heures pour apporter des pièces justificatives de l’utilisation des sommes décaissées pour différentes missions. Ils précisaient en outre dans le rapport de cette réunion, que si l’intéressé n’obtempérait pas, c’est devant les juridictions que cette affaire devait se régler. C’est le cas aujourd’hui. Rappelons que Roméo Dika a été admis au Conseil d’administration de la Socam le 11 juin 2011, soit 3 ans après la création de la Socam qui est jusqu’ici présidé par Odile Ngaska. Etant entendu que le mis en cause bénéficie de la présomption d’innocence, Le Messager a entrepris des démarches auprès de l’infortuné, jusque-là, resté injoignable. Résultats des courses, nous n’avons malheureusement pu l’avoir pour confirmation ou non de la réception de la citation directe dont il est question et recueillir son avis sur les lourdes charges qui pèsent sur ses épaules. En tout cas, l’opinion sera davantage fixée le 7 mai prochain, date à laquelle, Roméo Dika est supposé comparaître par devant le tribunal de première instance de Yaoundé Centre administratif, statuant en matière correctionnelle.

Alain NJIPOU et Adeline TCHOUAKAK/ Le Messager

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau