VATICAN - PRIERE QUOTIDIENNE CADUQUE : LE VATICAN MODIFIE LE « NOTRE PÈRE » ! :: HOLY SEE

vatican-cour-1.jpgLa prière la plus précieuse des chrétiens, le «Pater Noster», vient d’être reformulée pour les catholiques qui ont jusqu'au 22 novembre 2013 pour s'habituer au changement. Il est question de corriger une erreur de traduction vieille de 50 ans. Paradoxe !

Prière-phare des catholiques, le « Notre Père » est aussi la prière la plus utilisée par l'ensemble des Chrétiens dans le monde et prend ses sources dans les Evangiles selon Saint Matthieu et Saint Luc, lorsque le Christ montre à l'humanité comment prier son Père. Elle est prononcée par les catholiques, les orthodoxes ainsi que les protestants luthériens et réformés et est traditionnellement appris dès le plus jeune âge.

Lorsqu’on remonte à l’histoire, on se souvient qu’avant 1966, c'est-à-dire avant la publication des travaux du concile Vatican II, les fidèles francophones utilisaient le vouvoiement dans toutes leurs prières à Dieu et disaient en récitant le « Notre Père » : «Et ne nous laissez pas succomber à la tentation». Depuis quelques jours, la neuvième phrase de la prière la plus précieuse des chrétiens de la religion catholique est modifiée.

Ainsi, les prêtres ne diront plus "Et ne nous soumets pas à la tentation", mais « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». En effet, le Vatican a autorisé la modification de cette phrase et a ainsi donné son feu vert à la publication d'une nouvelle traduction française complète de la Bible liturgique (Ancien Testament, Nouveau Testament et psautier), dont la dernière version date de 1993. Du coup, aussi inattendue que cela puisse paraître, l'une des prières chrétiennes les plus connues, va changer, vingt après la dernière version.

Une traduction erronée depuis des décennies

Selon des sources proches de Rome, cette nouvelle traduction de la Bible, destinée à être utilisée pendant la messe qui vient d’être validée, fait suite à un travail de biblistes et d'écrivains au cours duquel, « la Bible a été retraduite pour un usage liturgique ». Au total, soixante-dix experts issus de différents pays francophones ont travaillé, chacun de son côté, puis de façon collégiale, pendant près de vingt ans à cette nouvelle traduction.

Ils l'ont souhaitée la plus précise, la plus claire et la plus compréhensible possible, tant pour les prêtres que pour les fidèles. Ils ont déposé le fruit de leur travail auprès d'une commission spécialisée au Vatican, avec des centaines de corrections sur l'ancienne version. Le Vatican a lui aussi apporté beaucoup de modifications, avant de parvenir à la version finale. Cette mouture sera présentée lors de l'assemblée plénière des évêques de France à Lourdes et diffusée à partir du 22 novembre. «Elle propose des modifications de certains textes, notamment du Notre Père», selon la Conférence des évêques de France(Cef).

En réalité, la première formule, « Et ne nous soumets pas à la tentation», était sujette à débat car elle minimisait le libre-arbitre des fidèles. La dernière version, « Et ne nous laisse pas entrer en tentation », a été obtenue avec un accord des protestants et des orthodoxes. Mais elle restait sujette à débat, si bien que certains orthodoxes ont renoncé en 2004 à la traduction œcuménique.

Une querelle d’interprétations tranchée très tardivement...

«Je suis étonné que le Vatican ait attendu aussi longtemps pour régulariser ce passage, confie le spécialiste du Vatican Christophe Dickès. Tout le monde savait qu'il était faux d'insinuer que le Christ pouvait nous soumettre à la tentation. Le Notre Père montre précisément la liberté de choisir entre le bien et le mal. Et demande au Christ, dans cette tentation, la grâce pour ne pas y succomber. » Selon les exégètes des milieux bibliques, la confusion date des années 1960, époque durant laquelle l'Église catholique entreprend de nombreuses modifications liturgiques.

C'est à ce moment-là, par exemple, qu'on introduit le tutoiement à la place du vouvoiement, que l'expression "que ton règne arrive" devient "que ton règne vienne" et que "ne nous laissez pas succomber à la tentation" se transforme étrangement en "ne nous soumets pas à la tentation". Malheureusement, parmi tous les changements, on ne fait guère attention à l'erreur de traduction du passage incriminé aujourd'hui.

Son nouveau texte sera donc : "Notre Père, qui es aux Cieux, Que ton nom soit sanctifié, Que ton règne vienne, Que ta volonté soit faite, Sur la Terre comme au ciel, Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour, Pardonne-nous nos offenses, Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés, Et ne nous laisse pas entrer en tentation, Mais délivre-nous du mal, Car c'est à Toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles. Amen"

Selon certaines sources, il est difficile pour l’instant de savoir si la prière récitée du « Notre-Père » changera aussitôt pour autant, dans la mesure où il faudra que cette nouvelle traduction soit également validée dans le Missel. Sur ce point, les explications divergent. "Oui, c'est absolument certain, elle s'imposera dans le futur missel", disent les uns. "Non, ce n'est pas sûr du tout puisque la commission, au Vatican, qui s'occupe du contenu du Missel romain est distincte de celle qui a validé la nouvelle traduction", estiment d'autres. Une autre cacophonie !

Le fruit d’un accord entre catholiques, protestants et orthodoxes

La formule "Et ne nous soumets pas à la tentation" remonte à un accord obtenu entre catholiques, protestants et orthodoxes, entre 1964 et 66, au moment du Concile, et de sa volonté d'ouverture œcuménique. Reste à savoir si la nouvelle traduction fera elle aussi l'unanimité. Certains comme Gabriel Matzneff a son idée sur sujet : « Je ne voudrais pas faire la moindre peine à mes amis catholiques, mais le nouveau Notre Père que leur propose leur Église est aussi infidèle, décevant que celui qu'en 1966 les Églises romaine, orthodoxe et protestante proposèrent à l'ensemble de leurs fidèles.

Dès 1966, des voix s'étaient élevées contre ce mauvais texte prétendu "œcuménique" : celle du père Jean Carmignac chez les catholiques, celle du liturgiste Maxime Kovalevsky chez les orthodoxes, mais le rouleau compresseur de la hiérarchie étouffa leurs protestations. Chez les orthodoxes, seules deux ou trois paroisses de langue française tinrent compte des observations du célèbre chef de chœur ; quant au père Jean Carmignac, son refus de réciter un texte qu'il jugeait blasphématoire lui valut, si ma mémoire ne me trahit pas, d'être chassé de sa paroisse tel un pestiféré. »

Selon lui, « Il est incroyable que quarante-sept plus tard, après quasi un demi-siècle de cogitations, les infortunés traducteurs n'aient accouché que d'une souris ; aient pondu un texte aussi inexact, insatisfaisant que celui de 1966. Pourtant, cette nouvelle édition de la Bible que s'apprêtent à nous proposer les éditions Mame, quelle belle occasion de donner enfin aux croyants une version fidèle à l'esprit et à la lettre de l'Évangile! »

Comment vérifier que même la traduction actuelle des prières et tout ce qui est biblique restent bien fidèles au concept ? Car c'est là le véritable problème auquel est confrontée l'Église catholique et toutes ces églises venues d’ailleurs qui viennent imposer leurs enseignements pour aliéner les pauvres Africains. Ceux-ci auront-ils un jour le sens de la critique et du discernement face à ce qui est peut être considéré aujourd’hui comme un génocide spirituel orchestré par des individus qui se sont autoproclamés « peuple de Dieu» ?

© Correspondance de : PONUS

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